
Au tout début, les informations étaient contradictoires : le Conservatoire d'Alger était-il fermé définitivement ou bien s'agissait-il de travaux de restauration suivis d'une réouverture 'Mardi dernier, la Toile se réveillait sur quelques cris d'indignation qui n'allaient pas tarder à gagner des centaines de personnes : le wali vient de décider la fermeture d'une institution mythique de la capitale, le Conservatoire d'Alger, situé au cœur de La Casbah.Les élèves et les professeurs venus ce matin-là pour les cours et la préparation des examens proches ont été choqués de voir des employés de la commune faire évacuer les lieux d'une manière jugée «cavalière» tant les instruments, dont beaucoup sont de précieuses pièces du patrimoine, ont été transportés sans ménagement.De plus, aucun effort de communication n'a été fait en direction des travailleurs et des élèves du Conservatoire.Ce n'est que bien plus tard, lorsque les photos ont commencé à envahir le Net, que les services de la wilaya ont daigné expliquer «l'état de dégradation» dans lequel se trouvait le bâtiment avec notamment un plafond sur le point de s'effondrer.En effet, selon les responsables locaux, il s'agit là d'une évacuation en vue de travaux de réhabilitation et non pas d'une fermeture définitive?; ils annoncent par ailleurs que les élèves seront répartis entre les écoles de Kouba, Bir Mourad Raà's, El-Biar et Bologhine pour la période des examens.De leur côté, les détracteurs de cette décision parlent d'une atteinte à l'un des symboles les plus sacrés de la capitale et de la culture algérienne en général.Un sit-in s'est tenu mercredi dernier devant la vieille bâtisse auquel ont participé citoyens lambda, anciens et actuels élèves et artistes de tous bords. Ils accusent directement le wali d'Alger, M. Abdelkader Zoukh, et le soupçonnent de vouloir transformer le bâtiment en un service d'état civil affecté aux passeports biométriques. Une professeure de solfège et de flûte qui travaille au Conservatoire depuis une quinzaine d'années affirme que l'administration a clairement signifié au personnel que «le départ était définitif». Elle estime par ailleurs que s'il s'agissait réellement de travaux, les services de la wilaya auraient pu attendre la fin des examens et les vacances prévues dans un mois seulement.Au lieu de cela, raconte-t-elle, «nous sommes arrivés un matin et avons trouvé des gens en train de jeter des instruments par terre, déplacer maladroitement des pianos fragiles, vider la bibliothèque, arracher les boiseries». Quant à la répartition des élèves sur les différents centres de la capitale, elle affirme que beaucoup d'entre eux ont cessé les cours vu qu'à quelques jours des examens, ils ne retrouvent plus leurs professeurs qui ont été dispersés sans égard à leur programme de l'année écoulée.Pour toutes ces raisons, les initiateurs de cette action de protestation comptent signer une pétition et engager éventuellement une action judiciaire auprès des autorités compétentes pour faire réintégrer le personnel et empêcher la confiscation de ce patrimoine, à la fois architectural et musical.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S H
Source : www.lesoirdalgerie.com