Alors que des centaines de familles réclament la vérité sur le sort de leurs enfants, Farouk Ksentini assure que l'Algérie n'a rien à cacher à ce sujet.
Arrivée lundi pour une visite de trois jours, la commissaire de l'ONU chargée des droits de l'Homme, Navi Pillay, a indiqué qu'elle s'intéresserait notamment « à la question des personnes disparues durant la décennie noire des violences (1992-2002) ». Cette décennie de guerre civile a fait officiellement 200.000 morts et les disparus se comptent par milliers, selon les ONG locales.
« Nous n'avons strictement rien à cacher et sommes prêts à fournir à notre interlocutrice toutes les informations qu'elle demande », a déclaré Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'Homme (CNCPPDH), ce mercredi, à la radio publique Chaîne 3.
Les autorités algériennes évaluent le nombre de disparus à environ 7.200. Pour M. Ksentini, il est nécessaire de remettre en perspective « ce douloureux dossier». « L'Algérie était en train de lutter contre le terrorisme. Ces disparitions n'étaient pas voulues ou organisées par l'Etat, ce sont des agents de l'Etat qui ont eu un comportement illicite », a-t-il jugé.
Et d'ajouter : « en matière de disparitions, l'Etat est responsable mais n'est pas coupable ». Les familles de 6.146 disparus ont accepté des compensations dictées par la Charte pour la réconciliation nationale, adoptée par référendum en 2006 pour tourner cette page noire, a rappelé M. Ksentini.
Selon des ONG algériennes, 25% des familles ont refusé cette indemnité et celles qui l'ont perçue ont malgré tout besoin des corps pour pouvoir faire leur deuil. D'ailleurs, elles manifestent de manière récurrente pour réclamer la vérité sur ces disparitions. Il est à noter que l'Algérie est signataire depuis le 6 février 2007 de la Convention internationale contre les disparitions forcées.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : com
Source : www.elwatan.com