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Acte isolé ou prémédité Edito : les autres articles



Acte isolé ou prémédité Edito : les autres articles
Après avoir tout connu de la longue panoplie des violences : dans les stades, les mosquées, les hôpitaux, les foyers, les écoles, il ne manquait plus que la violence dans les salles d'examen, dans les épaisses coulées de lave rejetées par le volcan en hyperactivité sur lequel est assise la société algérienne. C'est à présent fait. Au troisième jour de l'examen du baccalauréat, certains centres d'examen d'Alger et du reste du pays se sont transformés, mardi, en violents théâtres de protestation avec leur lot de dégradation du mobilier scolaire et de menaces des enseignants et des surveillants. Par leur geste condamnable qui interpelle les responsables en charge de l'éducation, les parents et les services de sécurité surpris par ce phénomène nouveau que personne n'attendait, les candidats en colère tenaient à protester contre le sujet de philosophie jugé trop difficile et ne figurant pas au programme.
Dans ce climat insurrectionnel, les candidats en ont profité pour tricher usant de leurs téléphones portables pour se faire aider de l'extérieur devant des surveillants tétanisés par un déchaînement de violence inouï. Jamais le secteur de l'éducation, qui a connu toutes sortes de crises, n'a été touché au plus profond de ce qui fait son âme vertueuse : les centres d'examen qui relèvent du sacré, des espaces couverts du sceau de l'inviolabilité. Face à ces graves incidents qui ternissent un peu plus l'image détestable de l'éducation nationale qui est déjà tristement entrée dans l'histoire pour avoir été durant la décennie noire un lieu de formation des terroristes à travers l'idéologisation des contenus des programmes scolaires, la question la plus importante qui interpelle les consciences, ce n'est pas tant celle de savoir si le bac va être annulé ou pas. Les conséquences de ces incidents vont bien au-delà. Ce sont les fondements même de l'école qui sont ébranlés. L'école basée sur la saine compétition, le mérite, la sociabilisation et tous les autres principes universels attachés à ce lieu de culte et du savoir où l'on forme le citoyen responsable de demain. Face à cette défiance, il y a des lois et règlements qu'il faudra tout simplement appliquer, sans faiblesse ni marchandage, en situant clairement les responsabilités des uns et des autres dans ce qui est arrivé.
Si la faute incombe aux pédagogues qui auraient, par imprévoyance ou une quelconque autre raison, réellement retenu des sujets hors programme comme il leur est reproché, les auteurs de cette provocation doivent payer. Car il s'agit bien d'une incitation ' volontaire ou pas ' à la rébellion. Dans le cas contraire, s'il se révèle qu'il n'y a pas faute pédagogique et que tout est parti d'un coup de force prémédité par des candidats sur les conseils avisés de personnes tapies dans l'ombre, avec l'objectif de faire capoter le bac de cette année pour pousser à l'organisation d'une session de rattrapage dans l'espoir d'avoir une seconde chance avec des sujets plus basiques, les mesures disciplinaires prévues par la loi doivent être prises à l'encontre des auteurs des troubles. De l'avis de certains observateurs, les actes de violence de ce mardi étaient prémédités. On s'interroge comment les mêmes scènes de violence avec le même mode opératoire peuvent survenir en même temps, dans plusieurs établissements scolaires et dans différentes wilayas du pays, sans mot d'ordre et sans action concertée.
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