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Accord de paix au Mali



Accord de paix au Mali
L'application de l'accord de paix au Mali signé le 15 mai dernier est suspendue aux résultats des négociations en cours à Alger entre les parties maliennes en vue de lever les réserves qui font que la Coordination des mouvements de l'Azawad n'a pas encore apposé sa signature définitive au bas de cet accord. Tous les participants à ce second round de négociations intermaliennes font preuve dans leurs déclarations d'optimisme et laissent entendre que leurs discussions seront couronnées de succès. C'est le même son de cloche qu'a fait entendre la médiation internationale pour le Mali conduite par Ramtane Lamamra.L'on veut bien croire en le bon augure avancé par ces sources n'eût été que l'ont sait que le gouvernement malien et la CMA semblent déterminés à ne se faire aucune concession sur les points de divergences qui les opposent et qui tournent essentiellement autour de la reconnaissance géographique, politique et juridique de l'Azawad et la mise en place d'une assemblée interrégionale. Pour les forces politico-militaires du nord du Mali engagées au sein de la plateforme d'Alger, l'accord de paix doit expressément et clairement prendre en compte ces deux revendications qui leur sont imposées par les populations nord-maliennes comme conditions primordiales à la signature définitive par eux de l'accord de paix. Ce que rejette le gouvernement de Bamako qui ayant obtenu que ces revendications ne figurent pas dans l'accord de paix d'Alger soutient que les discussions sont closes sur le sujet et que l'objet des nouvelles négociations intermaliennes qui se sont ouvertes à Alger en début de semaine n'a pour but que de s'entendre sur les modalités d'une application rapide de l'accord.L'entregent diplomatique de Lamamra et de l'équipe qui l'assiste consiste à tenter de leur faire surmonter leurs préventions mutuelles s'exprimant à travers l'exigence par l'une de la reconnaissance géographique, politique et juridique de l'Azawad et son rejet catégorique par l'autre. Pour les mouvements politico-militaires sous pression populaire au Nord-Mali, une non reconnaissance d'un statut spécifique pour l'Azawad dans le cadre de la République du Mali serait la preuve que les autorités de Bamako ne conçoivent pour leur région qu'une autonomie relative laissant à Bamako l'essentiel de ses prérogatives dans sa gestion. Pour ces mêmes autorités de Bamako, la revendication des mouvements du Nord-Mali est inacceptable car derrière elle transparaît la volonté des mouvements politico-militaires du Nord d'avancer vers la sécession de leur région de l'ensemble malien.C'est peu dire par conséquent que la mise en ?uvre de l'accord de paix dont toutes les parties prenantes en attendent qu'elle soit « rapide, sincère et rigoureuse » puisse commencer en l'absence d'un accord de compromis sur ces points qui dénotent la méfiance qu'ont l'une envers l'autre les deux parties maliennes actrices de la crise et du conflit dont leur pays est la scène depuis des décennies. D'autant qu'elles ont opté en guise de pression l'une sur l'autre pour des actions militaires contre leurs positions respectives au Nord-Mali qui en réalité ne font qu'attiser les haines auxquelles l'accord de paix n'a pas miraculeusement mis fin.


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