La délégation européenne en Algérie vient d'éditer un livre de près d'une
centaine de pages illustrant et retraçant les 30 ans de la coopération de l'UE
avec l'Algérie (1979-2009).
Elle a donc décidé de le faire pour marquer le 30e anniversaire de sa
présence en Algérie et surtout pour «prendre la mesure des réalisations à
l'actif de notre coopération», est-il noté. «Que de chemin parcouru depuis
1979», s'exclament ses responsables en préambule de ce livre à propos d'une
coopération qu'ils qualifient d'étroite et de durable. «De simples facilités
commerciales, on est passé à l'accord d'association qui lie désormais l'UE et
l'Algérie et qui englobe l'ensemble des secteurs de coopération tant sur le
plan politique, économique, social que culturel», est-il encore écrit.
L'éditorial signé conjointement par le ministre des Affaires étrangères, Mourad
Medelci et Catherine Ashton, vice-présidente de la Commission et Haute
Représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de
sécurité, rappelle que «la coopération euro-algérienne s'est concentrée de
manière particulière sur la mise en Å“uvre de l'accord d'association».
L'adoption de la feuille de route d'accompagnement de cet accord, adoptée par
le comité d'association tenu les 16 et 17 septembre 2008 a davantage renforcé,
écrivent les éditorialistes, les relations bilatérales en facilitant la
définition et la mise en oeuvre d'actions concrètes dans des domaines
prioritaires d'intérêt commun et en rendant plus visibles les effets positifs
attendus de cette nouvelle dynamique de coopération. Au plan extérieur (…)
l'Algérie est considérée comme un partenaire stratégique en Méditerranée, un
acteur clé dans les rapports de l'Union européenne avec l'Afrique, notent-ils
encore.
«La délégation européenne peut s'enorgueillir d'avoir grandement
contribué à forger la relation de qualité de l'UE avec l'Algérie, comme en
témoigne le contenu de ce livre commémoratif», est-il ajouté. «C'est à la fois
un vœu et notre conviction qu'elle contribuera davantage au resserrement des
liens de voisinage denses et féconds à la mesure des ambitions et des défis
communs», concluent les deux responsables.
Au-delà des discours officiels, on continue du côté de Bruxelles de se
plaindre de cette espèce d'incompréhension qui empreint les relations entre les
deux parties. Bien heureuse d'avoir recueilli des avis favorables à propos de
son action en Algérie, l'UE semble pourtant très embarrassée par le fait que le
gouvernement algérien tangue entre l'hésitation, la confusion et le refus quand
il s'agit de répondre aux sollicitations qu'elle formule à son adresse. «Il y a
donc quelque chose qui ne marche pas. Il y a un problème de communication entre
Bruxelles et le gouvernement algérien !» estime-t-on du côté de l'institution
européenne. Le plus grand embarras est sans aucun doute exprimé au sujet du
flou qui entoure la décision officielle algérienne à propos de la mise en Å“uvre
de l'accord d'association. «L'on se demande comment l'Algérie, qui n'a pas
honoré ses engagements en matière de contingents depuis l'entrée en vigueur de
l'accord, demanderait à ce que ces mêmes contingents soient augmentés»,
s'interrogent des responsables à Bruxelles à cet effet. Ce qui est sûr pour le
moment, c'est que la liste de produits agricoles et industriels que l'Algérie
leur a remis en septembre dernier pour exiger une révision à la baisse de leur
démantèlement tarifaire est en cours d'examen. «L'UE est en train d'étudier
cette liste avec beaucoup de soin et de détail, c'est une demande pleinement justifiée
puisque l'Algérie estime qu'elle le fait pour encourager la production
nationale», nous dit-on. L'UE tient quand même à demander aux responsables
algériens de fournir des justifications précises et claires à cet effet pour
savoir, est-il avoué, «que la restriction de nos produits ne profitera pas à
une autre concurrence étrangère, chinoise surtout.» Les Européens trouvent
cependant un réconfort quand les officiels algériens les rassurent que
l'Algérie ne se mettra pas hors du cadre de l'accord d'association. C'est
d'ailleurs ce qui a été affirmé récemment par les ministres des AE, de
l'Agriculture et du Commerce. La loi de finances complémentaire 2009 revient
aussi dans les discussions quand il s'agit de décortiquer la relation
Algérie-UE. «Nous aurions aimé que l'Algérie prenne ces mesures au titre des
clauses de sauvegarde prévues dans l'accord d'association, ça aurait été pour
nous plus simple mais elle ne l'a jamais dit comme ça», regrette un des cadres
de l'UE. «De notre côté, nous avons décidé de les inscrire dans ce cadre parce
que c'est mieux pour nous et pour elle», indique-t-on à Bruxelles.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ghania Oukazi
Source : www.lequotidien-oran.com