Exploitation - Les patrons promettent aux employés de les déclarer à la sécurité sociale, mais ils ne respectent pas leurs engagements vis-à-vis de pauvres citoyens considérés comme des esclaves.
Boualem, maçon dans une entreprise de bâtiment, est partiellement paralysé depuis plusieurs mois. Il vit dans une situation des plus inextricables car il est incapable de travailler pour pallier les besoins de sa petite famille (sa femme et deux enfants en bas âge). Il a fait une chute du quatrième étage d'un bâtiment et a subi des fractures au niveau du dos, des mains et des pieds. «Alors que je préparais l'échafaudage, j'ai glissé et je me suis réveillé quelques heures plus tard au service de réanimation de l'hôpital de Bordj Ménaïel il y a plus de vingt jours. Maintenant, je ne peux même pas bouger et je suis certain que je ne pourrai jamais reprendre le travail», raconte-t-il, amer. Boualem, la quarantaine, n'a pas été déclaré à la sécurité sociale et ne peut, en effet, avoir droit à une pension d'invalidité.»Le patron m'a promis de faire quelque chose, mais dès que j'ai quitté l'hôpital, il n'a pas donné aucun signe de vie.Il aura cela sur sa conscience, car je n'ai aucun document qui me permet de l'ester en justice», ajoute-t-il. Pourquoi n'a-t-il pas réclamé la sécurité sociale ' Et pourquoi les autres employés de l'entreprise n'ont pas fait de même ' La réponse est toute simple : «Le patron a été clair dès le début avec nous. Il nous a dit ne pas avoir les moyens pour payer les charges de la sécurité et celui qui n'était pas content n'avait qu'à démissionner. Nous n'avions pas le choix, nous devions travailler pour faire vivre nos familles. Il savait que nous étions pauvres et que nous ne pouvions décrocher des emplois où nous serions assurés et il a fait du chantage», déplore notre interlocuteur, qui survit actuellement grâce à l'aide des parents et voisins. Voilà une histoire terrible qui peut arriver à l'ensemble des travailleurs non déclarés à la sécurité sociale. Il y a des employés dans des menuiseries qui se sont coupé les doigts, des chauffeurs qui ont subi de graves blessures après des accidents de la circulation et la liste des calamités est encore très longue. Ces employés sont considérés comme des esclaves et sont contraints de fournir le maximum d'efforts. «Nous ne pouvons prendre des précautions, car le chef du chantier est toujours là, et il exerce une énorme pression sur nous. Personnellement, j'ai travaillé dans plusieurs chantiers et les conditions sont les mêmes. Le pauvre citoyen n'a qu'à supporter toutes ces humiliations pour gagner dignement sa vie», regrette Tahar, man'uvre dans une entreprise de bâtiment à Ouled Fayet ( Alger). «J'ai tenté de trouver un emploi dans une entreprise étatique, mais toutes mes démarches ont été vaines car je n'ai pas de connaissances. Cette vie amère est le sort de tous les jeunes comme moi qui sont exploités par des patrons dont le poids leur permet de violer la loi en toute impunité», regrette notre interlocuteur. Dans la plupart des cas, ces employés souhaitent épargner une importante somme d'argent dans la perspective de se lancer dans des activités commerciales. Mais avec la cherté de la vie et les salaires «de misère» qu'ils perçoivent, ils risquent de passer plusieurs années dans les mêmes conditions.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com