Le gouvernement traîne le pas
Juin 1987-janvier 2008. L?Algérie a mis plus de vingt ans après la toute première mise en mouvement des négociations de son adhésion à l?Organisation mondiale du commerce (OMC). Résultat : il reste encore « beaucoup de travail à faire » avant que l?Algérie puisse adhérer à ce temple du commerce mondial, selon l?AFP hier qui cite le responsable de la négociation. Les 40 pays membres du groupe de travail chargé du dossier se sont en effet réunis, selon la même source, jeudi à Genève pour la première fois depuis trois ans. Toute cette longue période donc n?aura pas suffi ? on l?a compris ? pour conclure un processus dont le moins qu?on puisse dire est qu?il a eu droit à un traitement peu sérieux sur le plan de la communication par la partie algérienne. Fin novembre 2007, repris par la très officielle agence APS, le ministre de la Communication, Abderrachid Boukerzaza, avait anticipé sur la rencontre de jeudi dernier comme celle « durant laquelle l?annonce de l?accession de l?Algérie à l?OMC ou son report sera faite ». Si en effet le rendez-vous annoncé du 10e round a bien eu lieu comme prévu par le ministre, sur l?autre partie de la déclaration, et sans nul doute la plus importante, il reste (le ministre) lui-même l?objet de l?intrigue. Car comment peut-on être représentant du gouvernement et soutenir on ne sait comment d?ailleurs que l?accession risque d?intervenir à cette rencontre lorsque dans le même temps on admet avec une facilité déconcertante qu?il peut y avoir report des négociations ? Ce discours officiel qui tente de faire accroire à l?opinion publique nationale que les négociations sont en phase finale ? puisque c?est de cela qu?il s?agit ? semble ne pas tenir compte de la réalité. Pendant combien de temps le candidat Algérie à l?OMC a-t-il soutenu qu?il était en période finale de la négociation quand au sein de cette organisation on affirme tout le contraire. Qui croire ? Le chemin de la négociation est connu des différentes parties pourtant. Il faut, en tout cas, pour avoir le droit de dire être tout proche de la fin, s?être assuré d?avoir parcouru un certain nombre d?étapes. Qu?en est-il par exemple de l?avancement des négociations bilatérales bien que celles-ci requièrent le droit de la confidentialité quant au contenu ? Jeudi, l?ambassadeur de l?Uruguay, Guillermo Valles Galmes, qui préside le groupe de travail, a souligné qu?« il restait encore beaucoup à faire avant que l?Algérie ne devienne membre », a rapporté la même source. Les participants ont reconnu les « progrès » accomplis par l?Algérie dans la réforme de son régime commercial afin d?être pleinement compatible avec les règles de l?OMC, qui compte 151 Etats. Mais malgré ces réformes, les négociateurs ont estimé qu?il restait « un travail substantiel à accomplir » concernant les entreprises publiques, les prix des hydrocarbures, les droits de commercialisation et la présence commerciale, le régime de taxation ou encore les subventions à l?exportation. Ils ont exhorté Alger à finaliser les négociations bilatérales en cours sur l?accès au marché des biens et services. Car l?Algérie, a ajouté la même source toujours, a achevé ses négociations bilatérales avec seulement cinq Etats membres (Brésil, Uruguay, Cuba, Venezuela, Suisse) et doit encore le faire avec l?UE et neuf autres pays (Canada, Malaisie, Turquie, Corée du Sud, Equateur, Etats-Unis, Norvège, Australie, Japon). « Les membres ont appelé à la conclusion de cette adhésion afin d?en finir avec une négociation qui n?a que trop duré », a-t-on indiqué de source proche de la réunion. Le ministre du Commerce, El Hachemi Djaâboub, n?a-t-il pas dit l?été 2005 que « l?Algérie n?a aucune contrainte de temps. Nous ne sommes pas pressés d?adhérer à l?OMC. Nous sommes un pays souverain qui prendra le temps qu?il faudra pour négocier au mieux cet accord ». Pascal Lamy, directeur général de l?OMC, a déclaré récemment à El Watan que cette accession n?est pas « la priorité numéro un » du gouvernement algérien. Peut-être. Mais il faut rappeler que le pays n?exporte bon an mal an qu?à peine près d?un milliard de dollars en hors hydrocarbures alors que ses importations atteignent les 22 milliards de dollars et croîtront d?année en année. Une question tout de même : se peut-il que le pays apprenne à mieux communiquer, c?est-à-dire avoir une transparence dans la communication, une fois qu?il est membre de l?OMC ? C?est même une obligation.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Benyahia
Source : www.elwatan.com