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aborder le thème du fanatisme relève encore du tabou Walid Al Awadi. Réalisateur koweïtien de Tora Bora



aborder le thème du fanatisme relève encore du tabou                                    Walid Al Awadi. Réalisateur koweïtien de Tora Bora
-Tora Bora, votre premier long métrage, semble inspiré de l'histoire de ces jeunes Arabes qui voyagent en Afghanistan pour le djihad'
Parfaitement. L'histoire est basée sur l'aventure de parents partis rechercher leur fils qui a rejoint les talibans du côté de Tora Bora. On prétend que «les moudjahidine» défendent la religion. Mais quelle religion ' Ce n'est pas l'islam. Violer, voler et tuer' Ce n'est pas cela la religion. Je suis contre les talibans et je ne crois pas à leur mode de pensée. Je crois en l'Etat civil (Dawla al madania) et je sais que l'islam est une religion de tolérance, de sciences et de réflexion. Les Occidentaux ont pris beaucoup des apports civilisationnels de l'islam.
Aujourd'hui, l'image de cette religion a été salie. La politique s'en est mêlée. Les talibans n'ont aucun lien avec les traditions, les croyances, la langue de l'islam. Leur «islam» est tout autre. Cela m'a motivé pour réaliser ce premier long métrage qui a été bien accueilli par le public au Koweït. J'ai écrit le scénario avec Ryad Al Seif. Je suis également producteur du film. Je reconnais que l'histoire est compliquée, mais j'ai tenté de la traiter d'une manière facile, simple. Mon film est axé sur les talibans, pas sur les Afghans.
-Est-il facile d'évoquer l'intégrisme religieux dans le cinéma arabe '
Aborder le thème du fanatisme relève encore du tabou. On n'y touche pas. A mon avis, rien ne doit être interdit. On peut traiter tous les sujets à travers une expression dramatique correcte pour faire aboutir l'idée aux spectateurs. Ce soir (à Abu Dhabi, ndlr), après la projection, j'ai remarqué que chaque spectateur a fait une lecture différente. J'en suis ravi. Et vous avez relevé que la salle était remplie !
-Comment expliquer l'intérêt actuel du 7e art arabe pour le radicalisme religieux '
Je pense que la question de l'extrémisme sera toujours une matière pour les créations cinématographiques et télévisuelles. La raison en est simple : aucun fanatisme religieux, quelle que soit la croyance, n'est acceptable. Les Occidentaux ont traité ce sujet à leur manière, selon leur vision. Il est vrai que des films ont été faits sur l'Eglise et ses travers. Nous vivons une époque où beaucoup de choses sont entrées dans notre existence par effraction comme l'intégrisme, la fermeture à l'autre, l'islamisation forcée de la vie civile. L'Algérie a beaucoup souffert de ces comportements. J'ai vu ici le film Parfums d'Alger (de Rachid Benhadj, ndlr) où l'on voit ce qu'ont vécu les Algériens. Dans le Monde arabe, beaucoup de cinéastes vont s'intéresser à ces thématiques sous plusieurs angles. Des thématiques actuelles.
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