
Le président de l'Union nationale des investisseurs (UNI), Abdelouahab Rahim, est inquiet et dit ne pas comprendre comment des orientations et des décisions prises "au plus haut sommet de l'Etat" ne trouvent pas leur traduction sur le terrain."Quand vous avez des orientations et des décisions qui sont prises au plus haut sommet de l'Etat, normalement l'administration devrait suivre. L'administration doit obéir au gouvernement. Mais on a l'impression qu'une certaine autonomie permet à cette administration de ne pas les réactiver", a constaté, avant-hier, Abdelouahab Rahim, P-DG du groupe Arcofina, lors des "Des jeudis de l'UNI". "Moi, je ne comprends pas comment des décision du président de la République et du Premier ministre ne sont pas appliquées sur le terrain", s'interroge-t-il.Le président de l'UNI a estimé qu'aucun "changement significatif" n'est intervenu depuis la tenue de la 15e tripartite. Abdelouahab Rahim a rappelé les propos positifs du Premier ministre, lors de cette tripartite, qui "veut placer l'entreprise, publique et privée sans distinction, au c?ur de l'économie, pour qu'elle devienne le moteur de l'économie nationale". "Pour l'instant, on demande à voir", a-t-il lancé. Pour autant, le patron du groupe Arcofina "n'insulte pas l'avenir". "Nous avons confiance", a-t-il indiqué, d'autant que "la situation économique de l'Algérie n'est pas brillante". "On importe pratiquement 80% de nos besoins en nourriture. Il est temps de passer à la production. Le gouvernement lui-même dit que la facture des importations est de plus en plus importante", a-t-il souligné. Pour lui, "la seule et unique façon de limiter les importations est de produire. Tout le monde est d'accord sur ce point. Mais le passage à l'acte, on ne le voit pas venir", regrette M. Rahim, désignant la bureaucratie comme le mal absolu. Le président de la Confédération nationale du patronat algérien (CNPA) et porte-parole de la Coordination patronale algérienne (CPA), Mohand-Saïd Naït Abdelaziz, partage la même analyse que le président de l'UNI. "Le gouvernement Sellal a affiché une volonté réelle de régler les difficultés. C'est au niveau de la mise en ?uvre et de l'application des décisions sur le terrain que le problème se pose", a affirmé M. Naït Abdelaziz, indiquant que l'Algérie "a perdu beaucoup de temps", en dépit de la disponibilité des moyens financiers et humains. Le président de la CNPA souligne la nécessité d'accompagner "la nouvelle vision" déclinée par le gouvernement "par des mesures fortes sur le terrain". Le promoteur M'hamed Sahraoui a estimé, pour sa part, que "la bureaucratie n'a jamais été aussi handicapante que ces dernières années". Il a qualifié loi n°11-04 fixant les règles régissant l'activité de promotion immobilière "d'extrêmement stérilisante pour les promoteurs". Mais au-delà du dialogue social, Mohand-Saïd Naït Abdelaziz pose la question de la responsabilité du gouvernement dans l'application des mesures décidées lors des différentes tripartites. Abdelouahab Rahim affirme que la situation des entreprises publiques est aussi alarmante. "Les entreprises publiques et privées sont logées à la même enseigne", soutient-il. Pour M. Naït Abdelaziz, le problème est avant tout celui de l'organisation de l'économie. "Les fondamentaux d'une économie de marché n'existent pas", a-t-il relevé.Le président de l'UNI a le sentiment que le gouvernement "se conforte dans la continuité de la politique des dépenses et de l'importation". Il estime que les quelques partenariats conclus entre les entreprises étrangères et les entreprises publiques "ne rendent pas service à ces dernières". M. Rahim affirme que "ces contrats sont rarement menés au menu". Le patron d'Arcofina pense que "compte tenu du pouvoir financier dont dispose l'Algérie, on veut continuer encore dans la rente". "J'ai l'impression que dans ce pays, on veut perpétuer l'imploration. C'est pour cela qu'on est inquiet", affirme M. Rahim. "L'Algérie n'a pas d'économie. L'Algérie dispose d'un marché", regrette le président de l'UNI.M. R.NomAdresse email
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Meziane Rabhi
Source : www.liberte-algerie.com