Abdelmalek Sellal a promis aux habitants d'Illizi de diminuer du prix de l'eau en attendant que les
systèmes de déferrisation de la ressource soient mis
en place.
La ville d'Illizi puise la plus grande partie
de ses ressources en eau de l'aquifère qui, note-t-on, «s'étend au-delà des
frontières algériennes et qui draine des formations gréso-argileuses
du Dévonien inférieur». Les spécialistes du secteur affirment que «les ouvrages
réalisés dans la zone et ses proches environs ont donné de bons résultats et
témoignent ainsi que cet aquifère recèle d'énormes quantités d'eau». Mais si
les ressources hydriques sont jugées appréciables dans la région, leur qualité
est mauvaise. L'eau ici, est, en effet, caractérisée par une teneur en fer
excessive, soit 1,5 à 3mg/l.
«L'eau est dure,» reconnaît le ministre du secteur lors de la visite de
deux jours qu'il a effectuée, lundi et mardi, dans la
wilaya d'Illizi. Sellal
fera ainsi un tour d'inspection à Djanet, Illizi et In Amenas. C'est en fin d'après-midi qu'il est
arrivé à Illizi en provenance de Djanet.
Les cadres du secteur lui ont présenté l'étude d'un avant-projet d'une station
de traitement de l'eau potable de la ville d'une capacité de 10.000 m³/j à
partir de 10 forages de débit total de 112l/s. Inscrite le 14 juillet de l'année
dernière, l'opération a bénéficié d'une autorisation de programme initiale de
l'ordre de 15.000.000,00 dinars. Son impact socio-économique profitera à une
population de 17.000 habitants. Son objectif est «d'améliorer la qualité de
l'eau potable et le cadre de vie des citoyens», disent ses initiateurs.
«L'eau est de couleur normale sous terre mais une fois en contact avec
l'air, elle devient de couleur rouge (rouille) et s'oxyde parce qu'elle
contient du fer», nous explique le ministre. Une couleur qui, en évidence, en
altère le goût et cause ainsi des désagréments aux consommateurs. Le directeur
général de l'Agence nationale des ressources hydriques (ANRH) précise, cependant,
que cette couleur rouge de l'eau n'altère en aucun cas sa qualité «qui est bonne.»
Des analyses de la ressource ont été effectuées en juillet dernier par les
laboratoires de l'ANRH sur deux variantes de
traitement proposées par le bureau d'étude. La première consiste en une déferrisation par oxygénation naturelle à partir d'une tour
par cascade, d'un bassin de décantation et d'un autre de filtration de sable. La
seconde variante propose une déferrisation avec les
mêmes ouvrages mais par une oxygénation artificielle. «La première variante
peut éliminer totalement la couleur et le goût gênants de l'eau à condition de
lui rajouter un oxydant fort comme le chlore», disent les spécialistes. C'est
donc cette variante qui a été retenue.
A la présentation d'un petit modèle du système naturel de déferrisation, le ministre nous explique que «c'est la
première fois qu'un bureau d'études privé algérien nous propose un système sans
mécanisme ne nécessitant pas d'énergie». Le DG de l'ANRH,
Rachid Taïbi, nous fera savoir que d'autres analyses
seront faites ces jours-ci pour conforter les premiers résultats.
SELLAL PROMET DE BAISSER LE PRIX DE L'EAU POUR LES HABITANTS DU SUD
Si l'étude du projet a enregistré un taux d'avancement de près de 90%, sa
réalisation prendra en principe 18 mois. «C'est du génie civil», dit le wali d'Illizi pour confirmer que «ça ne prendra pas plus de temps».
La réalisation de cette station de déferrisation de
l'eau à Illizi coûtera 1,2 milliards de dinars.
Les habitants de la ville rappelleront au ministre qu'il n'est pas normal
qu'ils paient un même prix pour une eau qui est de couleur et de goût
différents. «On doit laisser couler l'eau pendant longtemps pour qu'elle
devienne un peu claire et qu'on puisse la boire, donc on consomme plus», lui
dit un représentant de la société civile. Sellal a
promis à ses interlocuteurs qu'il procédera à la baisse du prix. «On va
construire une station pour améliorer la qualité de l'eau, mais on va aussi
baisser le prix et la facture va ainsi diminuer», a-t-il annoncé. Le directeur
général de l'Agence de l'eau (ADE), Abdelkrim Mechia, nous a précisé que «95% de l'eau sont payés au prix
réel et 5% seulement le sont au forfait, il est difficile de revoir ce prix
encore à la baisse». Le prix du m³ de l'eau est actuellement à 5,80 dinars. Le
ministre persiste et signe en soutenant que «la décision de baisser le prix est
logique».
La wilaya d'Illizi abrite 52.232 habitants dont
43.466 sont raccordés au réseau d'assainissement. La région puise aussi sa
ressource dans la nappe de l'inféro-flux (superficielle)
qui est «entaillée dans les formations du Dévonien». Mais cette nappe est
caractérisée, selon les responsables du secteur, par un faible débit ne
dépassant guère les 10 l/s. «Le dernier inventaire n'a fait ressortir qu'un
seul forage actuellement en service dans la ville d'Illizi»,
notent-ils. Ils estiment que «les potentialités en eau de cette nappe sont très
limitées voire insignifiantes. Elles ne peuvent faire l'objet d'une exploitation
durable».
Située à près de 150 km
des frontières libyennes, la wilaya d'Illizi
s'alimente aussi et surtout des eaux de la nappe du Continental intercalaire (Albien)
et du complexe terminal qui est en même temps exploitée par la Tunisie et la Libye sur la base d'un
système de coordination et de concertation adopté d'une manière collective. (Voir
article conférence de presse du ministre des Ressources en eau.) Ces eaux sont
situées au nord de la wilaya à une distance de près de 200 km. Des études doivent
être menées pour décider de la réalisation de 2 ou 3 forages albiens de 30 l/s
et de 4 ou 5 autres de 17 l/s, les premiers à partir du niveau de la nappe
continentale intercalaire et les seconds de celui du complexe terminal pour un
éventuel transfert de la limite de la nappe vers la ville d'Illizi.
«Le volume total qui pourrait être mobilisé et transféré serait de 170 à 185
l/s, soit environ 5 millions de m³/an», disent les spécialistes. Sellal a eu aussi à s'enquérir des programmes de protection
de la ville d'Illizi contre les inondations.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Notre Envoyée Spéciale A Illizi : Ghania Oukazi
Source : www.lequotidien-oran.com