Sans une révision profonde du système actuel des prix et des subventions en Algérie, la relance de l'investissement restera un mythe, a soutenu hier l'ancien ministre des Finances, Abdelatif Benachenhou, lors d'une rencontre à Alger.
Invité au forum du quotidien El Moudjahid, Abdelatif Benachenhou a ainsi estimé que pour sortir de la crise d'investissement productif que connaît actuellement le pays, il faut d'abord revoir entièrement le système des prix et des subventions, notamment pour les produits énergétiques. «Naftec n'a pas investi depuis 25 ans, car ses marges sont insuffisantes ; Sonelgaz, elle, plus elle produit, plus elle perd, car les prix sont bas' Comment investir donc quand les entreprises n'ont pas la ressource pour le faire '», a martelé l'ancien conseiller du président Bouteflika. Faut-il donc sacrifier la paix sociale en libérant les prix et en abrogeant les subventions pour relancer l'investissement ' «On peut tout à fait rectifier le système des prix et des subventions sans toucher à la paix sociale», rétorque le professeur d'économie.
Et d'argumenter : «10% des abonnés de Sonelgaz consomment à eux seuls 40% de la production d'électricité.» De l'avis de l'ancien ministre des Finances, ce constat suffit à lui seul pour rendre compte du déséquilibre du système des prix actuel et de la mauvaise allocation des subventions. Aussi, «la protection de la paix sociale est tout à fait compatible avec la refonte du système des prix et des subventions», assure-t-il. Selon lui, il faut juste faire en sorte de subventionner l'individu et non le produit, de façon à ce que les subventions soient allouées convenablement et les opérateurs accèdent à des marges qui leur permettent d'avoir de la ressource pour investir. En Algérie, a réitéré Abdelatif Benachenhou, l'investissement productif ne représente que 2% du PIB, alors que le taux d'épargne avoisine les 50%.
La production du secteur des hydrocarbures, lesquels pèsent 50% du PIB, a-t-il ajouté, connaît une baisse importante en volume sur les sept dernières années. En guise de solution pour une sortie de crise, l'orateur préconise d''uvrer à la fois à «redresser le secteur des hydrocarbures» et de «s'atteler, au fur et à mesure, à reconquérir le marché intérieur» à travers notamment le secteur agricole, l'agroalimentaire, l'industrie pharmaceutique et les matériaux de construction. «Ceci est tout à fait à notre portée», a-t-il soutenu, ajoutant que l'enjeu en la matière est de parvenir à dégonfler les importations.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Akli Rezouali
Source : www.elwatan.com