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Abandon, délabrement et problèmes en tous genres



Abandon, délabrement et problèmes en tous genres
Localisé au c?ur de la capitale, le square Port-Saïd est connu depuis des décennies pour la joie de vivre dans son jardin, ses cambistes qui parfois jouent au chat et à la souris avec la police.La place est également connue pour être un lieu de culture et de diversité, surtout grâce à la proximité du Théâtre national d'Alger. Aujourd'hui, l'endroit a totalement changé. En dépassant les cambistes de quelques mètres, des problèmes surgissent. Les trottoirs sont totalement dégradés et le jardin du square est aujourd'hui fermé et entouré de tôles, dont certaines sont arrachées. Le jardin a perdu ses couleurs, les arbres, qui trônaient fièrement avec leur couleur verte éclatante, sont aujourd'hui de couleur jaune, des racines jusqu'au sommet.Nous avons également pris le temps de rencontrer les nombreuses personnes qui s'installent non loin de la place, qui ont malheureusement dû quitter l'endroit pour s'installer au quotidien sur des bancs éparpillés aux quatre coins de la place. Nous rencontrons Mokhtar. Ce dernier est un grand-père qui vient prendre l'air en compagnie de son petit-fils. Ce personnage habite à Bab Ejdid, dans La Casbah d'Alger. Il nous raconte son quotidien qu'il qualifie de monotone, tout en gardant un ?il sur son petit-fils. «Pour des personnes âgées comme moi, le retour du beau temps, comme en ce moment, est synonyme de sortie et de détente entre amis à jouer aux dominos, ou s'installer dans le jardin, toujours entre compagnons à discuter de tout et de rien. Certains semblent trouver du plaisir à griller une clope à l'ombre d'un arbre, d'autres au contraire préfèrent la lecture d'un journal, ou débattre des sujets avec ceux qui veulent bien se remplir la tête. En somme, un véritable moment d'échange», explique Mokhtar, avec un rire bien à lui.Notre interlocuteur raconte également, tout en affirmant qu'il est sûr de ce qu'il dit sur les travaux qui tardent à démarrer, même si on voit une excavatrice parquée à l'intérieur du parc. «Les travaux ont commencé en décembre 2016, à cette période-là, nous pensions voir un changement radical. Nous pensions voir le parc retrouver toute sa splendeur telle que l'avait laissée le colonisateur français. Après un mois de travaux, le premier entrepreneur a quitté les lieux, il paraît que c'est à cause d'une histoire d'argent. Bref, sur le tableau d'affichage, il est mentionné que le parc aurait dû être livré au bout de 4 mois, mais à mon humble avis, il faut rajouter une année de travaux, car à ce rythme, on n'est pas près de retrouver nos places», rapporte Mokhtar, toujours le sourire au visage. Nous laissons le grand-père vaquer à son occupation et continuons notre balade autour du parc. Nous découvrons que le sous-sol à côté, mitoyen avec l'arrêt de bus de l'Etusa, qui est devenu un véritable dépotoir à ciel ouvert où les fortes odeurs d'alcool se mêlent à celle des urines.Des odeurs tellement insupportables que les personnes qui attendent le bus doivent se couvrir le nez. On rencontre un jeune qui travaille dans un magasin face au jardin et donc à ce qui se passe au quotidien. Le jeune homme, qui désire garder l'anonymat, parle d'un véritable dépotoir que l'APC d'Alger-Centre ne daigne pas valoriser. Il parle d'agressions tard la nuit, de squat, il parle également d'un lieu malfamé. «L'alcool est malheureusement vecteur de nombreux problèmes, parfois les alcooliques se battent entre eux, la drogue est également présente et la nuit, quand la police quitte les lieux, c'est un endroit qu'il vaut mieux éviter, car les agressions sont quotidiennes», témoigne-t-il, derrière son comptoir. Nous avons essayé de joindre le président de l'APC d'Alger-centre, M. Bettache, mais en vain. Au final, le vieux Mokhtar devra encore prendre lui et ses amis, leur mal en patience et attendre lui et ses amis.
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