Alger - A la une

À trois mois de son lancement officiel 3G : les incohérences du cahier des charges



À trois mois de son lancement officiel 3G : les incohérences du cahier des charges
Les fréquences, quant à elles, coûteront 900 millions de dinars payables annuellement en plus des 3% relevés sur CA.Quelques jours seulement nous séparent de la remise de l'offre financière et technique des opérateurs (le 15 septembre) à l'Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT) auprès de laquelle le cahier des charges a été retiré à raison d'un million de dinars. Selon des informations recueillies auprès des spécialistes qui ont réussi à se procurer le document en question, les trois opérateurs auront à payer 300 millions annuellement pour chacune des trois fréquences qu'ils se sont vus allouées en plus des 3% qui seront relevés sur le CA annuellement, aussi.
Le coût de la licence 3G fixé à 30 millions d'euros reviendra, donc, un peu plus cher à l'opérateur même si cela reste dans les limites du raisonnable pour pouvoir offrir aux consommateurs algériens la 3G à un prix abordable à partir de décembre prochain. Le problème est donc ailleurs et se trouve dans le contenu même du cahier des charges qui montre, selon les spécialistes, de nombreuses incohérences. Nombre d'entre eux ont évoqué le côté compliqué dans la formulation de ce document assez volumineux dans son ensemble alors que cela n'avait pas lieu d'être.
Plus grave encore, les fréquences allouées aux opérateurs sont les 1 200 Mh alors que les 900 auraient été meilleures. Il se trouve que ces dernières sont déjà occupées par les services de sécurité, la Télévision etc. Techniquement, cela influera sur la qualité même de la 3G sur la partie indoor sensée régler certaines lacunes et surtout d'avoir un débit plus important partout où que l'on soit. Ces mêmes experts attestent : "Il est clair que le cahier des charges est un document malmené entre ses initiateurs et ceux qui y ont apporté des amendements en l'occurrence l'ARPT. Cela dénote encore une fois que les deux entités sont en total décalage voire désaccord et cela ne donne rien de bon". De nombreux points sont, de leur avis, assez illustratifs à commencer par le fait de limiter les opérateurs à couvrir un certains nombre de wilayas sans pouvoir aller au-delà, et ce, même s'ils disposent des capacités nécessaires pour le faire. Hormis la couverture d'Alger, d'Oran, de Constantine et d'Ouargla, exigée au minimum aux opérateurs durant la première année, les autres wilayas sont scindées en trois groupes. Le premier comprend 17 wilayas et se trouve lui-même divisé en 2 sous groupes (A et B) avec Blida, Tlemcen, Tizi Ouzou, Annaba et Sétif pour le premier et Chlef, Batna, Béjaïa, Jijel, Skikda, M'sila, Mascara, Bordj Bou-Arréridj, Tipasa et Mila. Le deuxième groupe est composé, de son côté, de 12 wilayas également divisés en 2 sous groupes (A et B) et couvrira Biskra, Djelfa et El-Oued pour la première partie et Adrar, Laghouat, Béchar, Tamanrasset, El-Bayed, Illizi, Tindouf, Nâama et Ghardaïa. Restera le 3e et dernier groupe de 15 wilayas pour compléter ainsi le déploiement sur tout le territoire national au bout de trois années. Il s'agit d'Oum El-Bouaghi, Bouira, Tébessa, Tiaret, Saïda, Sidi Bel-Abbès, Guelma, Médéa, El-Tarf, Tissemsilt, Khenchela, Aïn Defla, Souk Ahras et Relizane. "L'obtention de l'exclusivité territoriale dépendra notamment des offres financières et techniques des opérateurs, selon le cahier des charges", précisent les experts, comme relevé du cahier des charges. Ils expliquent : les opérateurs seront notés sur la base des offres financières et techniques qu'ils présenteront sur un barème de
2 000 points dont 400 réservés pour la partie financière et 1 600 pour l'offre technique et stratégie. Le mieux classé, en définitive, bénéficiera de certains avantages ne serait-ce que sur le choix des wilayas à couvrir. L'exemple le plus illustratif des incohérences demeure, toutefois, sur le fait d'autoriser les opérateurs à avoir leur propre backbone national (réseau de fibre optique).
C'est ce qui est décidé, selon toute vraisemblance, par l'ARPT dans la mesure où cela va à contresens de ce qui est prôné par le ministère de la Poste et des Technologies de l'information et de la communication (MPTIC) qui prône, justement, la mutualisation de la fibre optique. Pis encore, cela pourrait même contredire toute la stratégie gouvernementale qui n'a pas manqué de mettre la main à la poche pour allouer des sommes faramineuses à Algérie Telecom pour déployer la fibre optique.
C'est justement cela qui pourrait porter un coup fatal à AT et non le lancement de la 3G. Algerie Télécom devra aussi se lancer dans la LTE et couvrir les zones où les opérateurs mobiles trouveront des difficultés à y être présents.
N S
Nom
Adresse email
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)