Résumé : Kamélia s'inquiète vraiment. Elle a vu dans le regard de Tewfik la même flamme amoureuse qu'elle lui connaissait d'avant le drame. Pour vivre heureuse avec Idir, il faudrait qu'elle mette de la distance entre eux. Mais c'est impossible, en plus d'être de la même famille, il est libre de revenir quand il veut. Elle n'aspire qu'à protéger son bonheur tout neuf.Tewfik ne revient pas au village, ni les semaines, ni les mois suivant le mariage. Kamélia et Idir ne sont pas repartis à Alger.
Quelques jours après leur mariage, Idir a commencé à approvisionner la boutique qu'elle a choisie. Il a engagé de jeunes vendeuses. Les entrées d'argent commencent quelque temps après. Les clients sont nombreux et reviennent.
-Ils se fidélisent, remarque Idir, très satisfait.
Il aurait pu être l'homme le plus heureux au monde si Kamélia acceptait de travailler avec lui.
-Tu pourrais tenir la caisse, dit-il. Garder un ?il sur les employés.
-Je n'ai aucune envie de voir les gens.
Elle ne le lui dit pas, mais elle ne supporte pas leurs regards. Si seulement il acceptait de partir vivre ailleurs.
-Partons nous installer ailleurs, lui dit-elle un jour où elle n'en peut plus.
-Mais pourquoi ' Les villageois sont tous charmants. Je sais que si tu fais un effort et si tu te mets au travail, tu n'auras pas le temps de broyer du noir. Ce n'est pas sain pour toi de rester seule.
-La solitude a été longtemps ma compagne. Partons ailleurs, insiste-t-elle.
-Pourquoi ' Je n'en vois pas la raison. On est bien ici, et tes parents peuvent passer quand ça leur chante. Et toi, tu es leur unique enfant. Tu devrais profiter d'eux.
-Mais je veux m'éloigner du
village.
-Ma proposition de tenir la boutique avec moi tient toujours. lui dit-il, levant le nez de son livre de comptes qu'il met à jour chaque soir après le dîner. Tu rencontreras d'autres gens sympathiques.
-Mais je ne veux plus les voir. Même en peinture.
-Mais qui '
-Eux. Tous ceux qui se souviennent de moi comme d'un porte-malheur. Je ne supporte pas leurs regards. Chaque fois que je rencontre quelqu'un du village, j'ai l'impression de l'entendre dire du mal de moi. Je n'ai pas d'amie à part ma mère et Rosa. Je ne reçois personne et je n'ai nulle part où aller. Avant, j'étais loin d'ici et j'avais ma vie professionnelle. Personne ne me connaissait et je ne me préoccupais pas de ce qu'ils diront de moi. Idir, ici, je me sens épiée quand je sors. J'ai beau être d'ici, je ne me sens plus à ma place.
Idir secoue la tête comme pour lui dire qu'elle se trompe. Avec calme, il tente de la raisonner.
-Partout où tu vas, tu es chez toi. Ne te préoccupe pas de ce qu'ils disent. Fais ce que tu veux, vas où tu veux. Tu n'as de comptes à rendre à personne, même pas à moi.
(À SUIVRE)
T. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Taos M'HAND
Source : www.liberte-algerie.com