
Les généreux maitres d'en haut ont vu juste de quoi souffrent les sujets d'en bas : il faut rouvrir au public le service public. Le film c'est du déjà vu qui fait la Une du nouveau décor depuis que Sellel et ses nouveaux et anciens-nouveaux vizirs ont pris ou repris leur fauteuil. Le remue-ménage de faire semblant de bouger crie le sinistre du cinéma dans lequel tournent les sujets éloignés du centre de leur Pouvoir gardien. La wilaya réduite au protocole, la mairie et la daïra qui ne font plus la différence avec les anciens souk-el-fellah par la pagaille et l'affluence, prolongent le coma de leurs chefs amputés des bras de la décision. Il n'y a pas très longtemps, on les a vus à l'épreuve du feu qui a ravagé en toute tranquillité des massifs entiers du peu de forêts qu'on avait. L'été durant, à l'instar des centrales, les autorités locales s'étaient mises en évidence par leurs grandes vacances sur le terrain du sinistre. Maitres des lieux, les feux de Géhenne qui affolaient douars et hameaux entiers, n'ont presque pas suscité l'éveil des émirs locaux pour prêter main forte à la malheureuse plèbe qui risquait vies et biens. Submergés par l'ampleur des fournaises, les sapeurs-pompiers et les forestiers étaient les seuls damnés à pallier au plus pressé. Les oubliés du système se devaient de serrer les ceintures et retrousser les manches pour sauver leur tête et leur maisonnée de la catastrophe qui n'en était pas une, au dire des forestiers-chefs d'Alger occupés à attendre les statistiques venant de leurs lointains subalternes coincés entre le feu et la canicule. Sans le moindre égard de la part de leurs assemblées populaires locales, les campagnards se sont pliés en quatre, comme d'habitude en pareil cas, pour organiser eux-mêmes leur survie, tant pis pour les incommensurables dégâts matériels subis. Idem lors du déluge des pluies torrentielles qui ont entamé ce mois. Comme d'habitude, les inondations ont durement frappé sans viser ni aviser en de nombreuses villes et contrées, en l'absence de leurs autorités. Par laisser-aller de Maman l'Etat et oubli des messieurs des APC de l'entretien et du curage des conduits des eaux déchainées, les caniveaux dépassés font vite de vomir leurs boues, laissant la voirie charrier ce qu'elle peut, en bloquant les gens chez eux, et en coupant les routes ou en noyant des cités entières dans un verre d'eau. Là aussi, le petit peuple s'est retrouvé seul à affronter les flots, et nos élus et leurs autorités locales ont brillé par l'absence. Incapables d'affronter la catastrophe, de juguler la déception, et de calmer la colère des gens pleurants, ils préfèrent se cacher dans l'attente du temps qui arrangera les choses. Par autant d'expériences fâcheuses, l'Algérien commun ne peut que confirmer l'inutilité de son APC. Son maire demeure un commis d'Etat superflu qui tire sa part de sa position dans son système employeur bien rodé et avisé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M O T
Source : www.reflexiondz.net