Cela s'est passé il y a trois jours dans une grande supérette de l'ouest d'Alger. C'est un client visiblement pas comme les autres qui se mêle de ce qui le regarde. En voyant plusieurs autres clients entrer sans bavette dans l'établissement, se promener dans les rayons, se servir et se présenter à la caisse comme si de rien n'était, notre héros qui, décidément, est incapable de se taire « comme tout le monde », a crié sa colère à la face du personnel. Les employés ont été surpris et... choqués plus par les cris de révolte et de peur du client récalcitrant que par le danger que pouvait constituer un groupe de femmes et d'hommes sans protection dans un espace aussi fermé et exposé. Alors, ils ont réagi comme on pouvait l'imaginer. Au lieu de parer au péril qui planait sur les personnes présentes ? dont eux-mêmes et tous leurs collègues ? en invitant les dangereux contrevenants aux règles de protection sanitaire, ils s'en sont pris au donneur d'alerte qui croyait bien faire et ça tombait bien, puisqu'il faisait... bien. On ne peut pas vraiment dire la même chose pour ses... adversaires qui, pour la circonstance, ont fait preuve d'un impressionnant esprit de corps. Pendant que les « autres » riaient sous cape entre les rayons, le personnel de la supérette s'occupait du loup blanc, le sommant d'abord de baisser la voix même si sa bavette bien ajustée en réduisait déjà sensiblement le son. Il devait non seulement baisser la voix mais on le priait également d'aller voir ailleurs, avant qu'ils ne passent à la méthode forte. Le plus curieux ? et le plus grave ' est qu'aucun des autres clients masqués n'a levé le petit doigt face à cette scène qui, pourtant, les concerne au plus haut point. Il y va même de leur vie. Mais qui a dit qu'ils s'en soucient ' Qu'on ne s'y trompe pas, ils mettent la bavette pour... ne pas se faire refouler à l'entrée du magasin où il était écrit en gras : port du masque obligatoire ! Il suffit de les voir à la sortie, avec quel geste de délivrance ils se débarrassent de la « chose », ce corps étranger qu'on supporte pour ne pas être verbalisé en voiture, pour accéder aux grandes surfaces et, éventuellement, pour prendre un transport public. En fait, la bavette sert à leur faire éviter les petites contraintes, les petits désagréments de la vie, pas pour protéger leur... vie. Et quand il y en a un qui, comme notre « héros malheureux » de la supérette, prend les choses au sérieux, il est normal qu'il soit vu comme un être étrange qui crie comme un dingue dans un lieu public quand tout allait bien dans le meilleur des mondes !S. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Slimane Laouari
Source : www.lesoirdalgerie.com