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À la veille de la date du dépôt des candidatures au ministère de l'intérieur Veillée d'armes au FLN et au RND



À la veille de la date du dépôt des candidatures au ministère de l'intérieur                                    Veillée d'armes au FLN et au RND
À la veille du 26 mars, dernier délai pour déposer les listes électorales, la tension est à son comble au niveau du parti majoritaire sortant, le FLN. À quelques heures seulement de la fin du délai, le parti n'avait pas encore rendu publiques ses listes.
La longue attente a été, d'autant plus, accentuée par les rumeurs faisant état d''une instruction téléphonique' qu'aurait reçue le patron du FLN de la part du président de la République en vue d'évincer les ministres des listes de candidatures.
Une rumeur qui aura pesé grandement dans les tractations de dernière minute, mais qui s'est, finalement, avérée comme une énième man'uvre de la part de Belkhadem en vue de contenter tous les dinosaures. Car, en plus des appétits sans limite de ceux qui se sont toujours retrouvés au pouvoir et qui ne se verraient jamais en dehors, le patron du FLN menait des tractations avec le chef de file des redresseurs, en vue de parvenir à des listes communes.
D'ailleurs, Salah Goudjil n'a pas manqué d'exprimer son exaspération devant les fuites en avant de Belkhadem. Lequel semble vouloir jouer la montre et mettre, ainsi,
les redresseurs devant le fait accompli : en déposant les listes de candidatures à la toute dernière minute, empêchant les redresseurs de se présenter sur des listes indépendantes. Mais rien ne garantit que les choix de Belkhadem n'aillent pas soulever l'ire des redresseurs, qui disposent de solides appuis au niveau de la base du parti et qui risquent de compromettre sérieusement les chances du FLN.
Belkhadem a fini par trancher en faveur des plus forts du moment. En choisissant l'actuel ministre de l'Enseignement supérieur comme tête de liste du parti à Alger, au détriment de l'actuel président de l'APN, le patron du FLN a clairement choisi son camp et fermé la porte aux appels au changement devenus à la mode en ce temps de révoltes arabes. Amar Tou, Tayeb Louh, Moussa Benhmamadi, Abderrahmane Bellayat seront têtes de liste chez eux, en dépit des cris des jeunes militants du parti qui protestaient contre ces 'éternels' qu'on ne voit jamais sur le terrain. La seule incertitude concerne Si Affif, l'actuel responsable des affaires étrangères à l'APN, et fidèle serviteur de Belkhadem. Son sort n'est toujours pas tranché, à l'heure où nous mettons sous presse.
Les dinosaures ont de beaux jours devant eux au FLN ! Reste à savoir s'ils peuvent faire valoir leur ancienneté et faire jouer leurs relais traditionnels pour se faire réélire. Ou si, au contraire, ils vont causer la perte du parti.
Le 'frère ennemi' a fait mieux, du moins sur le papier. Sur les listes du RND une seule zone d'ombre : la reconduction de l'indéboulonnable ministre Chérif Rahmani dans sa ville de toujours Djelfa, et Abdallah Ghlamallah à Tiaret. Les autres ministres ont préféré ne pas se représenter, par conviction, ou par mécontentement.
Dans la très symbolique Alger, le RND a choisi le sénateur Seddik Chihab en tête de liste, secondé par le chef de cabinet d'Ouyahia, Abdesselam Bouchouareb.
Mais, en gros, le parti d'Ahmed Ouyahia a fait dans l'innovation, le rajeunissement.
Un pari risqué, une arme à double tranchant, notamment dans des régions sensibles. À l'image de l'extrême Sud où le RND pouvait se prévaloir du soutien des chefs de tribu locale. Dans ces contrées, extrêmement sensibles, surtout en ces moments de trouble, le parti a tranché en faveur d'autres personnalités connues de la région. Il reste à savoir si les chefs de tribu vont faire jouer l'intérêt du parti au-dessus des intérêts personnels ou si, au contraire, ils vont se venger de leur direction.
Des femmes cadres du parti n'ont pas avalé le fait qu'elles soient marginalisées ou carrément exclues des listes du RND. C'est le cas de Nouara Djaâfar, l'actuelle ministre déléguée chargée de la Famille, qui n'a pas apprécié qu'on la classe en seconde position sur la liste de son parti.
C'est le cas, aussi, de Malia Hafsi, la patronne de l'UNFA, qui dénonce son exclusion des listes de candidatures. C'est aussi le cas de Mme Zohra Flici, présidente de l'Organisation des familles de victimes du terrorisme.
Le parti, quoi qu'on dise, a essayé de prendre en compte dans ses listes la représentativité des femmes, allant parfois jusqu'à appliquer la parité homme-femme dans certaines circonscriptions électorales, comme Alger.
Pour le reste, le RND a reconduit la quasi-totalité des actuels députés sur ses listes pour le scrutin de mai prochain.
A. B.
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