Les bêlements fusent de partout à Alger, à quelques jours de l'Aïd El Adha. Les moutons sont partout, aux étages supérieurs des bâtiments, dans les cages d'escalier, sur les routes principales, à la rue Didouche Mourad et la rue Larbi Ben M'hidi.Eviter l'anarchie avant et après l'Aïd El Adha semble impossible. Partout l'on rencontre des enfants, excités et tout heureux, de se balader avec des béliers ou des agneaux. Des adultes, en groupes, gardent leur mouton de sacrifice à la sortie de leur demeure, tout en palabrant. Dans les immeubles, les immondices et le foin jonchent la terre et les odeurs des étables, dans certains endroits, agressent, mais sans déranger, outre mesure, les citadins. «C'est l'odeur de l'Aïd, tout cela fait l'ambiance et renseigne sur l'approche imminente de la fête du sacrifice», nous dira un père de famille, rencontré à la cité Cadix, à La Casbah.Les points de vente désignés par les autorités publiques sont certes respectés, du moins au centre de la capitale, mais sans pour autant empêcher d'autres activités liées à cette occasion de ressurgir et s'imposer. Partout, l'on trouve des points de vente de foin. Des locaux commerciaux ont même changé d'activité en la circonstance. «Ce commerce marche bien. Même les petits enfants achètent, histoire de faire plaisir au mouton», nous dira un jeune vendeur.Selon lui, aucune autorité n'est venue lui interdire d'exercer. «Partout, il y a des points de vente d'aliments et de foin. C'est devenu une habitude, chaque année j'achète quelques bottes, ça me permet de faire un bon bénéfice», raconte-t-il. A Alger, la plupart des habitants achètent la bête du sacrifice plusieurs jours avant le jour de l'Aïd. Malgré l'exiguïté et les désagréments, les habitants, notamment les enfants, trouvent un énorme plaisir à partager le couloir de la maison ou la salle de bain avec le mouton.«Mes enfants ne lâchent plus l'agneau depuis qu'il est à la maison. Ils le prennent en photo et l'étreignent et partagent avec lui leur propre nourriture», raconte amusé un père de famille. Dans la périphérie de la capitale, à Ouled Fayet, Saoula et Baba Hassen, à titre d''exemple, des points de vente ont été ouverts, d'autres improvisés. La plupart proposent des moutons sur le bord de la route ou font des affichages pour attirer l'attention des automobilistes.De nombreux citoyens s'arrêtent pour se renseigner sur les prix ou carrément négocier. «En plus de la cherté du mouton, il faut aussi dépenser pour son transport et apporter de quoi le nourrir pendant quelques jours», nous explique un groupe de citoyens, rencontrés dans un point de vente, à la sortie de la commune de Kheraïssia. Les plus malins, apprend-on, attendent jusqu'à la veille ou le jour même de l'Aïd pour acheter, afin de profiter de la baisse des prix et éviter «le cassement de tête d'entretenir un mouton pendant plusieurs jours». En attendant la grande frénésie du jour du sacrifice, force est de relever qu'un énorme travail attend les agents de nettoyage, mobilisés en grand nombre par les services de la wilaya d'Alger.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel G
Source : www.elwatan.com