
Après des Jeux Olympiques ratés, l'Algérie voit d'autres ambassadeurs du sport algérien atterrir sur les terres anglaises. Nos Paralympiques, au nombre de 32 athlètes (23 en athlétisme, 3 en judo et 6 de l'équipe de Goal-Ball), participeront à la 15e édition des jeux éponymes avec pour ambition de faire mieux que les 15 médailles rapportées de Pékin en 2008. A chaque participation, ils ont fait de leur mieux, honorer l'Algérie du sport. Une Algérie assoiffée de titres, obligée de s'en remettre à de meilleurs représentants, et ils sont de nombreuses distinctions en prime, pour lui offrir des moments de bonheur. Des moments qui sont souvent passés inaperçus ou rarement savourés à leur juste valeur. Cinq éditions durant (depuis 1992), nos Paralympiques ont multiplié les exploits et n'ont pas cessé d'honorer la mère-patrie. Loin des difficultés et des misères qu'ils vivent, ils n'ont pas perdu ce chemin qui les mène vers des victoires et ces lueurs d'espoir qu'ils cherchent pour essayer d'exister et de s'affirmer dans une société pas toujours reconnaissante, où les exploits passent inaperçus. Malgré tout ce qui se dit et cette forme de mépris ou d'irrespect, ces athlètes à part entière existent bel et bien et font exister l'Algérie sportive à travers leurs performances. Sans eux, le monde du sport aurait peut-être pu être amputé d'une Algérie qui éprouve des difficultés à s'imposer avec ses sportifs dits de haut niveau. Un monde du sport gangréné par des
problèmes de gestion, de manque criard d'infrastructures et par le manque d'implication ou de conviction peut-être pour hisser un drapeau dont les Paralympiques donnent l'impression - le terrain et les podiums le confirment - d'en connaître la valeur. Même sur des chaises roulantes et des moyens physiques limités, le c'ur bat pour la Nation, ce qui les rend transcendants et leur permet de réaliser, au-delà de toute espérance, des résultats géniaux. Ce que se propose, comme les précédentes, cette délégation composée de 64 membres entre athlètes, entraîneurs et accompagnateurs, qui est arrivée, mercredi passé, dans la capitale de la Grande-Bretagne. En tête, notre plus grande chance qu'est l'athlétisme, principal et désormais traditionnel pourvoyeur de médailles. En plus de cette équipe de Goal-Ball qui évoluera dans le groupe B qui paraît a priori dans les cordes de notre Equipe nationale qui a pour objectif d'atteindre les quarts de finale dans un premier temps et (Pourquoi pas ') accrocher le podium comme l'a laissé entendre l'entraîneur national, A/Kader Khedim. Actuellement, au 6e rang mondial et meilleure équipe continentale, les «Verts» sont décidés à revenir, au moins, avec le bronze. Côté athlétisme, 15 podiums sont visés dans ces jeux et tous veulent faire comme un certain Mohamed Allek, véritable héros national et exemple à suivre de nos athlètes passés, depuis, de l'autre côté de la barrière. Cet athlète hors-norme qui a porté haut et fort les couleurs nationales dans les plus grandes manifestations sportives, s'imposant comme l'un des meilleurs athlètes invalides
dans l'histoire.
Flashback
En Australie, le mythe aura marqué l'histoire. Les jeux de Sidney 2000 resteront à jamais gravés dans la tête de Mohamed Allek. S'il avait remporté l'or du 100 m et 200 m (T-36 est l'appellation commune) à Atlanta (Etats- Unis) 4 ans auparavant, à 26 ans c'est le triplé historique qui l'attendait au pays des kangourous avec le sacre de champion Paralympique sur les distances du 100 m, 200 m et 400 m (T-37). Mieux que ça, avec l'or autour du cou, il fait tomber les records qu'il s'est appropriés sur ses deux distances fétiches, le 100 m et le 200 m. À commencer par ceux d'Atlanta avec un chrono de 12.03 pour le 100 m et de 24.32 sur 200 m. Sur une courbe ascendante, le quintuple champion du monde met la barre un peu plus haut et s'en va améliorer les deux chronos mondiaux dont un, celui du 100 m, qui était à son nom passant à 11.99 et, cerise sur le gâteau, il s'accapare du nouveau temps mondial sur la distance du 400 m, en bouclant le tour du stade olympique en 54.66. A la manière d'un Usain Bolt des temps modernes, Mohamed Allek entre définitivement dans l'histoire et montre la voie à ses frères algériens qui terminent grâce aux performances du coureur à une très honorable 38e place sur 111 nations. A 26 ans, l'enfant d'Alger, né un certain 17 septembre 1974, aura ainsi pratiquement tout gagné. En 2004, au pays de l'Olympe, l'étoile de l'athlétisme algérien, en fin de parcours et aux portes de la retraite, se contentera, en guise d'adieu à la compétition, du bronze sur 200 m (T-37) c'était d'ailleurs la seule discipline où il avait concouru. Agé de 30 ans, la flamme du flambeau que portait Allek durant 3 épopées Olympiques (de 1996 à 2004) commençait à perdre de sa flamboyance et les performances de cet «athlète complet», à la volonté de fer, déclinaient naturellement et entamaient une lente régression. Avant de s'éclipser du haut niveau universel, il participe aux jeux de Pékin, en 2008, dans le 100 m, 200 m et le relais 4X100 m sans pour autant parvenir à monter sur l'une des trois marches du podium chinois. Aujourd'hui, cet homme au grand c'ur qui a tout donné pour l'Algérie fait aujourd'hui partie du staff technique de l'EN d'athlétisme. Un apport de taille pour le handisport algérien qui a plus que jamais besoin des connaissances de la trempe de l'éternel champion.
Des performances en quête de reconnaissance
Après avoir terminé au 38e rang à Sidney, le bilan d'Athènes a été très encourageant et riche en médailles. Les 20 athlètes engagés en compétition réalisent un bilan des plus flatteurs en s'adjugeant 6 médailles en vermeil, 2 en argent et 5 en bronze pour totaliser 13 podiums. A la clé, un bond de 13 places puisque l'Algérie à fini 25e sur 157 nations à l'arrivée de cette probante édition grecque. Une progression sur le plan mondial confirmée lors de l'édition pékinoise en 2008. En effet, nos Paralympiques ont remporté 15 médailles (4 or, 3 argent et 8 en bronze). Parmi les trois judokas qui seront présents dans la capitale britannique, on retrouve Sid Ali Lamri (-66kg) et Mouloud Noura (-60kg) qui ont fait retentir l'hymne national sur les tatamis chinois. Ils défendront donc leurs titres acquis il y a 4 ans. Deux potentiels médaillables donc pour notre délégation qui, sans nul doute, essayera de maintenir la cadence, cette bonne trajectoire sur laquelle se trouvent nos athlètes depuis une première participation réussie à Barcelone en 2012. Le rendez-vous est donné à partir du 29 du mois en cours jusqu'au 11 septembre prochain. «Faire mieux» c'est la devise de nos 'invalides' qui sont toujours revenus avec des médailles dans les bagages. Ils devront donc, et on reste persuadés, confirmer, comme toujours, tout le bien qu'on pense d'eux.
M. T.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Touileb
Source : www.latribune-online.com