«L’histoire est inscrite en nous»
L’écrivaine algérienne d’expression française, Maïssa Bey, devait laisser une forte impression, ce dimanche à Oran où elle devait animer, dans la soirée, une causerie littéraire devant un nombreux public majoritairement féminin et en présence de femmes et d’hommes de lettres de la ville.
La causerie que l’auteure de «Bleu Blanc Vert», «Entendez-vous dans les montagnes» et «Pierre, sang, papier et cendres» devait animer, se distinguera par le style particulier de la communication qui sera qualifié de «très pédagogique» par un intervenant au cours du débat qui s’ensuivit. L’échange avec l’assistance ne sera pas conventionnel et direct et se fera presque par ricochet. Maïssa Bey se laissera aller à un jeu ininterrompu de questions-réponses proposé par la modératrice, l’universitaire Mme Ouhibi, qui jouera le rôle de boutefeu pour impulser à chaque fois la discussion et explorer un pan de la personnalité de l’écrivaine. Maïssa Bey sera appelée à parler d’abord de son enfance et de sa vocation pour l’écriture, «née, dira-t-elle, d’une lecture impénitente des autres». Fille d’instituteur, sa grande passion pour la lecture lui sera inoculée, dès l’âge de 6 ans, par un père qui partira trop vite, torturé et assassiné par les forces colonialistes et auquel elle dédiera un roman qu’elle portera très longtemps en elle.
C’est en 1996, dans une période funeste pour le pays, que débutera le parcours littéraire de cette écrivaine, qui s’avèrera par la suite très prolifique, avec la parution de son premier roman «Au commencement était la mer», écrit dans la douleur pour rompre le silence et sortir de «l’état d’hébétude devant le chaos qui submergeait le pays». Elle rappellera au passage le point de vue que lui adressera le grand écrivain Mohamed Dib, avec qui elle entretenait une correspondance régulière et qui la félicitera d’avoir réussi à «mettre le doigt où ça fait mal pour le bien des Algériens». Elle confessera à l’assistance que son rôle d’écrivain l’astreint à «dire ce qui est». Maïssa Bey parlera également de la genèse de ses romans, évoquant au passage quelques anecdotes, de sa relation avec l’histoire qui est «inscrite en nous», de sa consécration universelle avec la traduction de ses écrits dans plusieurs langues et qui font l’objet de recherches dans plusieurs universités à travers le monde. Elle clôturera son propos en répondant à une question sur la définition du roman qu’elle présentera «comme une histoire racontée qui donne au lecteur l’envie de s’arrêter à chaque moment et le plaisir de lire». A la fin de la rencontre, Maïssa Bey dédicacera quelques ouvrages.
G. Morad
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com