
Maîtres incontestés du commerce entre la Jordanie d'aujourd'hui, l'Egypte, la Syrie et la Palestine, les Nabatéens, l'un des peuples les plus doués de l'histoire, venu de la péninsule Arabique il y a 2200 ans, avaient fait de Petra un carrefour commercial et culturel incontournable. Cette cité habitée par les dieux attire chaque année des millions de touristes. Voyage guidé?On ne la voit pas trop dans les brochures touristiques, mais elle reçoit chaque année la visite de plusieurs millions de personnes. La Jordanie est devenue la destination à la mode. Elle attire par la beauté et la diversité de ses sites, mais aussi par la sécurité qu'elle offre aux visiteurs qui viennent de partout découvrir les charmes de ce petit pays millénaire. Coincé entre Israël, l'Arabie Saoudite, l'Irak et la Syrie, le petit royaume hachémite fait tout pour se prémunir contre les violences qui secouent la région et repousser les menaces grandissantes de l'Etat islamique sur ses frontières avec la Syrie.Nous sommes à la fin du mois d'avril. Un soleil rayonnant éclaire les maisons toutes blanches de la capitale, Amman. Mais le vent frais empêche encore l'été de s'installer. Dans les faubourgs de la ville, les champs ont fleuri. Les familles ont retrouvé la joie des sorties. Tous les vendredis, les Jordaniens investissent les champs verdâtres situés aux abords des routes nationales pour pique-niquer et passer la journée loin du brouhaha de la ville.A Amman, la modernité côtoie sans complexe l'ancestralité et chaque pierre raconte une petite histoire. Construite sur un relief montagneux (900 mètres d'altitude environ), la ville est divisée en deux ensembles. La partie supérieure, où se trouvent les quartiers riches et prospères comme Abdoun, Deir ghbar, Souifiyeh, ou même Shmeissani, et la partie inférieure, que les gens ici appellent le «Downtown», c'est-à-dire le centre historique.Le théâtre romain, une prouesse architecturale au c?ur de la villeSi la partie haute de la ville est plutôt monotone, avec ses villas à couper le souffle, ses hôtels, ses cafés à l'occidentale et ses McDonalds, la ville basse, en revanche, est très animée. C'est le c?ur de la ville qui ne s'arrête jamais de battre. De nuit comme de jour. C'est dans cette partie que se déversent les milliers de touristes venus du monde entier. Insouciants, ils déambulent dans les petites ruelles rétrécies du quartier, à la découverte des sons et des odeurs de l'Orient.Il faut traverser huit cercles (sorte d'arrondissements) pour arriver au centre-ville. Et peu importe l'endroit où vous vous trouvez, il suffit juste de descendre, et descendre encore, pour l'atteindre. C'est un peu comme Alger, mais Amman est encore en plus élevée. A "Downtown", la vie grouille comme le font les quartiers populaires orientaux. Les gens courent dans tous les sens.On y trouve de tout et à des prix abordables comparativement aux «Malls» situés dans les quartiers chic. C'est le «Amman populaire» avec toujours cette sensation intérieure d'être à quelques kilomètres seulement de la Palestine. D'ailleurs, 70% des habitants de la Jordanie sont des Palestiniens à l'origine. Ils sont arrivés par vagues successives, expulsés par Israël en 1948 et en 1967.Dans leurs valises et baluchons, ils ont ramené leurs traditions, leur culture si riche et si diversifiée, leur savoir-faire et leur sens du commerce. Ce qui rend le centre-ville encore plus intéressant, ce sont les vestiges culturels qui s'y trouvent. A commencer par le théâtre romain de 6000 places. Il se situe au c?ur même du "Downtown". C'est l'un des plus vieux théâtres au monde, avec une grande scène en contrebas. En été, on y organise des soirées musicales.Colonnes d'Hercule et magnifique vue sur AmmanIl faut être téméraire et ne pas craindre le vertige pour monter les centaines d'escaliers menant au sommet du théâtre. Une fois atteint, la vue est incroyable. Un théâtre semi-circulaire taillé dans la roche. Il servait d'arène pour les gladiateurs romains et autres joutes de l'époque. La descente n'est pas facile non plus. La hauteur des marches en pierres ongulées indispose les genoux.Une fois redescendus, vous pouvez admirer les deux petits musées situés à droite et à gauche de l'entrée du théâtre. A l'intérieur, on peut découvrir les jolies robes de femmes bédouines, les ustensiles utilisés par les nomades du désert et tout ce qui touche à leur vie quotidienne. Ceux qui sont très attirés par la civilisation romaine peuvent remonter les ruelles escarpées du centre-ville en direction de la citadelle de Amman.Elle est située en haut de la ville et la domine en entier. Comme une carte postale. On peut découvrir les colonnes d'Hercule et autres vestiges de la civilisation romaine plus au moins maintenus en bon état. Une sensation de voyage dans l'histoire vous envahit soudainement en découvrant les tombeaux funéraires entreposés dans des grottes et autres cavités qui témoignent de la richesse de cette époque. La découverte de l'histoire foisonnante et riche de la Jordanie ne peut s'arrêter là. Il faut à nouveau prendre la direction du Musée national situé juste à la sortie du centre-ville.La visite en vaut la chandelle. Regorgeant de pièces et de tableaux rares qui témoignent de la civilisation des Romains et des Nabatéens, le musée est un voyage fascinant dans l'Antiquité et l'histoire de la région jadis appelée «Al Cham». On découvre le récit des Nabatéens, cette ancienne tribu de la péninsule Arabique venue s'installer dans le sud de la Jordanie il y a plus de 2200 ans. C'est l'un des peuples des plus doués de l'histoire. On retrouve notamment sa trace et son talent à Petra, cette cité qui fait partie des sept merveilles du monde.Petra, la cité des dieux imposantsPour visiter Petra, il faut prendre la voiture et rouler durant trois heures en direction du sud de la Jordanie. Là-bas, un autre monde magique irréaliste vous attend. Décrire Petra n'est pas une chose facile. Les mots manquent et l'esprit se perd au vu de toutes ces majestueuses pierres qui racontent sans discontinuer l'histoire de l'humanité. Petra est unique à tous les égards. Cette cité à la couleur ocre remonte à plus 2200 ans. Ville des Nabatéens, ces bédouins fiers et intelligents, elle a été un carrefour commercial et culturel singulier.Le chemin par lequel passaient tous les caravaniers du désert, qui se rendaient soit en Syrie ou en Palestine, ou qui traversaient le désert du Sinaï et du Néguev pour écouler leurs marchandises. Imposante, silencieuse, surprenante, on dirait qu'elle est habitée par des dieux invisibles qui vous regardent et vous écoutent lorsque vous marchez sur les dalles ancestrales. Véritable site archéologique, Petra attire chaque année des millions de touristes qui viennent découvrir ce lieu majestueux figé par le temps.Il faut compter au moins trois jours sur place et un bon guide local pour faire le tour de toutes les merveilles qui se cachent à l'intérieur du site. Le conseil est de partir tôt le matin à la fraîcheur pour admirer les tombeaux royaux, comme celui de l'Obélisque de Bab As Siq, d'influence égyptienne, ou le Palais de la fille.Vous pouvez également aller à la recherche «d'Al Khazneh» (le trésor) qui date du premier siècle avant Jésus-Christ. C'est le tombeau d'un roi nabatéen important. S'il vous reste de la force et que votre corps ne vous a pas lâché, vous pourrez alors escalader les 800 marches pour atteindre le sommet duquel on admire les longues plaines d'Aqaba. Les moins actifs pourront monter à dos d'âne ou de cheval, même si ce n'est guère confortable.Le soir, du sommet, on peut admirer l'admirable coucher du soleil qui tombe doucement sur Israël et l'Egypte. Mais à Petra, la soirée ne fait que dans les multiples hôtels et cafés où l'on fume la «chicha» et on mange les plats locaux appelés «mennsef et maklouba» (un mélange de riz préparé avec la tradition locale et la viande) en buvant une bière fraîche susceptible de vous faire oublier les kilomètres parcourus en plein soleil dans cet endroit plein de mystères.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yacine Farah
Source : www.elwatan.com