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A la casbah, plus personne ne croit au miracle



La Casbah est la localité surplombant le port d'Alger. Construite sur le flanc d'une colline jusqu'à son sommet, cette cité millénaire témoigne de la touche des Phéniciens, du passage des Romains, qui fondèrent «Icosium» comme le démontrent des pièces de monnaies antiques, et des sarcophages récemment découverts par des géologues.La Casbah d'aujourd'hui, correspondrait à l'antique médina, bâtie par Bologhine Ibn Ziri en 960 ; Cette bourgade a été classée patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992 et fut reconnue comme site historique national en novembre 1991, avec des textes juridiques censés assurer sa protection en tant que richesse culturelle. Hélas, il n'en sera pas ainsi, en dépit des plans de sa préservation, des études pour sa restauration et des enveloppes financières pour sa régénération selon le style architectural particulier attribué à la civilisation berbéro-arabe. La Casbah commémore chaque année sa «journée nationale» le 23 février, cependant, ces rencontres protocolaires n'ont pas empêcher ou ralenties l'effritement des maisons ou des palais souvent luxueux qui constituaient un mode de vie spécifique, conçu pour protéger les résidents des vents glacés en provenance de la Méditerranée, sinon des canicules en période estivales. Armin Dürr, architecte allemand qui a travaillé au titre de la coopération technique en tant qu'architecte au sein de l'atelier Casbah en collaboration avec d'autres architectes pour l'avant-projet du plan de d'aménagement de la vieille ville, en continuation du plan d'aménagement préliminaire/ Projet de revitalisation de 1981, a été lors d'une visite à Alger ces dernières années surpris désagréablement par le constat, que La Casbah non seulement n'a pas été réhabilitée, mais que son état s'est considérablement détérioré. A ce sujet il écrira : «Dans ma mémoire se forment des images de maisons intérieurement bien conservées, richement décorées et en bon état. Mais on a du mal à les trouver aujourd'hui ! Je n'ai pas trouvé une seule maison en excellent état, bien entretenue et conservée pour fasciner l'?il de l'architecte.» Maisons fissurées, effondrements, bidonvilles, ruelles barrées par les chutes de pierres se déroulent journellement dans l'indifférence générale, témoigne un collègue habitant encore La Casbah où il est né. Cette dégradation par l'usure du mortier des maisons construites de l'aval au sommet de la colline s'accélère inexorablement avec le temps, faute d'entretien. Ces pertes des vestiges historiques se fait dans l'indifférence presque générale, hormis pour ses natifs, ne sachant plus à qui s'adresser pour espérer voir cet endroit unique bénéficier des égards qui lui sont dus pour sa renaissance, non seulement architecturale, mais également culturelle. Nacer, évoque sans ambages le bricolage de certains programmes de rénovation. Il nous dira en réalité que tout ce qui a été entrepris depuis des décennies se limite à du raccommodage de façades, à l'exemple de «l'immeuble mitoyen à la mosquée Ketchaoua qui vient d'être repeint à la chaux.»
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