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A l'odieux chantage, la lame...



A l'odieux chantage, la lame...
Abdelkader Abed apprend que Marzouk détient des photos de sa fiancée sur le portable. Il prend un couteau...
Un ado vole un portable. Jusque-là il n'y a rien d'extraordinaire. Ce qui va suivre est franchement déroutant. Qui dit la vérité' Qui cache des choses' Le même ado trouve des photos de la propre fiancée de la victime du vol, en l'occurrence l'inculpé de coups et blessures volontaires à l'aide d'une arme blanche ayant causé une incapacité de travail. Et tentée par Satan, la victime qui s'appuie ce jour sur une paire de béquilles face à Douniazed Djerroud, la juge d'El Harrach (cour d'Alger) va débuter un carrousel de chantage vis-à-vis de la fiancée agacée, la jeune fille se plaint à son entourage du comportement de Marzouk Adel Abed Abdelkader le fiancé apprend la chose. Il voit rouge.
Ce chantage lui donne le feu vert pour se faire justice. Il le prend par derrière, place la pointe du couteau et exige la remise du portable. Durant les débats, ce fut un dialogue de sourds entre les antagonistes. Pour l'inculpé, la victime est une véritable «crapule» au comportement de voyou qui a atteint en plein coeur le prestige et l'honneur de la famille.
Pour la victime, tout est faux et son mobile ne contient aucune photo compromettante. Entre ces deux positions, il y a le témoignage crucial de la fiancée-témoin-victime qui a préféré ne pas se déplacer à la barre. Elle aurait déclaré à sa famille que Marzouk était venu l'informer qu'il avait ses photos à regarder.
Durant les 78 minutes de débat, il n'y avait que de l'électricité dans l'air. Les adversaires évitaient de se regarder surtout que la juge, enveloppée dans une robe plus noire que le foulard qui couvre la tête, le cou et un pan du haut de la poitrine, était vigilante. Le procureur, lui, n'attend que les moments durant lesquels il posera de bonnes questions.
Des dizaines de questions- réponses vont fuser. La juge, le procureur et les trois avocats s'en donnent à coeur joie. «Grâce à une bonne climatisation, nous arrivons à suivre. Pourquoi ne pas avoir discuté avec lui'» demande, soucieuse Douniazed Djerroud, décidée à trancher ce triste et grave procès devant une salle comble où étaient très mal installés les parents de la victime. La maman a même ramené avec elle le pantalon ensanglanté aux trois-quarts.
Comme si ce tissu était forcément une preuve suffisante. Maître Rouibet, l'avocate de Marzouk affirmera même que le procureur a entendu la victime tout en sang, le coup porté à l'arrière étant vachement sale. «Il y a bien des gens que vous connaissez, que vous auriez pu envoyer ramener votre portable. Alors'» insiste la présidente qui va même réunir un petit speech qui s'apparente à un prêche dans le minbar d'une mosquée. Autant la victime parlait, autant l'inculpé hochait négativement la tête.
Assurant qu'il n'a connu la victime qu'au CEM, Abdelkader Abed s'accrochera au sale coup d'atteinte à l'honneur. «Votre coup aurait pu toucher le coeur et cela aurait pu vous mener à la crim. Ou encore, la lame aurait pu transpercer le rein et vous seriez jugé pour coups et blessures volontaires à l'aide d'une arme blanche ayant entraîné l'ablation d'un rein.
Constatez vous-mêmes les dégâts moraux causés à votre entourage» récite la magistrate du siège qui pêchera les mouvements de tête, avertissant que sa plaidoirie se fera sur la croupe d'un étalon noir, juste pour aller dans le sens que si le monde était monde, les rôles auraient été autrement dans le «casting».
Et plus tard, Maître Lamouri expliquera que c'est Marzouk qui aurait dû être poursuivi en attendant le sort qu'Allah lui réserve le jour J. De chauds débats, Ouallah, à la veille du mois sacré où tous les interdits seront bannis. L'inculpé devra attendre encore plusieurs jours en taule avant d'être fixé sur son sort. Mais est-ce vrai que la vengeance est un plat qui se consomme frais' voire.
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