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A l'approche de l'Aïd, les Algériens dépensent moins pour les besoins du ramadan



A l'approche de la fête de l'Aïd El Fitr, les Algériens semblent moins enclins aux dépenses frénétiques liées aux produits de consommation de base, contrairement aux premiers jour du mois sacré.N'en déplaise aux marchands de légumes, fruits et autres denrées largement consommées durant le mois de jeûne, la demande enregistre une baisse sensible comme l'attestent, non sans dépit, les tenants des différents étals qui se veulent le plus alléchant possible.
Au marché Ferhat Boussâad (ex-Meissonnier) à Alger-Centre, la fréquentation était loin d'être dense en début d'après-midi et certains commerçants se sont sentis contraints à des efforts gestuels ou verbaux pour attirer les clients.
"C'est de la bonne et toute fraîche marchandise, vous ne le regretterez pas", lance un vendeur de fruits au passage d'une dame qui s'arrête et marchande avant de se décider pour 500 g de cerises, cédés au prix de 700 DA le kilo.
Et au marchand de déplorer qu'en dépit d'une baisse évidente sur les prix frôlant les 50 % pour certains produits, l'on "ne se bouscule pas" devant les étals.
"D'habitude à cette heure-ci, le marché est bondé de monde, de plus on constate de nouveaux comportements comme celui d'acheter en pièces plutôt qu'au kilo y compris pour ceux qui en ont les moyens", explique Mohamed, la cinquantaine bien entamée.
Son voisin d'étal, vendeur d'herbes aromatiques, va dans ce sens et estime que, comparativement aux années précédentes, les Algériens se sont montrés moins "avides" cette année, hormis les 2 ou 3 premiers jours qui connaissent souvent une "agitation".
A son avis, cela tient au fait que le marché ne représente plus le seul point d'approvisionnement depuis la multiplication des centres commerciaux et la prolifération des marchands ambulants qui affichent des prix plus abordables.
Face au marché, un modeste local est aménagé pour la vente de la galette traditionnelle, dont la préparation et cuisson sont quasi ininterrompues, mais dont la demande n'est pas suivie avec le même rythme, constate avec dépit Kamel, l'un des employés.
Au marché Stambouli (ex-Nelson) à Bab-El-Oued, l'animation est plus évidente mais les "complaintes" des locataires des étals sont quasi identiques quant à la diminution de la fréquentation.
"Les gens ont l'air, plus qu'avant, de n'acheter que ce qui est nécessaire", constate un vendeur de légumes alors qu'un client se demande "à quoi bon acheter ce dont on n'a pas forcément besoin d'autant plus qu'avec ces chaleurs, les produits périssent rapidement", avant de relever la propension des jeûneurs à boire plus qu'à manger durant cette saison de grandes chaleurs.
"Les Algériens investissent de plus en plus dans l'achat d'appartements ou de véhicules, ce qui les oblige à réorienter leurs priorités, et puis c'est tant mieux qu'ils gaspillent et focalisent moins sur leur +ventre+ mais sur autre chose", pense Amina, une fonctionnaire.
Comportements compulsifs et...pavloviens
Il est de notoriété qu'une proportion non négligeable d'Algériens adopte durant le Ramadhan des comportements compulsifs, déraisonnables et qui prennent des allures insolites parfois. Les récits à ce propos ne tarissent pas et se disputent d'"ingéniosité" et d"'irrationnel".
Face aux étalages alléchants des fruits, gâteaux et autres pains briochés qui caractérisent le mois sacré, les appétits sont éveillés et les bourses sollicitées, mais chez certains, cela suscite des achats incontrôlés qui font totalement fi de la facture salée.
Ceux qui achètent sans se rendre compte "du pain chez des boulangers différents" seraient nombreux, assure-t-on tout autant que ceux qui "craquent" face aux effluves puissantes des variétés d'olives et d'épices ou devant les innombrables variétés Ceux qui sont capables de faire la queue pendant un temps infini pour repartir avec un litre de jus de citron (Cherbat) dont les composants "naturels" laissent souvent sceptiques.
Et à un citoyen qui raconte qu'un ami à lui est capable d'aller d'Alger jusqu'à Boufarik (Blida) pour revenir avec dans les mains tel un trophée la "Zalabia" qui fait la réputation de cette ville.
Le même "sacrifice" est consenti pour acquérir un morceau de dinde en parcourant la distance séparant Alger de Magtâa Khira (environ 35 km) car n'imaginant pas sa table "complète" sans le mets qui en découlera. Idem pour obtenir le "lben" de Koléa, la pastèque de Boumerdés, etc.
Les formules et autres expressions qui tournent en dérision ces comportements se veulent ironiques : mois "sucré" pour remplacer "sacré" et désigner la consommation excessive en friandises mielleuses.
Quels que soient le gaspillage et les risques sur la santé que ces comportements induisent, il s'en trouvera toujours des inconditionnels de la "panse" bien remplie et qui entretiennent un rapport pavlovien avec la dépense et la consommation ramadanesques, se plaisent à conclure certains citoyens.
Le Ramadan tire à sa fin et les bourses ne sont pas pour autant appelées à connaitre une clémence dans les dépenses. Les marchés de fruits et légumes, en dépit de la baisse des prix ne connaissent pas la même affluence des premiers jours du mois sacré. Place aux articles vestimentaires, fête de l'Aïd oblige.
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