
A 10 dinars la pièce, voilà qui fait le bonheur des revendeurs des figues de Barbarie et des nombreux adeptes de ce fruit millénaire Au marché Amar El-Kama (ex-Chartres) on se bouscule pour goûter ce fruit rafraîchissant qui laisse une saveur acidulée dans la bouche. Ami Amar, sexagénaire, qui tôt le matin s'est installé au bord du marché des fruits et légumes, doit être heureux. Sa journée commence bien. A 9 heures précises, le carton où sont jetées les épluchures des figues de Barbarie est déjà plein. Avec son couteau bien aiguisé, invitant à tue-tête les passants, dont beaucoup ne se privent pas de marquer un arrêt pour déguster le fruit, Ami Amar vient de faire sa première apparition dans ce marché. Tout le monde paraît tenté par cette « invitation » tonitruante. Cette année, le prix a pourtant augmenté de 100 %. « Pourquoi ' », avons-nous demandé. Ami Amar, quelque peu hésitant, finit par nous expliquer : « Les tarifs de la cueillette et du transport de Koléa à Alger ont augmenté. » Mais il fera remarquer que le fruit de cette année est bien charnu par rapport à celui de l'année dernière. Une seule figue suivie d'une gorgée d'eau pourrait caler le ventre toute la journée. Ami Amar ne chôme pas. Certes, il n'y a pas de bousculade devant son étal de fortune mais les adeptes sont nombreux. Peut-être qu'ils profitent de la fraîcheur matinale avant que le soleil ne soit au zénith. Ami Amar a pris le soin d'asperger ses fruits avec de l'eau et de les recouvrir d'un sac de jute humide. Les épines, Ami Amar, il n'en a cure. Ses mains calleuses sont hermétiques aux épines et aiguillons. Le vieil homme n'a pas besoin de gants pour trancher l'épaisse peau qui recouvre le fruit. En une fraction de seconde, le fruit à la chair jaune ocre luisante parsemé de points noirs est tendu au client. En général, au bout de la deuxième figue, on est rassasié. D'autres préfèrent acheter un kilo emporté dans un sachet pour le mettre au frais. Ami Amar ne tarit pas d'éloges sur les bienfaits et les vertus de la figue. Il nous confie que « durant l'été, la figue de Barbarie ne quitte pas sa table à midi comme le soir ». Bien sûr, il met en garde contre ce fruit qui, consommé abusivement, provoque une constipation. Même sur le plan nutritionnel, Ami Amar se révèle un expert. « La figue rafraîchit, en plus elle est gorgée de nutriments indispensables pour le corps », dira t-il. En plus, elle ne demande ni à être plantée ou arrosée ou encore entretenue. Comme la majorité des cactus, la figue de Barbarie pousse à l'état sauvage. « A Azazga, ma région natale, elle sert même de clôture pour les maisons », explique-t-il. Quand elle est boudée par les habitants, les oiseaux s'en adonnent à c'ur joie enfonçant le bec jusqu'à la pulpe. Sa cueillette est particulière. Rares les personnes qui maîtrisent la collecte à l'aide d'une gaule. Ensuite, il faut frotter avec attention la figue dans l'herbe pour enlever le gros des épines avant de la mettre dans le cageot. Se déclinant sous différentes couleurs, allant du vert au jaune avec ses multiples nuances et à l'ocre, ce fruit mérite une place sur la table vu sa saveur douce et acidulée même si le prix de 10 DA l'unité n'incite pas à sa consommation régulière. Certaines régions du pays organisent des journées spéciales pour célébrer et valoriser ce fruit, au même titre que la figue et l'huile d'olive. Economiquement, il représente un atout certain pour fabriquer l'huile essentielle utilisée en cosmétologie. Ce fruit typique du Bassin méditerranéen peut être transformé en confiture ou en jus.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rabéa F
Source : www.horizons-dz.com