
Claude Bartolone et Larbi Ould KhelifaCette grande commission «c'est bien davantage qu'un acte diplomatique, c'est l'hommage d'un peuple à la souveraineté d'un peuple frère».Le troisième personnage de l'Etat français, en visite de travail en Algérie a délivré quelques messages clés, à l'adresse des officiels algériens, plaidant ouvertement pour le dépassement des entraves «conjoncturelles» qui pourraient empêcher les relations algéro-françaises de se développer davantage. Le président de l'Assemblée nationale française a fortement insisté, lors d'un entretien accordé à l'APS pour «poursuivre le renforcement remarquable de la coopération dans tous les domaines». La question de la photo du président Bouteflika twittée par le Premier ministre français, Manuel Valls, a été frontalement abordée par le journaliste de l'APS. «Cet incident est clos et il ne doit pas nous faire perdre de vue la profondeur et la qualité des relations franco-algériennes depuis 2012. Nous comprenons l'émotion suscitée par cet incident et le regrettons. Toute intention particulière serait en contradiction totale avec la qualité exceptionnelle des liens que le gouvernement (français) actuel s'est attaché à développer avec l'Algérie», a répondu Claude Bartolone. La franchise dont a fait montre l'hôte de l'Algérie suppose que la question a été abordée à Paris et l'Elysée a senti la nécessité d'une réaction publique sur le twitt du Premier ministre français. Il faut dire que sans que l'on sente une quelconque remise en cause de la fonction de Valls à la tête de l'Exécutif de son pays, il y a tout de même une forme de désolidarisation du troisième personnage de l'Etat à l'encontre de son Premier ministre. En fait, l'exercice difficile de Claude Bartolone a consisté à dire des choses vraies, mais sans aller jusqu'au bout. Une sorte de démarche diplomatique que les autorités algériennes, espère-t-il sans doute, comprendraient au vu de la conjoncture politique que traverse son pays.Cet aspect des rapports entre Alger et Paris franchement abordé, M.Bartolone a mis en exergue le chemin parcouru par les deux pays dans le cadre d'un partenariat multiforme où l'économique prend sa part, sans totalement convaincre. Citant les projets déjà réalisés, il a plaidé pour la mise en oeuvre de tous les dossiers discutés lors de la dernière réunion du Conseil intergouvernemental de haut niveau qui s'est tenu en avril dernier et s'est terminé par la gaffe de Valls. Un point important a également été évoqué par Claude Bartolone dans son entretien, avec presque autant de convictions que l'histoire du twitt. Il s'agit du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Pour le président de l'Assemblée nationale française, son pays «soutient, pour la question du Sahara occidental, la recherche d'une solution juste, durable et mutuellement agréée, sous l'égide des Nations unies et conformément aux résolutions du Conseil de sécurité». Une phrase certes bateau, mais qui apporte une réponse à la volonté d'Alger d'ajouter la question sahraouie à la liste de sujets internationaux à débattre entre l'Algérie et la France. Un premier pas que poursuivront les nouveaux gouvernements de part et d'autre. Mais d'ores et déjà, l'Etat français, par la voix de son troisième personnage, se félicite de la décision du Conseil de sécurité de l'ONU portant sur le renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental pour un an. «Ce renouvellement était indispensable précisément pour maintenir le cessez-le-feu et faire avancer la situation vers un règlement pérenne. Toujours dans cet objectif, notre souhait aujourd'hui est que la Minurso puisse reprendre rapidement le plein exercice de ses fonctions», a indiqué l'hôte d'Alger.Cela au niveau des messages. Pour ce qui concerne la grande commission interparlementaire France-Algérie, celle-ci a touché à tous les sujets et montré une grande convergence de vue entre les Parlements algérien et français, notamment sur la question de la lutte antiterroriste qui a amené Claude Bartolone à reconnaître la justesse de vue de l'Algérie, bien avant que n'éclate la guerre mondiale imposée aux civils de Syrie, de France et d'ailleurs. «Toutes les actions de coordination régionale doivent s'inspirer de la grande expérience de l'Algérie dans la lutte antiterroriste. Vous disposez de cette expérience (et) l'Histoire vous a contraints à la construire», a souligné Bartolone, pour qui cette grande commission «c'est bien davantage qu'un acte diplomatique, c'est l'hommage d'un peuple, à la souveraineté d'un peuple frère». Une intonation presque surprenante dans la bouche d'un officiel français de ce rang. L'on est là, très loin du comportement de petit politicien qui prend une photo en douce pour la partager sur un réseau social.Reçu par le Premier ministre et le président du Conseil de la nation, Bartolone a souscrit à l'analyse d'Abdelkader Bensalah affirmant que la sécurité de l'Europe et de la rive nord de la Méditerranée est liée à celle de la rive sud.Enfin, cette visite a-t-elle remis de l'ordre dans le couple algéro-français' l'avenir nous le dira.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Saïd BOUCETTA
Source : www.lexpressiondz.com