Témoignage - Exaspérées par ce qu'elles qualifient de campagne de dénigrement acharnée contre les femmes de la Révolution, Fettouma Ouzegane et Louiza Oudarene nous livrent leurs impressions.
Pour les concernées, elles-mêmes, cette campagne : «a commencé depuis 1962, mais nous étions trop occupées après les détentions et les souffrances, pour nous en préoccuper à ce moment-là», ont indiqué Fettouma Ouzegane et Louiza Oudarene.
«Les moudjahidate et veuves de guerre avaient tellement à faire avec le statut de bonnes à tout faire qu'on nous a imposé. C'était impensable !», ont-elles insisté avant de poursuivre : «Alors que sans nous, ceux qui nous dénigrent, seraient, encore, des indigènes. Les femmes sont sorties dans la rue, ont lutté pour l'indépendance du pays et maintenant ils pérorent !»
«Depuis 1962, les femmes, les moudjahidate en particulier, ont été trahies. Sur le plan politique, de la confiance et de l'histoire. Et on continue de le faire en dépit de notre engagement», témoigne Louiza Oudarene pour qui cette campagne est «une manière de salir notre image !». «Débaptiser les institutions qui portaient le nom de Malika Gaïd ! La remplacer par Dahmane el Harrachi, on respecte sa mémoire, on aime ses chansons, mais de là à la remplacer par son nom !!''», s'exclame-t-elle, ajoutant que ceux qui «nous dénigrent sont instrumentalisés. Ils ont besoin de cela, mais ils ne nous atteignent pas car nous en avons l'habitude».
Elle explique que «certaines sont ciblées car elles n'ont pas quitté le terrain depuis 1955». Elles ont, «combattu les injustices, d'où qu'elles venaient. Nous les gênons. Les responsables de certains journaux ont oublié que sans les moudjahidate ils seraient restés des indigènes.
Le seul statut qui leur aurait été accordé est, au maximum, celui de berger», souligne Mme Ouzegane née en 1928 à La Casbah où elle a fourbi ses armes de combattante. Cette dernière n'est autre que la nièce de Amar Ouzegane, le haut responsable du Parti communiste algérien (PCA), devenu conseiller du Comité de coordination et d'exécution du FLN. Elle estime que «non seulement l'indépendance de l'Algérie nous a été confisquée, mais en plus aujourd'hui on nous dénie notre militantisme et notre engagement». «Les Algériens devraient consulter les livres. Entre autres, R.Gallissot, pour connaître leur histoire ! Le combat pour nous est une continuité dans les générations», affirme-t-elle. «Que nous reproche-t-on ' D'être des commerçants ' Nos magasins au centre-ville d'Alger nous appartiennent depuis les années 50 .Qui a des comptes à régler avec nous '» se demande-t-elle.
«Nous sommes les seules qui n'ayons pas baissé les bras depuis 1955. Nous avons soutenu les actions de tous ceux qui nous ont sollicitées, malgré l'âge et les maladies.
Il y a encore des injustices. Nous les gênons car nous ne pouvons pas rester à l'écart des problèmes de notre société», selon Mme Ouzgane. Louiza Oudarene abonde dans le même sens : «Nous refusons les dénigrements des femmes moudjahidate. Nous devons rester fortes, nous avons mangé dans les mêmes gamelles, nous avons subi les mêmes souffrances, donc personne n'a le droit de critiquer l'autre.» «Ce sont des dérapages», concluent les deux moudjahiddate.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com