«Il n'y a qu'un jeune qui peut comprendre les jeunes et les problèmes des jeunes», nous fait remarquer un membre du groupe algérois de rap Dirty 16.
De même, il n'y a qu'un rappeur qui peut vraiment comprendre un autre rappeur. En Occident, ce sont des rappeurs devenus producteurs qui ont permis à la chanson rap de s'imposer sans faire trop de concessions au star system. A titre d'exemple, Dr Dree a produit une multitude d'artistes comme Snoop Dogg, Eminem ou The Game. Trêve de blabla, des actes ! Dirty 16 décide de fonder une maison d'édition qui porte le nom de Dirty 16 Production, tout simplement. Mister A.B., Fifo et leurs amis réunissent toutes leurs économies afin de réaliser leur rêve. «Nous avons vendu jusqu'à nos téléphones portables pour réunir l'argent nécessaire», avouent-ils. Ce rêve est maintenant devenu une réalité. «Personne ne nous a aidé. Mais nous, on veut aider les rappeurs algériens qui ont des difficultés», nous a confié le rappeur Mister A.B. «On veut aussi contribuer au second souffle du rap algérien, et nous sommes heureux que le groupe Intic va faire son come-back dans notre studio », continue son pote, le compositeur et producteur Fifo. A travers leur propre exemple, le message de Dirty 16 aux jeunes est clair : au lieu de parler inutilement, montre ce que tu sais faire ! Ce message, il l'a déjà lancé dans le morceau BWT (Biyen wach taâraf) dont le clip (super) a été réalisé par Haroun Letlat. Le groupe Dirty 16 est formé de Mister A.B., King MC, Kiza King, Mo Black et Fifo. Son premier album intitulé 100% Dzayer est sorti en 2010 (HD Music). Il sera suivi par Dirty Mentality (Queens Record), sorti une année plus tard. Actuellement, il prépare son troisième album, déjà dans la phase de mixage, tout en préparant une tournée en Algérie qui va coïncider avec la fête de la jeunesse et de l'indépendance et qui sera organisée par l'ONCI. Il faut voir Dirty 16 sur scène pour le croire. Leurs concerts sont tout un spectacle, et dans ce domaine, ils se considèrent comme étant des «perfectionnistes ». «Nous remercions nos fans. C'est grâce à eux, à leurs encouragements et à leur pression que nous avançons et cherchons, chaque fois, du nouveau», avoue encore Mister A.B. «Nous aurions pu partir à l'étranger, mais l'Algérie est notre pays et nous resterons ici. S'il vous plaît, ne nous poussez pas à partir», est un autre cri du cœur que lance Mister A.B. au nom de ses amis. Dans le nom du groupe, «16» c'est bien sûr Alger. «Dirty», c'est par rapport au style du groupe. Le dirty south est un style de rap originaire du sud des Etats- Unis. Parti de rien, il a réussi à développer une identité propre, très différente des deux grands styles de rap américain que sont le West Coast et le East Coast. Une des références du dirty south, le rappeur Young Buck, ancien membre du groupe G-Unit, est né à Nashville, dans le Tennessee, noms qu'il transformera en Cashville et Ten-A-Key.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kader B
Source : www.lesoirdalgerie.com