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8es JOURNÉES COMMUNICATION ET PUBLICITÉ



8es JOURNÉES COMMUNICATION ET PUBLICITÉ
Tous les ans, depuis 8 ans, se tiennent à Alger, les rencontres portant sur la communication publicitaire. Celles de cette année viennent de se dérouler sur deux jours, les 14 et 15 novembre, organisées par RH International Communication.Inlassablement, les mêmes appels sont lancés, par l'organisateur de ces rencontres, Rachid Hassas, comme par les participants à ces joutes annuelles : il faut que les agences de communication — environ 3 000 en Algérie — s'organisent.L'appel ne semble pas entendu, mais comment pourrait-il en être autrement lorsqu'en dehors d'une quarantaine d'agences qui peuvent se prévaloir du métier, le reste navigue et surfe sur n'importe quoi et n'importe comment ' Beaucoup d'amertume face au peu d'intérêt accordé à cette manifestation, dont cette 8e édition, si elle a réuni peu d'agences, a réussi toutefois à faire que ceux qui y ont pris part, ont eu le bonheur de vivre des échanges très riches sur la communication publicitaire, de saisir l'état actuel de son développement et de faire le tour de ses enjeux.Comme il fallait s'y attendre, l'autorégulation, la régulation et la professionnalisation de la publicité présentée comme corollaire ont pris une part importante dans les communications présentées comme dans les débats ouverts qui s'en sont suivis. Aujourd'hui, a-t-il été annoncé, si environ 3 000 agences de communication et de pub sont recensées (données du registre de commerce), seules 40 d'entre elles se partagent le marché publicitaire.La faille première est que, naturellement, il n'y a pas de fichier national ni de guide et l'on ne sait pas qui fait quoi, rappelle encore une fois Hassas qui note «qu'il y a nécessité de se faire connaître et de faire valoir ses compétences dans un souci de transparence et d'identification des acteurs».Pour l'heure, les agences existantes ne sont organisées ni dans une association du métier, ni dans une fédération, ni encore dans aucun syndicat professionnel et tous ces intervenants d'agence «se promènent et évoluent sur n'importe quel terrain», selon Hassas et de nombreux intervenants.Le deuxième impératif qui découle de cet état est «la régulation et/ou l'autorégulation de ce marché. Si comme il a été dit «pas loin de chez-nous (Maroc '), l'ordre a été mis dans le désordre», en Algérie aujourd'hui on s'attelle à le faire par la préparation sinon le bouclage de près de 30 textes, nous annonce-t-on, devant régir l'activité. Lorsque la question a été posée de savoir si ces textes ont été ou sont préparés avec les professionnels, force est de constater que la réponse apportée a été des plus vagues pour ne pas dire des plus alambiquées.Réguler ou s'autoréguler ' L'un n'est pas exclusif de l'autre, a défendu Stephane Martin, directeur général de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP, France) dans sa communication largement consacrée à la cœxistence en France d'un «droit souple» conçu et édicté par les professionnels et d'une régulation publique.Les mécanismes de ce droit souple, autrement dit de cette autorégulation ont été développés par des exemples précis mettant en relief les cas d'avis négatifs de certaines pubs évitant que celles-ci ne soient rejetées par l'organisme de régulation publique. L'autorégulation est une norme partagée par les professionnels, une autodiscipline, une norme concrétisée par une charte d'engagements qui tient compte de l'écoute des annonceurs, des agences, des médias et surtout du consommateur final auquel est destinée la publicité, le tout «en toute responsabilité» et sans atteinte à la créativité des publicitaires. Relevons enfin la communication, très intéressante et pour le moins perturbante, de Dominique Wolton, directeur de recherche au CNRS, président du Conseil de l'éthique publicitaire France et fondateur de la revue spécialisée de communication Hermès.Le politologue et sociologue consacra sa conférence à la «Méditerranée, un enjeu de communication interculturel». Voulant battre en brèche les idées reçues sur les bienfaits incommensurables de l'extraordinaire avancée technologique des nouveaux médias – internet, youtube et autres dérivés —le conférencier a très fortement insisté sur «le décalage croissant entre la performance de ces outils et en face, l'extrême lenteur et complexité des relations humaines».L'information n'est pas, rappelle le conférencier, la communication et qu'y a-t-il, interroge-t-il, d'universel et de points de vues pluralistes, de valeurs universelles de la démocratie dans la mondialisation de l'information ' «Vous pouvez avoir 7 millions d'internautes et autant de gens qui se haïssent.» Tout simplement parce qu'il y a effectivement information et celle-ci va trop vite, mais il n'y a pas communication, désir de connaître l'autre, sa culture, sa différence.Les deux journées de travaux ont été bien denses en échanges d'informations : à noter notamment, la communication riche de Riadh Aït Aoudia, P-dg de Medialgérie consacrée à «l'état, enjeux et perspectives de la publicité en Algérie» et celle de Nadjiba Badi Boukamidja universitaire sur «la protection juridique de la publicité».Quant aux attentes, elles sont liées au contenu de la multitude de textes sur la profession et sur lesquelles, le ministre, Hamid Grine, présent à la première matinée des travaux, n'a malheureusement pas communiqué, comme n'a rien dit d'ailleurs la responsable de son cabinet qui a pris part à la clôture des travaux.


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