Pendant longtemps, les gens ont été forcés de fuir leur pays du fait de
la famine, d'une pauvreté extrême et des guerres, en quête d'une vie meilleure.
Les migrations, qui ne connaissent aucune frontière géographique ou légale,
seront peut-être l'un des problèmes centraux de ce siècle. L'immigration
clandestine est désormais un problème délicat auquel se trouvent confrontées
les nations en développement. Malgré les dispositifs de lutte mis en place par
différents pays, le phénomène de l'immigration clandestine prend de plus en
plus d'ampleur. Les autorités algériennes sont aussi confrontées à ce problème
de grande envergure, lié à l'afflux des immigrants clandestins provenant de
toute l'Afrique et transitant par leur pays.
Lieu de transit, notre pays
intensifie pour sa part la lutte contre l'immigration clandestine. Une grande
partie des arrestations est, en effet, enregistrée dans l'ouest du pays (Oran,
Maghnia et Béchar). Cette région est proche de la péninsule Ibérique que les
clandestins tentent d'atteindre via le Maroc voisin. En effet durant les cinq
premiers mois de l'année en cours, 844 immigrants clandestins ont été arrêtés
selon un bilan communiqué dernièrement par les gardes-frontières de la région
ouest dont 757 ont été arrêtés par les services de sécurité et 87 par les
gardes-frontières. Avec 611 arrestations, les Marocains viennent en tête de
liste, suivis des Maliens avec 92 arrestations en cinq mois. En 2008, le nombre
des personnes sans papiers arrêtées au niveau de la région ouest était de 2.520
personnes.
La traversée du territoire
algérien est l'une des étapes d'un voyage dangereux à destination de l'Europe,
où les migrants espèrent trouver de meilleures conditions de vie. Les autorités
doivent y apporter une solution adéquate. Le problème s'aggrave par suite du
nombre de personnes sans emploi vivant dans le dénuement le plus total dans
certains pays africains. La géographie fait de l'Algérie un point de passage
quasi obligé.
Certains pourraient penser que
ces immigrés noirs africains ne font que passer par l'Algérie, en attendant de
trouver un moyen pour rejoindre l'Europe. Mais en réalité ils disent qu'ils
trouvent leur compte en Algérie. Pour preuve, ils s'y sont installés avec leurs
familles. Certains travaillent comme manoeuvres dans des chantiers privés de
bâtiment.
D'autres essaient de se
débrouiller comme ils peuvent, en vendant des téléphones portables, par
exemple, pour gagner juste de quoi manger et payer la chambre d'hôtel. Mais il
y en a d'autres qui arrivent même à faire des économies pour aider leurs
familles dans les pays d'origine, soutiennent certains d'entre eux. Mais
d'autres se disent convaincus que ces personnes sont plutôt versées dans le
trafic et l'arnaque. Pour régulariser leur situation, certains Noirs africains
ont même opté pour des mariages avec des Algériennes, espérant bénéficier d'un
titre de séjour prolongé. Tous les moyens semblent être bons pourvu qu'on ne
soit pas reconduit aux frontières.
En quinze ans, le nombre
d'étrangers en situation irrégulière ayant tenté de séjourner en Algérie a été
multiplié par 10. Ils sont issus de 48 nationalités africaines, dont la plupart
venus des pays limitrophes - Niger (33%), Mali (13%), Nigeria (10%) et Maroc
(10%). Des statistiques menées par les gardes-frontières algériens donnent ce
chiffre effarant: au moins 35.000 immigrants clandestins ont été reconduits
chez eux depuis l'année 2002. La lutte contre ce phénomène occupe pourtant une
place particulière dans les programmes de coopération entre l'Algérie et
l'Union européenne. Dix millions d'euros ont été alloués à notre pays par le
programme MEDA II pour moderniser la formation des officiers de la police aux
frontières.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : J Boukraâ
Source : www.lequotidien-oran.com