Evoquer l'état des relations bilatérales entre l'Algérie et l'Espagne, c'est remonter le temps à travers l'histoire conquérante. Les liens tissés au fil du temps permettent de comprendre, à travers un dénominateur commun, leur passé, leur histoire et leur présent.Ces relations qui sont au beau fixe doivent se développer beaucoup plus au niveau de la société civile à travers la langue et la littérature. Elles sont satisfaisantes et en hausse dans le domaine économique, commerciale, mais il existe une distorsion au regard de la distance mentale qui affecte les deux peuples.
Indubitablement, ces relations bilatérales ont connu des turbulences, particulièrement durant cette décennie, mais aussi beaucoup d'embellies et augurent de grands projets prometteurs telle est l'idée générale qui ressort de la rencontre initiée par l'institut Cervantès, mercredi dernier, à travers les communications intéressantes et de haute facture des intervenants.
Actuellement, ces relations ont une grande visibilité dans les segments économiques, politiques et culturels. C'est à travers ces trois registres que les conférenciers, notamment le professeur Youssef Saiah, ex-ministre de la Jeunesse et du Travail, Mohamed Laïchoubi, ex-ambassadeur, et le professeur de l'université de Madrid Rafaelo Bustos, ont appréhendé cette thématique en présence de Mme Raquel Romero, directrice de l'institut, devant une assistance nombreuse. Pour le professeur et animateur M. Saiah, les relations sont sous-tendues par la langue, vecteur de communications et d'échanges.
Or, sur cet aspect, M. Saiah déplore le manque de littérature espagnole traduite et inversement. Il n'y a pas de traduction ni d'édition qui assure la propagation de la littérature espagnole et algérienne. Ce qui est un réel handicap pour le développement de la langue espagnole et la connaissance de la littérature ibérique et algérienne. «D'autant que le lectorat actuel et futur, composé de jeunes qui maîtrisent l'arabe, ne peut découvrir les auteurs espagnols. Il met l'accent sur le manque de disponibilité d'ouvrages en français et en arabe vu la jeunesse du lectorat qui ne maîtrise que la langue arabe.
Dans cet esprit, Mme Raquel Romero estime que l'institut Cervantès, qui dispense des cours de langue et littérature, ne peut à lui seul pallier cet état de fait. Il y a lieu d'amener les politiques à des actions plus importantes comme le jumelage des universités, etc. Dans cet ordre d'idées, le professeur Rafaelo Bustos préconise de rehausser «les relations algéro-espagnoles en commençant par l'enseignement au primaire et au lycée grâce à des stages linguistiques et des échanges universitaires».
En outre, la création d'institut scientifiques et de développement est une perspective intéressante. «Nos relations sont plus économiques que linguistiques et littéraires», dit-il. Mettant en valeur le vecteur de la langue comme lien de rapprochement entre les deux pays, le conférencier avoue que le gros problème réside dans la distance mentale et non géographique. Notons que, paradoxalement, le nombre d'inscriptions au département de langue étrangère de l'université d'Alger dont l'espagnol est en croissance.
Une coopération fructueuse
Sur le plan économique, le partenariat gazier et l'importation de voitures espagnoles sont en hausse ainsi que des projets d'investissement et industriels sont programmés jusqu'à 2014 dont le centre de bibliothèque arabo-sud-américain à Zéralda. Par ailleurs, évoquant le renforcement de ces relations bilatérales, l'intervenant a mis en relief l'aspect humain et culturel et les échanges dans l'éducation notamment par le biais d'un contrat pour ramener des professeurs espagnols ainsi que l'investissement direct représentant des flux un peu irréguliers.
Dans cette optique, il explique que des données reflètent les flux entre les deux pays dont l'évolution du commerce est en hausse notamment dans le domaine automobile, les contrats commerciaux sont en nette expansion.
Poursuivant son analyse, il cite l'investissement avec achats et ventes des logements et résidences en Espagne par des Algériens. Il évoque également le nombre d'accords qui sont en hausse dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, dans les domaines juridique et de l'environnement ainsi que la pêche. Pour mieux appréhender cette fructueuse coopération, il rappelle l'évolution positive des visites officielles qui se sont renforcées entre 2007 et 2010 notamment avec M. Zapatero et le gouvernement de Manuel Rojoy.
En outre, pour corroborer la thèse de la bonne santé de ces relations, particulièrement dans les registres cités, il évoque le nombre de visas délivrés chaque année et qui ne cesse d'augmenter : «L'ambassade a délivré 60 000 visas pour l'année 2011», indique-t-il. Selon Mohamed Laïchoubi, le problème de distance mentale est imputé à trois facteurs dont l'absence de présence linguistique, l'immigration algérienne en Espagne est récente et les deux pays ont été accaparés par leurs problèmes intérieurs d'où cette incapacité à développer l'aspect culturel.
Il y a lieu d'avoir actuellement une dimension de partenariat euro-méditerranéen, une coopération sérieuse de créations d'instruments communs. Après ce tour d'horizon des actions de ces deux pays, l'Algérie et l'Espagne, il s'avère, pour clore, que leurs relations, malgré l'histoire commune et les échanges, ont été intenses et discontinues et enregistrées dans la mémoire collective.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kheira Attouche
Source : www.letempsdz.com