Langue, identité, réappropriation, exil : mots qui revenus plusieurs fois durant la deuxième journée où le débat qui a suivi a été d'une haute tenue. Le modérateur de cette journée, Abrous Outoudert, a d'emblée tenté de faire le lien entre l'd'entité et la pratique culturelle, avec l'appartenance unique à l'ère de la mondialisation. Pour ce faire, prenant le cas de l'Algérie, il s'interroge sur la nature de la pratique culturelle à cultiver quand la 'société se complaît dans une transition bloquée' et ajoute que la dualité qui devait être une richesse est figée dans une confrontation entre le système occidental et le système arabo-islamique. Eleni Torossi, écrivaine d'origine grecque qui a fui le régime des colonels pour l'Allemagne où elle s'est établie nous parle de sa langue du soleil qu'elle a troquée pour la langue du froid mais, même loin de son sol natal, elle persiste à reproduire les sentiments, à décrire les senteurs même dans la langue de Goethe.
Hamid Grine, écrivain prolifique, a choisi son personnage Haouas, tiré du livre La dernière prière pour brosser un portrait magnifique, haut en couleur de l'Algérien type, désarticulé et désorienté à la fois. Sans être méchant, il reste plutôt la victime d'une société tantôt conservatrice, tantôt libérale. Abdennour Abdesselam, chercheur dans la langue tamazight a fait un exposé exhaustif sur la longue marche de cette langue vers la lumière et la reconnaissance. Il n'y a pire crime que de voler son langage à un homme. Karima Berger, écrivaine française d'origine algérienne, a parlé de l'exil et de Mohammed Dib, son écrivain fétiche. S'exiler c'est pour certains fuir et pour d'autres renaître et consolider son identité de base et sa langue maternelle. Beaucoup de témoignages sur ce point.
En conclusion l'essai les Identités meurtrières de Amine Malouf a été cité par presque tous les intervenants tant son analyse est juste. Le modérateur a demandé à ce que livre soit dans toutes les bibliothèques et le donner à lire à nos enfants si on veut que les identités meurtrières soient des identités plurielles.
A. N
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Nedjma
Source : www.liberte-algerie.com