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49/51%, une décision 100% algérienne



49/51%, une décision 100% algérienne
La règle 49/51% régissant l'investissement étranger en Algérie a été remise sur le tapis par une question adressée à la Directrice générale du Fonds monétaire internationale (FMI), Christine Lagarde, lors de sa conférence de presse à Alger. Et à partir du moment où on lui demandait son avis, elle l'a donné en défendant si ce n'est la suppression de cette règle, pour le moins son adaptation et allégement. Pour soutenir son propos, Mme Lagarde dira que «très peu de pays maintiennent encore cette règle [']. Je ne suis personnellement pas convaincue de la nécessité d'avoir un actionnariat partagé entre des investisseurs publics algériens et des étrangers». La patronne du FMI arrondira les coins en ajoutant que c'est, toutefois, «une décision de souveraineté qui appartient aux autorités algériennes» et que cette règle est, certes, appliquée dans de nombreux pays, mais pour des secteurs économiques stratégiques. «Et je crois profondément aux signaux qui peuvent être donnés par les autorités en faveur des investisseurs directs étrangers», a-t-elle soutenu.
Mais ce que ne dit pas la Directrice générale de l'institution monétaire internationale c'est pourquoi le FMI ne défend pas ces convictions auprès des pays du Golfe persique, de la Chine ou de la Malaisie qui appliquent cette même règle. En fait, la réponse coule de source. On ne va pas prétendre donner des leçons et des conseils à un pays comme la Chine qui détient de très grosses réserves de change - elles ont été évaluées à plus 3 500 milliards de dollars-, réserves qui donnent à ce pays un poids financier déterminant, d'autant plus que l'Empire du Milieu a racheté de la dette américaine et s'est proposée d'en faire autant avec celle de l'Union européenne. Pas plus à ces royaumes qui sont assis sur des réserves énergétiques dont ne peuvent se passer les économies occidentales, surtout en ces temps de crise multidimensionnelle. Ces mêmes économies n'ont-elles pas d'ailleurs remis au goût du jour les mesures protectionnistes pour sauver ce qui pouvait encore l'être de la débâcle financière et économique mondiale que leurs systèmes banquiers ont provoquée ' N'est-ce pas dans ces pays qui prêchaient l'ultralibéralisme, qu'on a vu des banques, des constructeurs automobiles et de grosses entreprises «nationalisées», même temporairement '
Le protectionnisme économique n'est pas une invention de l'Algérie, mais juste une adoption et adaptation. Et comme dans toute adaptation, il n'est pas garanti d'avoir les ronds dans les ronds et les carrés dans les carrés. Il faut donc tailler là où ça doit être taillé et limer là où ça doit être limé. On appelle ça des concessions. Comme on peut aussi opter pour l'utilisation du maillet et forcer le passage. Mais dans un cas comme dans l'autre, et, à ce propos, Mme Christine Lagarde, la Directrice générale du Fonds monétaire international, a tout à fait raison, c'est «une décision de souveraineté qui appartient aux autorités algériennes». C'est à l'Algérie, et l'Algérie seule, de décider de généraliser ou non, maintenir ou supprimer, aménager ou non la règle des 49/51%. Et si les conseils sont les bienvenus, faudra-t-il encore qu'ils ne viennent pas d'une institution qui a toute une collection de cadavres dans ses placards. L'Algérie a déjà goûté à ces fameux Plans d'ajustements structurels (PAS) tout droit sorti des têtes des analystes du FMI dont le premier et le seul souci a toujours été la sauvegarde des intérêts économiques occidentaux, ce qui lui a d'ailleurs valu d'être diabolisé par tous les pays du Sud qui ne cessent de demander qu'il soit réformé pour ne plus être un outil entre les mains des pays riches.
H. G.
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