
img src="http://www.lexpressiondz.com/img/article_medium/photos/P161107-10.jpg" alt=""4000 mots espagnols sont d'origine arabe"" /La rencontre au Sila avec le grand écrivain mexicain Alleberto Ruy Sanchez avait quelque chose de féérique.C'était une intervention étourdissante d'intelligence, comme l'a si bien souligné l'animateur. Pendant plus d'une heure et demi, mercredi dernier, à la salle Estrade du Pavillon central, et tel Shéhrazade dans «les Mille et Une Nuits», Alleberto Ruy Sanchez a pris la main de toutes les présentes et de tous les présents pour les emmener dans un double voyage dans plusieurs pays du monde et dans plusieurs civilisations. Sa technique est extrêmement complexe, mais attractive.D'ailleurs, l'écrivain mexicain a été le seul à avoir choisi d'effectuer son intervention en n'étant pas assis, mais, plutôt en se tenant debout et en allant de gauche à droite ou plutôt dans tous les sens afin de faire revivre les moments narrés.L'écrivain a raconté, durant sa longue intervention, deux grandes épopées. Celle de sa vie d'écrivain et de vie tout court à laquelle il a su conférer des allures de véritable conte. Puis, cette impressionnante civilisation arabo-andalouse dont il a évoqué plus d'une facette. Alleberto Ruy Sanchez s'est évertué, avec une érudition remarquable, à évoquer les origines arabes de plusieurs aspects de la littérature espagnole, mais aussi de cette même langue. «Pas moins de 4000 mots utilisés encore dans la langue espagnole sont d'origine arabe», a révélé l'orateur qui rappelle que des milliers d'autres ont été supprimés et remplacés par des mots latins en 1494.Le conférencier a notamment cité tous les mots qui commencent par «al» et fait état de plusieurs exemples con-crets pour illustrer ses dires. «Il s'agit de mots d'origine arabe que nous utilisons encore couramment et tous les jours au Mexique», ajoute l'écrivain mexicain, invité d'honneur du Salon international du livre d'Alger, dans cette édition de 2016, qui prendra fin aujourd'hui, samedi.Les mots en question, d'origine arabe, sont aussi bien des sujets, des verbes, des descriptions...L'intervenant a précisé que les 4000 mots dont il s'agit sont ceux qui sont impossibles à substituer par des mots d'origine latine car ceux qui le sont ont été tous substitués.L'orateur a indiqué par ailleurs que les ressemblances actuelles entre les deux cultures, mexicaine et espagnole d'un côté, et arabo-berbère de l'autre, ont des ressemblances frappantes.La première fois que j'ai visité le Maroc, et que j'ai vu les objets locaux de l'artisanat exposés dans un marché, j'ai cru qu'il s'agissait d'objets fabriqués au Mexique, tant il y avait énormément de points et de motifs communs. Ceci est valable aussi bien concernant le tissage que la poterie ou la vannerie.Alleberto Ruy Sanchez a souligné que l'Espagne a voulu effacer toutes les traces de la présence de la civilisation arabo-andalouse dans l'artisanat en la remplaçant par des motifs italiens.Le conférencier a, en outre, ajouté que les similitudes entre les deux cultures existent aussi en ce qui concerne le domaine du rituel de célébration des communautés comme les mariages.L'auteur à succès revendique quant à lui la dimension arabo-berbère de sa civilisation. D'ailleurs, dans ses oeuvres, cette dimension ressort de fort belle manière, indique-t-il.L'auteur est par la suite revenu sur le long chemin qui l'a mené vers l'écriture. Il a abordé aussi les sujets qui lui tiennent à coeur et auxquels il accorde la part du lion dans ses oeuvres. Le conférencier posera dans ce sillage plusieurs questions en y répondant. Il s'interroge ainsi: «A quoi sert la littérature'». Puis répond: «Elle sert à donner un sens au chaos du monde.» Raconter ces expériences chaotiques et en tirer une expérience, étaye-t-il. «Je voulais devenir écrivain car j'étais impressionné par le fait que ma grand-mère, ma tante, ma mère, etc. ne cessaient de raconter inlassablement des histoires, toujours les mêmes histoires qu'elles ont vécues. Ceci nous amusait et donnait un sens à notre vie en commun en tissant davantage nos liens», souligne, en outre, Alleberto Ruy Sanchez. Avec une mémoire d'éléphant, l'écrivain mexicain, replonge de nouveau dans ses lointains souvenirs et comme dans «les Mille et Une Nuits», il revient sur son long et éprouvant voyage par bateau, il y a des décennies, du Mexique vers le Maroc, en compagnie de son épouse. Un récit qui tiendra en haleine toute l'assistance. Le récit a fait oublier à l'assistance qu'elle était dans une salle de conférences au Sila et lui a fait croire qu'elle était plutôt dans le sous-sol d'un bateau qui ne cesse de faire face à un méchant ouragan, qui fera évanouir tous les passagers. Sauf le narrateur, Allerberto Ruy Sanchez.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aomar MOHELLEBI
Source : www.lexpressiondz.com