
L'arsenal sécuritaire renforcé par une batterie de mesures qui ont été annoncées avant-hier par le président Hollande touche directement la communauté algérienne installée en France.La première de ces mesures est celle concernant la nationalité. «Nous devons pouvoir déchoir de sa nationalité française un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou un acte de terrorisme, même s'il est né français, dès lors qu'il bénéficie d'une autre nationalité.». Selon des chiffres, non officiels, la communauté algérienne installée en France est estimée à 4 millions de personnes, dont 2 millions de binationaux. Ces derniers seraient de ce fait directement ou indirectement concernés par cette mesure. Le président Hollande fait sienne une proposition qui a été faite par la droite française déjà en 2012, lors des attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher. «Nous devons pouvoir expulser plus rapidement les étrangers qui représentent une menace d'une particulière gravité pour l'ordre public et la sécurité de la Nation», a déclaré le président français. M. Hollande a annoncé que «la France est en guerre». Et aux grands maux, les grands moyens.«La question de la légitime défense des policiers et des conditions dans lesquelles ils peuvent faire usage de leurs armes devra être traitée toujours dans le cadre de l'Etat de droit», a souhaité le président. Cette possibilité fera l'objet d'un «important chantier législatif», qui sera entrepris «sans délai» par le gouvernement.La semaine dernière, déjà, Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur avait évoqué la modification des conditions dans lesquelles les policiers peuvent ouvrir le feu, au-delà des règles actuelles. Il s'agit d'un dossier mis sur la table par les syndicats de policiers. ces derniers mois. Ce n'est encore qu'une possibilité envisagée par le président de la République. Preuve que l'heure est grave, la création d'une «garde nationale» formée de «réservistes» de la Défense est sérieusement étudiée à L'Elysée.Les Etats-Unis disposent d'un régiment semblable. Il faut «que l'on tire mieux parti des possibilités des réserves de défense, encore insuffisamment exploitées dans notre pays, alors que nous avons justement ce gisement», a déclaré le président de la République. «Les réservistes sont un élément fort du lien entre l'armée et la Nation, ils constituent les éléments qui peuvent demain former une garde nationale encadrée et disponible», a-t-il ajouté. Actuellement, un peu moins de 60.000 Français sont réservistes. Par ailleurs, des mesures drastiques seront prises à l'encontre des ressortissants français revenant de Syrie ou d'Irak.Ces ressortissants se verront imposer «des conditions de surveillance draconiennes à leur retour», comme une «assignation à résidence». L'Exécutif veut que ces Français, potentiellement impliqués dans «des filières djihadistes syro-irakiennes», soient de toute façon soumis au préalable à un «visa de retour» pour revenir sur le sol national, a-t-on précisé de même source, en soulignant que «créer ce dispositif et ces obligations suppose en partie une révision de la Constitution».571 Français ou résidents se trouvent en Irak et en Syrie, 245 en sont revenus et 141 y sont morts, selon les dernières estimations officielles. Le président François Hollande a annoncé lundi dernier aux députés et aux sénateurs, exceptionnellement réunis au château de Versailles, qu'une révision de la Constitution leur serait soumise «sous les meilleurs délais» pour permettre aux pouvoirs publics «d'agir contre le terrorisme de guerre».Cette révision constitutionnelle «créera un régime civil d'état de crise, permettant de mettre en oeuvre des mesures exceptionnelles, n'apportant à l'exercice des libertés publiques que les restrictions strictement nécessaires à la garantie de la sécurité nationale».C'est dans ce climat de guerre et parfois perlé d'islamophobie que les Algériens doivent apprendre à vivre désormais.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Brahim TAKHEROUBT
Source : www.lexpressiondz.com