La troisième édition du Rallye des médias s'est déroulée entre les 26 et 31 du mois de mai écoulé entre Alger et Sousse, en Tunisie. Une vingtaine d'équipages tous titres de la presse nationale confondus ont pris part à cette randonnée d'émulation et de convivialité où les esprits s'échauffent sous la pression des chronomètres, les amitiés se créent et les regards se figent sur la beauté de paysages qui se succèdent et qui sont aussi resplendissants les uns que les autres.
Organisé par le magazine électronique DZauto, le Rallye des médias se propose d'initier les journalistes algériens aux sports mécaniques, notamment la compétition de régularité et ses rigueurs de respect des temps et de la vitesse moyenne. Autrement dit, loin d'être une course de rapidité, c'est au contraire un calcul appliqué de distance, de vitesse moyenne et de temps de passage devant les points de contrôle inopinés installés par l'équipe technique dirigée par le pilote professionnel Kheireddine Serir en sa qualité de directeur de course. La veille du début de la course, une réunion de briefing a eu lieu à l'hôtel Azur Plage de Zéralda dont l'état de délabrement renseigne amplement sur la faillite du secteur touristique public. L'opportunité pour l'organisateur Nabil Meghiref de préciser les objectifs de cet événement tout en insistant sur la sensibilisation autour du thème de la sécurité routière en présence de représentants de la DGSN et de la Gendarmerie nationale. Un véhicule aux couleurs de la revue Echorta de la Sûreté nationale a même accompagné les participants jusqu'aux frontières avec la Tunisie.
Un départ en fanfare
Tôt le matin du 26 mai dernier, le damier de départ a été déployé près du complexe hôtelier pour permettre à la caravane joyeuse et bigarrée de se lancer dans une chevauchée sereine et bridée tout au long des premiers 800 km. L'occasion d'apprécier l'autoroute Est dans ses récentes réalisations qui s'accrochent en lacets aux flancs des montagnes de Bouzegza et qui réduisent, comme par enchantement, à 20 mn le temps de parcours entre Alger et Lakhdaria. Et en prime, une vue panoramique exceptionnelle du barrage de Keddara. La journée s'achève par des images d'une rare féerie, la réverbération des derniers rayons du soleil sur les eaux calmes du lac Tonga d'El Kala et le ballet incessant des oiseaux migrateurs qui y séjournent en cette période de l'année. Le passage du poste-frontière Oum-Tboul s'est effectué en début de soirée avec l'assistance des services de sécurité, de la douane et en présence du wali délégué. Et c'est tard dans la nuit que la caravane tous feux allumés atteint sa première destination tunisienne, Tabarka.
Montée d'adrénaline
Après une nuit reposante dans l'hôtel Itropik, les équipages achèvent les derniers préparatifs avant le grand départ et le début de la compétition proprement dite. Un tirage au sort effectué auparavant a déterminé l'ordre de départ à la minute près. Les copilotes affinent leurs calculs, règlent leur chronomètre et consultent les détails du road book mis à leur disposition par les organisateurs. L'édition de cette année du Rallye des médias se compose de trois étapes. La première s'étend sur une distance de 247 km entre Tabarka et Hammamet Yasmine et doit être impérativement accomplie en une vitesse moyenne maximum de 58 km/h et en un temps moyen de 4 heures et 10 mn. Au-delà ou en deçà, les concurrents s'exposent à des pénalités qui réduisent inévitablement leurs chances de succès. Un exercice de patience et de précision s'impose aux pilotes qui doivent en plus s'armer de prudence face aux contrôles secrets de la direction de la course tout au long du trajet. D'autant que le Rallye emprunte dans son circuit des routes nationales, des autoroutes, des chemins de campagne et traverse des agglomérations et se mêle par moment à des embouteillages. A Hammamet, une station balnéaire coquette, avec ses maisons blanches emmitouflées sous les branchages verdoyants des jasmins et autres bougainvilliers, une pause réparatrice s'impose avant d'attaquer la seconde étape. Un trajet de 80 km qui doit nous rallier à Sousse à une allure plutôt accélérée, 83 km/h comparativement à l'éprouvante étape du matin. Défilé remarqué aux sons des klaxons au port El Kantaoui avec ses belles terrasses, son interminable plage et sa promenade arpentée par des centaines de Tunisiens et de touristes en quête de fraîcheur et d'air marin revigorant. Le lendemain, reprise des volants pour une deuxième et dernière journée de compétition. L'ultime étape s'étend sur une distance de 75,9 km et une boucle à travers les villes de Monastir et Kairouan. Vitesse moyenne limitée à 45 km/h. Autant dire que les efforts des copilotes sont plus que jamais sollicités pour obtenir le temps idéal à respecter obligatoirement ainsi que la récupération des temps perdus dans la traversée des agglomérations et les ralentissements générés par la circulation routière. Plusieurs astuces sont alors mises en avant par les équipages pour tenter d'éviter les pénalités aussi bien des contrôles secrets inopinés que les chronomètres du directeur de course à l'arrivée. Accélération rapide et brève, ralentissement et même des arrêts. C'est dire l'esprit de compétitivité et de concurrence qui anime les uns et les autres en vue de réaliser les meilleurs temps et espérer autant que faire se peut décrocher l'un des titres.
Clôture en beauté
Avant le retour à Sousse, une visite dans les vestiges historiques de la ville de Kairouan était on ne peut plus indiquée. La mosquée millénaire El Karaouines continue de constituer le centre historique de la cité. Ses grosses dalles de pierre jaunies par le temps contraste avec la blancheur des constructions environnantes. Son minaret altier malgré les vicissitudes de l'homme et du temps reste toujours l'une des attractions touristiques de la ville. La situation sécuritaire née de la révolution du Jasmin en Tunisie n'a pas été sans désastre sur l'activité touristique, seule rentrée en devises du pays. Avec la désertion des étrangers, plusieurs entreprises activant notamment dans l'artisanat menacent de mettre la clé sous le paillasson. Des centaines d'emplois ont été supprimés et des produits traditionnels en quantité entre tapisserie, poterie et autres attendent preneurs. Sur le chemin du retour vers Hammamet, où les résultats finaux seront annoncés et les trois finalistes honorés, les esprits sont plus apaisés sans la contrainte des temps et du chronomètre et le rallye se transforme en une balade de détente et de découverte. Une soirée conviviale en présence de représentants de l'Office national du tourisme tunisien a permis aux organisateurs d'honorer les heureux lauréats, nos confrères de Canal Algérie, Dzeriet et El Watan. Pour les autres, rendez-vous est d'ores et déjà pris pour la prochaine édition et pour d'autres sensations fortes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B Bellil
Source : www.lesoirdalgerie.com