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28 ans de petits métiers et toujours au même point de départ



28 ans de petits métiers et toujours au même point de départ
Rachid vient de retirer à l'Alem (agence locale de l'emploi) de Zeralda sa première fiche bleue, lui permettant de dénicher un boulot. Il a la quarantaine passée et même si c'est la première fois qu'il en fait la demande, son histoire avec le travail a commencé en 1986, date à laquelle il a quitté les bancs du primaire. « Sincèrement, ce n'était pas de gaité de c?ur que j'ai interrompu mes études à un âge si précoce. Si c'était à refaire, je ferais tout ce qui est humainement possible de faire pour décrocher un diplôme universitaire. Pour l'anecdote, j'ai tenté, lorsque j'avais 30 ans, de reprendre le chemin de l'école (cours d'alphabétisation), mais je n'ai pas pu poursuivre tout le cursus, car j'avais des obligations vis-à-vis de ma famille » confie-t-il. Très jeune donc, il a été contraint d'affronter le monde des adultes pour aider ses parents à subvenir aux besoins de sa nombreuse famille. Il habitait à l'époque à Bou-Ismail. « Le premier job que j'ai décroché a été vendeur dans une épicerie. J'étais très dynamique et mon employeur était très satisfait. J'ai travaillé chez lui pendant cinq ou six ans, avant de me convertir en garçon de salle dans un café populaire. Là aussi, mon parcours professionnel fut irréprochable » raconte Rachid. Enchaînant les petits métiers, il n'a pas vu le temps passer. « À cette époque, j'avais des projets dans ma tête. D'ailleurs, j'ai tenté à deux reprises d'effectuer des stages de formation en mécanique et en menuiserie. Mais, malheureusement, à chaque fois, je décrochais pour travailler ailleurs, car je devais aider ma famille. C'était pour moi un devoir » se souvient-il. Il a tenté sa chance partout, même comme vendeur à la sauvette. « Je me déplaçais jusqu'à Alger pour vendre des cigarettes et des bonbons. Je l'avoue, c'était plus au moins rentable, mais sans perspectives d'avenir » reconnait-il. En parlant d'avenir, Rachid a laissé de côté tous ses rêves de jeunesse. « À 40 ans, je n'est même pas de chambre à moi tout seul. J'en partage une avec mon frère. Dans l'état actuel des choses, le mariage est un projet presque irréalisable. Cependant, je ne perds pas foi en Dieu » espère-t-il. Après presque 40 ans passés dans la wilaya de Tipasa, Rachid et sa famille sont venus s'établir dans la wilaya d'Alger où ils habitent dans une maison un peu plus spacieuse. « J'espère que tout rentrera dans l'ordre maintenant que nous habitons une nouvelle maison. Je souhaite aussi commencer une nouvelle vie. Cette fois-ci avec un poste de travail permanent » souhaite-t-il.


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