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250 cas suivis au CHU Laadi-Flici



250 cas suivis au CHU Laadi-Flici
Inscrite sous le thème « Sida en Algérie : point de situation », la journée nationale de Pasteur a regroupé plusieurs professionnels de la santé qui ont débattu de plusieurs thématiques, dont la transmission de la maladie chez l'enfant. Selon le professeur Aourane de hôpital Laadi-Flici d'Alger, « l'infection VIH de l'enfant est différente de celle de l'adulte par son mode de contamination quasi exclusif par transmission de la mère à l'enfant. Sa prévalence est étroitement liée à celle des femmes infectées par le VIH (0,1% à 0,2%) ». En l'absence de dépistage et de traitement des femmes enceintes, dira-t-il, le taux de TME (transmission mère à enfant) est de 24 à 45%. Le traitement antirétroviral durant la grossesse permet de réduire le taux de TME à moins de 1%. Selon lui, les circonstances de découverte sont dans 85 à 90% des cas lors de dépistage familial, plus rarement chez des enfants hospitalisés en pédiatrie pour des infections répétées et souvent graves. Il expliquera que l'infection évolue sous deux formes. L'une est lente dans 80% des cas avec des manifestations cliniques ressemblant aux pathologies habituels de l'enfant (infection ORL et respiratoires récidivantes, des dermatoses, des troubles digestifs, retard staturo-pondéral et psychomoteur). La seconde forme dite précoce est grave et rapidement évolutive et dans 15 à 20% des cas mortels avant l'âge de 2 ans en l'absence de traitement. Selon le spécialiste, les grands progrès dans les connaissances de cette maladie et sa thérapeutique ont révolutionné le pronostic de cette maladie. Elle est passée de maladie mortelle à maladie chronique. Les moyens de diagnostic, a-t-il expliqué, font appel à la sérologie pour les enfants de plus de deux ans car les anticorps maternels persistent et rendent la sérologie positive, même si l'enfant n'est pas infecté. Le professeur Aourane a signalé que dans les unités de son établissement médical près de 250 enfants, dont l'âge varie entre 1 mois à 21 ans, infectés par le VIH, sont suivis et sont tous sous traitement ARV et pour certains depuis plus de 10 ans. « Leur état clinique et immuno-virologique est parfaitement contrôlé », a rassuré le médecin. Et d'ajouter : « Nous recevons 25 à 30 nouveaux cas par an et notons 3 à 4 décès pour la même période ». Selon lui, l'origine géographique de ces patients est toute l'Algérie. « La mise en place d'un programme de prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant fait espérer la réduction de l'infection chez les enfants » a-t-il poursuivi.Plus de vigilancePour le professeur Ismail Mesbah, directeur général de la prévention au ministère de la Santé de la Population et de la Réforme hospitalière, cette journée s'inscrit dans le cadre d'un vaste programme de sensibilisation tracé par le ministère de tutelle dans le cadre de la lutte contre le VIH. Selon lui, cette démarche implique et concerne l'ensemble de la société, notamment les médias. « Même si la situation est relativement contrôlée en Algérie, il reste que des pratiques à risque émergent. Il faut craindre la transmission suite à des rapports sexuels non protégés et le recours aux drogues injectables », a précisé le spécialiste. La vigilance doit être de mise ainsi que le dialogue et la communication sans tabous pour que le message soit transmis ouvertement et directement aux jeunes. Depuis l'apparition du premier cas de VIH, l'Algérie a entrepris de nombreuses actions dans différents domaines de prévention et de lutte. D'importants programmes de prévention et de prise en charge des personnes vivant avec le VIH ont été mis en ?uvre. La réponse algérienne à l'épidémie s'est fondée sur les directives de l'OMS et de l'Onusida. Le rôle pertinent et complémentaire de la société civile dans la riposte contre le Sida est clairement établi par ces deux organisations.


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