
La Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH) fait un constat amer à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté. Ce constat se réfère à des chiffres officiels, fournis par «l'un des ministres les plus hostiles au débat autour de la misère sociale en Algérie, celui de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme», souligne cette ONG.Le pays compte au moins 1 932 000 familles démunies en 2014, avec une augmentation de 304 000 familles par rapport à l'année 2013, s'alarme le secrétaire national chargé des «dossiers spécialisés» à la LADDH, Houari Kaddour. La LADDH attire l'attention de l'opinion publique nationale «pour prendre conscience que la pauvreté est une atteinte aux droits de l'homme. Tout enfant, tout jeune, homme, femme détient le droit à un niveau de vie adéquat pour sa santé et son bien-être, à l'alimentation, à l'habillement, au logement, aux soins médicaux et aux services sociaux.Ces droits fondamentaux sont définis dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et dans d'autres traités et déclarations internationaux relatifs aux droits de l'homme», rappelle l'organisation. La LADDH conclut qu'un Algérien sur trois vit en dessous du seuil de pauvreté «bien que l'Algérie soit classée 6e puissance mondiale en matière de production du gaz et 2e pays africain en matière de production du pétrole après le Nigeria», précise la LADDH qui relève également que le pouvoir algérien refuse de parler de pauvreté préférant désigner cette population par le terme «démunie». «Ce pouvoir devra désormais penser à ces millions d'Algériens qui peinent à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires», plaide l'ONG.Me Dabouz, président de la LADDH, contacté par El Watan, pointe du doigt une politique économique «qui s'éloigne de plus en plus du développement de la richesse et de l'accès de tous à ce développement. En fait notre économie se résume à une répartition de la rente. Cette répartition ne se fait pas sur des paramètres garantissant l'équité. Il y a ségrégation dans la redistribution de la rente, faisant que certains sont gracieusement payés à ne fournir aucun effort, alors que d'autres triment durement et sont mal payés, et que d'autres sont complètement exclus de ce processus de distribution».Me Dabouz fera remarquer que les indices doivent interpeller les pouvoirs publics pour redresser ces paramètres et engager des efforts pour une politique de développement plus équitable. En Algérie le salaire national minimum garanti (SNMG) est de 18 000 DA.Selon une étude, dont les résultats ont été publiés récemment par El Watan, réalisée par le Syndicat national des personnels de l'administration publique (Snapap), il faudrait un salaire minimum de 55 000 DA pour subvenir aux besoins d'une famille de cinq personnes. Selon les experts, la moyenne nationale des salaires est de 25 000 DA/mois.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fatima Arab
Source : www.elwatan.com