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2 - Quelle sécurité alimentaire demain en Algérie '



2 - Quelle sécurité alimentaire demain en Algérie '
Quelle sécurité alimentaire pour demain ' Question récurrente et redoutable. Pour y répondre, il fallait d'abord inviter l'histoire qui enseigne qu'avant 1830 le pays n'a jamais connu de famines, par conséquent éliminer l'insécurité alimentaire et un retour normal, pour le pays, dans la maîtrise de l'alimentation.La désarticulation de la société et de l'économie s'est opérée par le développement de l'insécurité alimentaire et des famines meurtrières. Ces fléaux ont été imposés par la colonisation, pour dominer, voire exterminer, si nécessaire, les autochtones. Entre 1830 et 1886, la faim a décimé huit millions d'habitants. Le modèle alimentaire céréales (blé dur et orge), lait et viandes a assuré une sécurité alimentaire de résilience.
Aujourd'hui, avec près de 41 millions d'habitants, l'état des ressources et les nouvelles exigences de l'alimentation, le modèle de consommation est-il encore viable pour une sécurité alimentaire pérenne '
La sécurité alimentaire de demain passe par le rappel du concept de référence et l'état des lieux de l'alimentation à la veille de 1830, de la soumission par la faim, de la sécurité alimentaire à l'indépendance, de la subvention alimentaire, de l'alimentation et de la santé, du gaspillage et des intoxications alimentaires pour éclairer la sécurité alimentaire pour demain.
Les objectifs (1970) de la sécurité alimentaire visaient à éliminer les déséquilibres alimentaires et à promouvoir la ration alimentaire et nutritionnelle aux normes requises par le standard international. Mais la recherche de la sécurité alimentaire s'est trouvée focalisée sur les quantités. La Conférence sur la sécurité alimentaire en Algérie(1) de l'Institut national d'études de stratégie globale (INESG 2015), l'étude(2) sur la sécurité alimentaire du Forum des chefs d'entreprise (FCE 2016) et le Colloque international sur «L'Algérie face à la sécurité alimentaire(3) : réalités et perspectives», université M'hamed-Bougara de Boumerdès 2017, ont tous privilégié l'approche quantitative qui enferme la sécurité alimentaire dans une dimension sectorielle, alors que le concept a évolué vers : la traçabilité des produits, des aliments sains, la prévenance des intoxications et la protection des ressources.
Le pays n'a jamais connu le fléau de la famine, bien qu'il ait été confronté aux calamités (sécheresse, invasion acridienne...) hostiles à l'abondance alimentaire. L'organisation de l'époque reposait sur la Tribu qui disposait d'un territoire pour ses activités : élevage, agriculture itinérante ou fixe(4). Dans la Tribu, la propriété des moyens de production est collective, la répartition des productions(5) est familiale.
Les échanges sont faiblement développés, on produit d'abord pour la famille et exceptionnellement pour la Tribu(6) et l'échange. En 1830, le ratio Surface agricole utile (SAU)/habitant était de 7 hectares (3 hectares pour la production végétale et 4 hectares pour la production animale(7). S'agissant de la sécurité alimentaire, en plus des disponibilités des facteurs de production, les fellahs, par les savoirs agricoles accumulés, arrivent à anticiper les années de sécheresse. Cette agriculture a bénéficié, par ailleurs, des techniques et pratiques culturales des civilisations du bassin méditerranéen.
Selon Ibn-Khaldoun, l'influence de Rome sur les Amazighs n'était que formelle, précaire et temporaire. Le système productif (céréales, huile, arboriculture, produits des élevages : beurre, miel...) et le mode de vie et alimentaire n'ont pas été affectés(8). L'Etat turc a ciblé les prélèvements en nature, au titre de l'impôt(9) régulièrement contesté et sa collecte donne lieu à de véritables scènes de pillage(10). Face à toutes ces agressions, le modèle alimentaire (céréales, lait et viandes) n'a pas subi de transformations majeures sur le double plan de la production et de l'affectation du produit.
En Algérie précoloniale, l'absence de famines traduit le niveau de développement des forces productives, la capacité et l'ingéniosité du fellah à se prémunir contre les fléaux vecteurs des famines et d'insécurité alimentaire. Ce niveau d'organisation atteste d'une prise en charge sérieuse de l'alimentation qui constitue également une résistance aux autres dominations. Dans l'Algérie indépendante, serait-on en panne d'idées pour trouver l'articulation idoine permettant d'assurer la sécurité alimentaire à la population et soustraire le pays de l'emprise du marché et des multinationales '
Face à la résistance de la Tribu et sa volonté d'autonomie(11), l'ordre colonial a utilisé la ruse, la violence, la famine pour déstructurer le système économique et anéantir la population. Les moyens mis en œuvre s'articulent autour : de l'expropriation, du séquestre, de la confiscation, des amendes collectives, de la destruction des infrastructures sociales (écoles, institutions charitables), de l'extension de la sphère marchande, de l'introduction de la monnaie, de la suppression du stockage traditionnel des grains, des razzias des récoltes pour anéantir les bases de subsistances alimentaires de la Tribu.
Cette politique d'agression permanente a été achevée par un cadre juridique répressif, dont les principales composantes sont le sénatus-consulte (1863), la loi Warnier (1873) le Code de l'indigénat (1887) qui ont abouti à l'expropriation de plus de 2,7 millions d'hectares des meilleures terres.
Depuis la destruction de l'équilibre alimentaire des Tribus, les autochtones étaient confrontés aux famines et à la sous-alimentation. Dans ce désastre alimentaire, la solidarité(12) rurale, bien qu'insuffisante, a fonctionné sous l'œil réprobateur du colonisateur. En 1847, un médecin d'Alger recommande d'interdire l'importation des blés dans les années de disette en suggérant de combattre les indigènes, non seulement par les armes, mais aussi par la famine, l'eau, la corruption et la désorganisation.(13)
Dans une économie déstructurée par sept ans de guerre, l'insécurité alimentaire a affecté la majorité de la population. Elle a été aggravée par la destruction de 8 000 villages, des parcelles de terres rendues inopérantes, des milliers d'hectares de forêt brûlés, l'anéantissement du cheptel bovin et la perte de plus de 4 millions de têtes du cheptel ovin(14)... S'ajoutent 22 000 fermes qu'il convenait de mettre en exploitation. Dans une population de 10 millions d'habitants dont 75% avaient besoin d'assistance alimentaire, médicale et sociale.
La ration alimentaire(15) était estimée (1960) à 1 740(16) kcalories/jour/habitant, comparée à la moyenne mondiale de l'époque : 2031 kcalories par habitant et par jour.
Les subventions en direction de la population s'intègrent dans la politique de redistribution des revenus, de la solidarité et de la cohésion sociale. Sur ce plan, le choix entre les transferts d'actifs et les transferts pour la consommation est une question stratégique(17). Lorsqu'on alloue des actifs aux démunis, c'est pour qu'ils s'auto-entretiennent à moyen et long termes sans recours à l'Etat.
En revanche, les transferts récurrents interviennent pour soutenir le niveau de vie. L'option pour l'une ou l'autre forme de soutien relève des choix propres à chaque société. Il reste cependant que le soutien alimentaire constitue le révélateur, que la consommation est un rapport de régulation sociale et de lutte contre les inégalités.
La subvention alimentaire généralisée a constitué un pilier de la sécurité alimentaire. Cependant, le soutien à l'amont du producteur et à l'aval du consommateur n'a pas, depuis l'indépendance, atténuer le volume croissant des importations. De plus, la sécurité alimentaire s'est focalisée sur les disponibilités quantitatives délaissant les autres aspects tels que la nutrition, l'éducation alimentaire, la qualité des aliments, les aliments bio, la lutte contre le gaspillage et les intoxications alimentaires(18). Auxquelles s'ajoutent les conditions d'hygiène et de traçabilité, la préservation des sols, la protection de l'environnement, la pollution des terres (salinité, OGM(19), pesticides...).
Mises en œuvre (1964) pour corriger les carences nutritionnelles et assurer une ration alimentaire équilibrée par un soutien des prix, la subvention a été revue par le Programme d'ajustement structurel (PAS 1994-1998), les produits éligibles sont : le pain, la farine, la semoule et le lait.
En 2011, le sucre et l'huile ont été exonérés des droits de douane, de la TVA et de l'IBS. En termes de moyens, non compris les avantages fiscaux, le montant dépensé pour le soutien des prix des produits alimentaires a été estimé, sur la période 1973-2016, à plus de 34 milliards(20) de dollars US, soit en moyenne 800 millions de dollars US/an.
La subvention alimentaire a rehaussé les indicateurs de développement humain, tels que l'espérance de vie à la naissance qui a atteint 77,6 ans en 2016 avec un gain moyen de longévité de près de 7 mois/an.
La population âgée de plus de 60 ans a atteint 4 millions en 2016 et un demi-million sont âgés de plus de 80 ans. La proportion des enfants de moins de 5 ans malnutrits a reculé de 6,7% en 1999 à 1,4%(21).
En 2012, la mortalité maternelle a décliné à 60,3 pour 100 000 naissances (22) vivantes.
En 2016, les naissances ont dépassé un million. Mais la transition nutritionnelle et l'évolution des habitudes alimentaires restent à accomplir pour atteindre la saturation calorique.
La subvention a permis des améliorations globales dans la situation alimentaire. Les enquêtes portant sur les dépenses de consommation des ménages (1967/68, 1979/80, 1979/80, 1988, 1995(23), 2000 et 2011), qui couvrent une période de près de 50 ans, révèlent que les dépenses alimentaires occupent une place importante dans les dépenses des ménages : 58,16% (1967/68), 55,75% (1979/80), 52,5% (1988), 45% (2000) et 41,8% (2011). Cette relative stabilité du poids de l'alimentaire renvoie au modèle céréales, lait, viandes blanches, qui a été soutenu par les pouvoirs publics et ces soutiens n'ont-ils pas freiné son évolution '
Au niveau de la répartition, l'Enquête nationale sur les dépenses de consommation et le niveau de vie des ménages 2011(24) révèle en termes monétaires : «Aux 10% des ménages les plus défavorisés ne correspondent que 3,5% de la dépense totale, alors qu'aux 10% des plus aisés correspond plus du quart de la dépense, 26%. Autrement dit, la population la plus aisée a une dépense 7,4 fois supérieure à celle de la population la plus défavorisée. Cette situation est plus accentuée au niveau des quantités. Par ailleurs, la relative stabilité de la tendance de la structure des dépenses alimentaires permet à titre indicatif d'utiliser les résultats quantitatifs des enquêtes précédentes. Ainsi, selon l'enquête 1988, le rapport dans la consommation pour certains produits entre le décile des ménages les plus démunis et le décile des ménages aisés se présente comme suit :
La consommation par déciles de certains produits alimentaires

Produit Unité 10% des ménages
les plus démunis 10% des ménages
les plus aisés
Pain
Volailles
Lait en sachets
Sucre Kg
Kg
Litre
Kg 18,33
2,72
8,35
110,91 62,03
23,04
50,2
24,6
Source : Dépenses de consommation des ménages, résultats globaux de l'enquête sur les dépenses de consommation des ménages p.283 1988-Collections statistiques n°45 ONS.
L'impact du PAS (1994-1998) s'est répercuté sur la consommation des ménages et l'enquête de 1995 révèle que les ménages ont recentré leur consommation sur les produits à faible valeur marchande. Si globalement la situation alimentaire est équilibrée, les 10% de la population sont les plus concernés par la sécurité alimentaire.
Le développement de la malbouffe, de la suralimentation, de l'alimentation pléthore et de l'alimentation contaminée caractérisent le modèle alimentaire national. Une alimentation riche en sucre, en gras, en sel constitue un vecteur de développement des Maladies non transmissibles (MTN) de même que les carences alimentaires se répercutent sur la santé de la population. A cet effet, le sucre, subventionné, toutes utilisations confondues, affiche une disponibilité moyenne de 2 millions de tonnes (2016), soit près de 50 kilos/an/habitant (25). La consommation de pain à base de farine blanche et à forte teneur en sucre dépasse les 100 kilos/an/habitant. Dans les boissons, selon le docteur D. Nadir (26), «le taux de sucre est de 180g/litre alors que les normes Codex (normes alimentaires internationales) préconisent de ne pas dépasser les 110g/litre».
Selon certaines associations de protection des consommateurs, la subvention de la farine, du sucre augmente le risque du diabète qui affecte entre 5 et 6 millions de personnes (2015) (27). Pour le sel, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande d'en consommer moins de 5 g par jour. En Algérie, une baguette de pain contient 4 g de sel.
L'hypertension artérielle est le premier facteur de risque des maladies cardiovasculaires et des décès dus aux accidents vasculaires cérébraux(28). La population hypertendue, selon la Société de l'hypertension artérielle (Saha), a atteint 7 millions de personnes. Concernant la prévalence du cancer, la Ligue algérienne des droits de l'Homme (LADDH) a recensé 480 000 personnes (29) atteintes.
Le cancer est la deuxième cause de mortalité derrière les maladies cardiovasculaires. Il y a aussi l'obésité qui touche près de 16% des enfants et 17,5% des adultes. Dans le pays, il y a plus de 6 millions d'Algériens en surcharge pondérale (30).
Dans les facteurs de risque pouvant générer les MTN, il y a les additifs et améliorants cancérigènes de l'industrie agroalimentaire, les pesticides et autres produits chimiques utilisés dans l'agriculture auxquels s'ajoutent le non-respect pour les boissons, les denrées périssables des normes de conditionnement et de transport(31).
Le président(32) de l'Association pour la protection des consommateurs, El Aman, sur le thème de la sécurité sanitaire dans l'industrie agroalimentaire, estime que «la subvention de certains produits de base, tels que le sucre et la farine, encourage les industriels à utiliser d'importantes quantités(33)» qui engendre du gaspillage. Selon l'Union des commerçants et artisans algériens (UGCAA), quelque trois millions de baguettes de pain sont jetées au quotidien à la poubelle à l'échelle nationale durant le mois de Ramadhan, un indice qui renseigne sur l'importance du gaspillage(34).
Durant le mois de Ramadhan 2016, les consommateurs algériens ont acheté 4 milliards de baguettes de pain, dont 120 millions ont été jetées à la poubelle(35). La rationalisation de la subvention contribue à mettre fin au gaspillage de la nourriture, des ressources rares et offrir des opportunités pour le développement local des productions. Cette rationalisation ne doit pas s'accomplir au détriment des démunis, des sans-essources, il ne faut pas que les enfants manquent de lait et les personnes âgées de nourriture.
Une reconfiguration de la subvention alimentaire passerait nécessairement par une maîtrise de la politique des revenus, un ciblage plus performant que celui de 1989 et aller d'un soutien généralisé par les prix à un soutien ciblé au profit des démunis.
L'année 2016 a enregistré 6 000 cas d'intoxications alimentaires dont 6 décès(36). Selon le corps médical, le taux d'intoxications passe du simple au double, parfois au triple. Le botulisme est réapparu en 2015(37) à Batna et a provoqué la mort de deux personnes.
En 1998, il a fait 42 décès à Sétif et Tlemcen. Le taux d'intoxications varie selon les médecins, il augmente durant l'été et le mois de Ramadhan. Les aliments facteurs d'intoxication sont la pâtisserie, la viande hachée, les œufs, les produits laitiers, les viandes blanches et rouges provenant des abattages clandestins(38).
Le développement des intoxications alimentaires découle de l'importance du secteur informel, des conditions de production, de la rupture de la chaîne de froid dans la distribution et de l'irrigation par des eaux impropres. Ainsi, une large gamme de produits alimentaires ne connaît pas de traçabilité et échappe à tout contrôle technique et constitue un risque permanent d'intoxication du consommateur.
La sécurité alimentaire pour demain
En Algérie, nourrir la population est un challenge des politiques publiques. La souveraineté politique ne peut s'accommoder de la dépendance alimentaire. Demain, quelle sécurité alimentaire ' Préoccupation posée dans le cadre de la mondialisation et placée par rapport aux contraintes et aux résultats de plus de 50 ans de politique alimentaire.
Concernant la pérennisation du modèle alimentaire centré sur les céréales, le lait et les viandes blanches, si, dans le passé, il y avait, malgré les aléas climatiques, une correspondance entre les ressources alimentaires et l'état démographique, cette adéquation n'est plus possible aujourd'hui, le poids démographique, l'urbanisation et les diverses contraintes liées au développement des productions ont accentué et entretenu, sur une longue période, le déficit de la balance alimentaire. Les approvisionnements alimentaires et en facteurs de production et les ressources des ménages impliquent d'importantes exigences qui passent par l'impérieuse nécessité de faire évoluer le modèle alimentaire en tenant compte des retombées sanitaires, de sa forte insertion dans le marché mondial et de la dimension multisectorielle de la sécurité alimentaire, sachant que l'approche par les quantités est dépassée.
Demain, quelle sécurité alimentaire ' peut s'inspirer de l'histoire du pays qui enseigne qu'avant 1830(39), l'Algérie n'a jamais connu de famines meurtrières, contrairement à certains pays européens, et par conséquent éliminer l'insécurité alimentaire constitue un retour normal à la maîtrise de l'alimentation.
La préservation de la sécurité alimentaire devrait aussi intervenir institutionnellement dans le cadre d'une loi organique qui place les garde- fous contre toute dérive concernant la fraude sur la qualité, le label, la traçabilité, l'affichage... En plus, insuffler, avec le mouvement associatif, une dynamique liée à l'éducation alimentaire dans les écoles pour anticiper les intoxications et surtout agir dans la prévention des maladies imputables à l'alimentation riche en sucre, en sel et en graisse. Demain, à moyen et long termes, l'édification d'une sécurité alimentaire passe par une stratégie intense de développement agroalimentaire soutenue par la recherche scientifique, la biotechnologie et l'économie fondée sur la connaissance (EFC) pour satisfaire la demande alimentaire, s'imposer dans le concert mondial de l'alimentation.
La stratégie intense de développement agroalimentaire va reposer sur une politique alimentaire robuste ayant pour fondement une sécurité alimentaire, qui, en plus de la satisfaction des besoins alimentaires de base, couvre les dimensions multiples et évolutives qui élargissent son extension aux domaines de la nutrition, la qualité des aliments, la santé, la grande distribution, la restauration rapide, la réduction du temps de préparation des repas. Cette sécurité alimentaire devra intégrer les réalités du pays sur les plans alimentaire, nutritionnel, culinaire, culturel et territorial.
Demain, la sécurité alimentaire, soutenue par l'agriculture et les filières agroalimentaires publiques et privées des céréales et dérivés, de l'aviculture, la tomate, la pomme de terre, des dattes... doivent intervir dans la vulgarisation des savoirs, s'impliquer dans les travaux de recherche sur les productions stratégiques pour une évolution du modèle alimentaire. En plus, améliorer la technicité dans les itinéraires de production et inciter les productions à fort contenu de gains de productivité susceptible d'être tranférés aux consommateurs pour une alimentation variée et bon marché.
Sur un autre plan, la réorganisation et la modernisation des structures en amont et en aval du secteur sont incontournables.
L'objectif visé, une croissance hautement supérieure à la croissance démographique. L'augmentation de la productivité est nécessaire pour atténuer la dépendance vis-à-vis des marchés externes et conduire la transition à la saturation calorique qui sous-tend la transformation des habitudes alimentaires.
Cette démarche tire profit de la relation dialectique modèle de consommation et base alimentaire qui a permis, dans la majorité des pays, l'émergence d'un secteur agroalimentaire puissant (agriculture, industrie de transformation, plates-formes d'approvisionnement et réseaux de distribution) qui dégagera les ressources pouvant assurer la sécurité alimentaire à tous dans le cadre d'une répartition optimale de l'alimentation, compte tenu des coûts et d'une lutte sans relâche contre le gaspillage alimentaire.
Concernant les grands projets de l'agronomie saharienne qui ont nécessité la mise en œuvre d'importants investissements, qui font appel à des technologies de pointe, des ressources humaines qualifiées, des itinéraires techniques sophistiqués, des moyens de transport appropriés, ils devraient contribuer à l'évolution du modèle alimentaire alternatif en forte adéquation avec les productions locales à des prix compétitifs.
C'est dans ce contexte que la sécurité alimentaire de demain répondra aux attentes de la population pour sa nourriture et au pays pour négocier sereinement sa place dans la mondialisation alimentaire.
R.'l.
Notes
1) Cette conférence a été aminée par le professeur S. Bedrani INESG, 29 mars 2015
2) Conférence-débat du 13 juillet 2016 par Omar Bessaoud, professeur et chercheur au CIHEAM (Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes) et à l'IAMM (Institut agronomique méditerranéen de Montpellier, France).
3) Université M'hamed-Bougara, Boumerdes, 17 et 18 mai 2017.
4) A. Benachenhou - La formation du sous-développement en Algérie p.31 OPU,1976.
5) Il s'agit des céréales, des produits de l'élevage, du miel...
6) C. Bernard - La monnaie comme instrument de transition vers le mode de production capitaliste en Algérie 1851-1885. Revue algérienne des sciences juridiques économiques et politiques - Volume XII n° des 2-3 septembre 1975.
7) C. Bernard - La monnaie comme instrument de transition vers le mode de production capitaliste en Algérie 1851-1885- La revue algérienne, volume XII n°2-3 septembre 1975.
8) O. Bessaoud - L'Algérie agricole : de la construction du territoire à l'impossible émergence de la paysannerie. Revue d'anthropologie et de sciences sociales 1999.
9) A. Benachenhou - Formation du sous-développement en Algérie??: essai sur les limites du développement du capitalisme 1830 -1962 OPU 1976, Alger.
10) R. Lebeche - L'action budgétaire de l'Etat en faveur des populations défavorisées : théorie et application au cas algérien. Thèse de magistère INPS 1987.
11) J.'berque - Maghreb, histoire et sociétés. Alger : Sned. p. 22-34. Article publié en 1954.
12) Dans cette période de famine, El Hadji El Mokrani a ouvert ses stocks de grains aux affamés.
13) A. Belkhodja - Misère, crimes et famine en temps coloniaux, El Kalima 2013.
14) M. Chabane - Heurs et malheurs du secteur agricole en Algérie 1962-2012 L'Harmatan-Histoires et perspectives méditerranéenne 2013.
15) T. Benhouria - L'économie de l'Algérie Ed. Maspero 1980 p. 158.
16) Bilan FAO et ministère de la Santé, Algérie, répartie entre 1569 kcalories et 171 kcalories d'origine animale.
17) C.L.G. BELL- Le cadre politique, redistribution et croissance, p.100 éd. PUF 1977.
18) Désormais, les intoxications alimentaires font partie de l'actualité quotidienne du pays.
19) Organismes génétiquement modifiés.
20) Ce montant résulte de l'exploitation des sources suivantes - Ministère des Finances, lois de finances de 2000 à 2016. Ministère de la Planification et de l'Aménagement des territoires (MPAT). Synthèse du bilan économique et social de la décennie 1974 -1978. Mai 1978. Conseil national à la planification (CNP) Projet du rapport d'exécution du plan quinquennal 1985-1989 et rapport d'exécution du plan quinquennal 1980-1984 et ITPEA (Institut des techniques de planification et de l'économie appliquée). La répartition des revenus en Algérie – Juin 1981.
21) Plan national de réduction de la mortalité maternelle 2015-2019. Ministère de la Santé de la Population et de la Réforme hospitalière, Direction générale de la prévention et de la promotion de la santé.
22) Plan national de réduction de la mortalité maternelle 2015-2019. Ministère de la Santé de la Population et de la Réforme hospitalière, Direction générale de la prévention et de la promotion de la santé.
23) L'enquête 1995 portant sur les dépenses de consommation a concerné 38 produits
24) ONS - Premiers résultats de l'enquête nationale sur les dépenses de consommation et le niveau de vie des ménages 2011, n°642.
25) Marché du sucre : l'Algérie dans le Top 10 des plus gros importateurs. Le 06.06.17 - http://www.elwatan.com/dyn /imprimer.php'link=http%3A%2F%2Fwww.elwatan.com%2Feconomie%2Fmarche-du-sucre-l-algerie-dans-le-top-10-des-plus-gros-importateurs-06-06-2017-346646_111.php
26) Docteur Djamila Nadir est sous-directrice à la Direction de la prévention au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.
27) Actualités : plus de cinq millions d'Algériens atteints de diabète, des habitudes sociales et alimentaires incitent à cette expansion. Le Soir d'Algérie, http://www.lesoirdalgerie.com/articles/ 2016/04/07/ article.php'sid=194436&cid=2
28) Le Soir d'Algérie - Actualité santé : sept millions d'Algériens sont hypertendus, selon le professeur Hacene Chibane, président de la Société hypertension artérielle http://www.lesoirdalgerie. com/articles/2015/05/12/article.php'sid=178497&cid=2
29) L'Algérie compte près de 480 000 malades du cancer http://www.lematindz.net/news/23236-lalgerie-compte-pres-de-480-000-malade-du-cancer.html le 10 septembre 2017.
30) http://www.chouf-chouf.com/actualites/le-fleau-de-lobesite-en-algerie/
31) Mustapha Zebdi, président de l'Association de la protection et de l'orientation du consommateur et son environnement (Apoce) de la wilaya d'Alger qui a lancé mercredi 25 mai 2017 une campagne de sensibilisation sur les conditions de stockage et de transport des bouteilles en plastique sous le slogan «Stop ?!... ne me fais pas boire du poison» et qui favorise le développement du cancer.
32) Hacène Menouar est le président de l'association de protection des consommateurs, El Aman.
33)https://www.letempsdz.com/index.php/132-actualite/ 184272-consommation-de-sucre,-de-sel-et-de-graisses-menacesur-la-sant%C3%A9-et-l-%C3%A9conomie.
34) Campagne contre le gaspillage du pain : Extranet met la main à la pâte Elmoudjahid.com
ttp://www.algerie360.com/algerie/nation/campagne-contre-le-gaspillage-du-pain-extranet-met-la-main-a-la-pate/#.WQbzE2o8dOs.email 126
35) Kalafat Y. premier responsable de l'Union Nationale des boulangers El Watan du 24/06/2015
36) http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2017/05/18/article.
php'sid=213865&cid=2
37) New.Press du 3 juillet 2015.
38) Plus de 1 100 cas d'intoxication alimentaire enregistrés depuis le début de 2016 Source de l'article : Www.aps.dz du 14 juin 2016.
39) Amar Belkhodja - Misère, crimes et famine en temps coloniaux, éditions El Kalima, Alger 2013.
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