Alger - Revue de Presse

1er Novembre 1954 : les jeunes dans la lutte de libération (1re partie)



1er Novembre 1954 : les jeunes dans la lutte de libération (1re partie)
Publié le 26.10.2022 dans le Quotidien Le Soir d’Algérie

Par Kamel Bouchama, auteur
Effacer les traces de Rovigo, Saint-Arnaud et Pélissier…
En ce début du mois de novembre, deux jeunes se rencontrent au marché Clauzel. Les deux sont en vacances de la Toussaint. Ils échangent quelques mots, ils sympathisent et décident de se revoir au prochain week-end.
- Tiens, voici mon adresse, dit l’un. Je suis au lycée Bugeaud parce que j’habite du côté de la rampe Valée.
- Voici la mienne, répond l’autre. Je suis au cours complémentaire de la rue Rovigo et j’habite à proximité de la caserne Pélissier…
Deux jeunes Algériens, encore très jeunes pour bien saisir l’horreur que peuvent soulever ces noms «propres» qu’ils venaient de prononcer. Peut-être pensaient-ils qu’il s’agissait de quelques illustres personnages, dans le genre des grands humanistes, défenseurs du droit et de la morale, ou dans le genre des grands savants, comme ceux que l’Histoire retiendra de par leur contribution aux civilisations dont s’enorgueillit le monde ?
Rien de cela. Le fait d’évoquer ces noms vous incite à plaindre ceux qui, aujourd’hui, se targuent de représenter la liberté et les droits de l’Homme. Ces noms que des jeunes répétaient tous les jours, parce qu’ils faisaient partie de leur environnement, sont ces ignobles criminels que les colonisateurs ont honorés si maladroitement et dont l’évocation seulement porte préjudice à l’Histoire, et donne des convulsions aux citoyens et aux militants de la cause nationale.
Ces noms représentent pour nous Algériens ces coupeurs de têtes et d’oreilles, ces spécialistes des enfumades, ces destructeurs de mosquées, ces brûleurs de récoltes, ces dévastateurs de jardins et d’arbres fruitiers, ces saccageurs de cimetières et ces arracheurs de stèles funèbres. Ceux-là n’ont-ils pas été illustres dans la sauvagerie, ce qui a fait dire à un député d’alors, parlant de la violence qui a sévi dans la ville d’Oran, que «nous avons plus ruiné et plus dévasté que le tremblement de terre de 1789» ?
Il est donc certain que le colonialisme français a fait de même que les «pionniers» américains quand ils ont décidé d’exterminer les Indiens. Chez nous, il s’est imposé par le feu et la violence, montrant à tout le monde qu’il avait à faire à des sauvages, à des barbares, dans le but d’assainir l’humanité.
En réalité, en plus de ses velléités annexionnistes, largement confirmées dans la pratique, il y avait également comme une résurgence de cette doctrine des «fameuses croisades». N’est-ce pas l’avis de l’Archevêque de Paris, après la prise d’Alger : «C’est la croix victorieuse du croissant, l’humanité triomphant de la barbarie», ou encore celui du général de Bourmont : «Vous avez renoué avec les croisés, vous venez de rouvrir la porte du christianisme en Afrique» ?
Ces hommes ont oublié qu’ils n’étaient pas plus nobles et plus humains que ces Arabes qui ont démontré ce que voulait dire la noblesse et la générosité, des qualités ancestrales confirmées, parce que humanisées par l’Islam dont le Coran est sa source de foi. Que l’on reprenne les témoignages d’Occidentaux, témoignages justes et courageux, d’où découle toute la vérité à l’égard de nos ancêtres, pour reconnaître leur grandeur et leur sagesse face aux événements.
Anatole France faisait dire à l’un de ses héros(1) : «C’est le jour de la bataille de Poitiers, quand, en 732, la science, l’art et la civilisation arabes reculèrent devant la barbarie franque...» Blasco Ibanez confirmait : «Les philosophes grecs, près de disparaître dans l’oubli, trouvaient le salut en suivant l’Arabe dans ses conquêtes. Aristote régnait à la fameuse université de Cordoue.»(2) Également, il affirmait sincèrement, sans contrainte et avec toute la lucidité dont est imprégné l’intellectuel, pour expliquer que l’expansion de l’Islam n’a pas pris la forme d’une invasion, moins encore d’une colonisation. Il écrit, convaincu : «L’Espagne, esclave de rois théologiens et d’évêques belliqueux, recevait à bras ouverts ses envahisseurs... En deux années, les Arabes s’emparèrent de ce que l’on mit sept siècles à leur reprendre. Ce n’était pas une invasion qui s’imposait par les armes, c’était une société nouvelle qui poussait de tous côtés ses vigoureuses racines... Le principe de la liberté de conscience, pierre angulaire sur laquelle repose la vraie grandeur des nations, leur était cher. Dans les villes où ils étaient les maîtres, ils acceptaient l’église du chrétien et la synagogue du juif.»(3)
Plus tard, Henri Alleg, parlant de la colonisation de 1830, écrivait dans son ouvrage, avec une pointe d’humour noir, concernant ces «pacificateurs» — euphémisme colonial souvent employé par d’autres historiens —lorsqu’il relate cette triste période : «Ainsi, les soldats qui débarquent sont en général moins instruits que les ‘‘sauvages’’ qu’ils viennent civiliser…» Quant au commandant Rozet, il publie à partir d’un voyage à travers la Régence d’Alger : «Presque tous les hommes savent lire et compter. A Alger seulement, on compte une centaine d’écoles coraniques où les enfants apprennent, en même temps que les principes religieux, à lire, à écrire et un peu de calcul.»(4)
Ainsi, la rampe Valée, la rue Rovigo, le marché Clauzel, le lycée Bugeaud, la rue Randon, la ville de Saint-Arnaud, Port-Gueydon et d’autres, dans toute l’Algérie coloniale, étaient des lieux et plus spécialement des patronymes aux coins des rues et aux frontons d’établissement ou sur des plaques minéralogiques, qui résonnaient encore des cris et des pleurs de ces milliers d’innocents qui ont été massacrés sauvagement. Dans leur mépris de la morale et en voulant perpétuer le souvenir de ces assassins, les «politiques» français ont même oublié les affres de la tuerie de la rue Transnonain à Paris où le général Bugeaud s’est illustré par sa violence en 1834 et, plus tard, celle du maréchal Saint-Arnaud qui ordonna d’ouvrir le feu, en décembre 1851, sur les manifestants parisiens qui défendaient la République. Cette inconscience leur a fait perdre l’esprit en oubliant ceux qui, parmi les leurs, sont tombés pour de nobles idéaux. L’essentiel pour eux c’était de rehausser le «prestige» de ces barbares-là en Algérie, où ils se sont dépassés en horreur, en perpétuant des crimes incontestablement odieux.
L’Histoire coloniale n’a pas à être fière surtout lorsque des jeunes d’El-Eulma et d’ailleurs ne peuvent lui pardonner d’avoir baptisé leur ville au nom de ce criminel Saint-Arnaud ou de cet autre, le colonel de Montagnac, qui avouait lui-même : «Pour chasser les idées noires qui m’assiègent quelquefois, je fais couper des têtes. Non pas des têtes d’artichauts mais des têtes d’hommes.»(5) Ces noms d’une période de triste mémoire devaient être effacés de notre vocabulaire de tous les jours, dès lors qu’en 1954, nous avions amorcé, avec justice et détermination, un tournant décisif : la lutte armée, dans le contexte d’une révolution généralisée à l’ensemble du pays.
Les prémices d’une véritable révolution
L’Organisation secrète (l’OS), ensuite le Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action (le CRUA) se sont préparés, bien avant le 1erNovembre. Ainsi, ils ont décidé le mois de juin 1954, de passer à l’action. Et c’est là, sous les auspices de ce que nous appelons le « Groupe des 22», que le FLN a été créé pour se voir confier la responsabilité de la libération du pays. Qu’étaient-ils, ces membres des «22», sinon des jeunes à l’image des Ben M’hidi, Bouadjadj, Merzougui ou encore Othmane Belouizdad ? Qu’étaient-ils, les autres responsables, avant 1954 ? Des jeunes, tous de jeunes militants dans les mouvements politiques, qui demandaient avec insistance d’entrer dans le concret. Oui, des jeunes dont l’historien Henri Alleg leur reconnaît cet engagement et cette détermination. Il écrivait : «Les jeunes, tels Omar Oussedik et Tayeb Boulahrouf sont partisans de la mise sur pied d’une organisation armée, destinée à passer rapidement à l’action.»
Ighil Imoula, petit village perché sur l’un des versants du majestueux Djurdjura. C’est de là qu’est sortie cette proclamation historique du FLN, l’appel du 1er Novembre. Quelques jours avant, et le 23 octobre 1954 à Alger, à Raïs-Hamidou — anciennement Pointe-Pescade —, au domicile du militant Mourad Boukechoura, les six historiques se sont réunis. C’est là que la date du 1er Novembre a été décidée et que les sigles du FLN et de l’ALN ont été adoptés, en plus des autres modalités pour le déclenchement de la lutte armée... Ainsi, dans la proclamation du 1er Novembre, l’indépendance de l’Algérie en est la première phrase pour laquelle de jeunes responsables se sont lancés dans le mouvement national pour prendre en charge la lutte armée, après que d’autres partis politiques n’ont pu ou n’ont su – c’est selon – lui donner les bonnes conditions pour son entrée effective et concrète dans le vrai, contre le colonialisme.
Ces «Six» responsables aux côtés des autres jeunes du CRUA ont pris en charge l’organisation du déclenchement de la Révolution dans les zones qui partageaient le territoire national, et qui devenaient, plus tard, les principales wilayate avec leur commandement, leur organisation et leur propre logistique. Cette organisation, soigneusement préparée, mûrement réfléchie, allait contredire, en ce mémorable 1er Novembre, les ambitions de grands chefs de la colonisation qui, depuis l’idéologue Prévost-Paradol jusqu’au ministre de l’Intérieur de l’époque, François Mitterrand, se targuaient de fonder cet empire méditerranéen et équilibrer la troisième nation-continent autour de la métropole.
Ainsi, la révolution déclenchée, elle prenait de l’assurance au sein des combattants de la liberté et au sein des masses qui comprenaient l’ampleur et la justesse de la lutte de libération. Et cette première année représentait un tournant décisif dans l’Histoire de l’Algérie qui voulait démontrer que ce n’était pas seulement et simplement un mouvement insurrectionnel qui allait en s’amplifiant à toutes les régions, mais plutôt une politique de décolonisation qui poussait de ses vigoureuses racines, et qui sera consciemment menée à travers un combat légitime.
En l’espace d’une année, le FLN a enregistré de nombreux succès sur le terrain de la lutte, d’abord par les jeunes qui n’ont fait que renforcer son audience par leur engagement dans le combat, ensuite par les nombreux militants qui ont relevé la conscience nationale chez les masses qui, mobilisées, étaient toujours prêtes à donner le maximum pour ce qu’elles jugeaient indispensable pour le renforcement de la lutte. Les masses militantes, dans cette ambiance de participation effective et concrète, ne pouvaient «être vaincues et rejetées dans le statut colonial», pour reprendre une phrase éloquente d’un historien. Un autre héros de la guerre de Libération nationale confirmait : «On peut demander au peuple et il donne tout, à partir du moment où il a compris ce qu’on lui réclame, l’action que l’on entreprend pour lui, avec lui ; il donne ses enfants, son argent, sa maison, sa vie…»(6)
Un autre historien disait : «Un peu partout, une véritable mobilisation était en cours. Le FLN commençait alors à cueillir les fruits de son action persévérante. Durant l’année 1955, les militants de la cause nationale à qui s’adressait l’appel du 1er Novembre n’ont cessé de se regrouper, de s’organiser, de sorte que les cellules politiques, les groupes préparant l’action armée se sont multipliés et ont acquis, vers la fin de 1955, une capacité de mobilisation notable.»
Les jeunes répondent à l’appel du FLN
Parlons encore de ces jeunes. Racontons ce qu’ils ont créé comme événements.
Le 19 mai 1956 : «Avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas de meilleurs cadavres.» C’est ainsi que l’Union générale des étudiants algériens (Ugema) a confirmé, après que son assemblée générale a voté à l’unanimité la grève générale des cours et des examens.
«à quoi serviraient-ils, ces diplômes qu’on continue à nous offrir pendant que notre peuple lutte héroïquement… ? Il faut déserter les bancs de l’Université pour le maquis ! Il faut rejoindre en masse l’Armée de libération nationale et son organisation politique, le FLN.»
L’Ugema s’exprimait ainsi par son comité directeur. Et c’est cet appel qui a permis à des centaines de jeunes étudiants de rejoindre le maquis et démontrer par là que «cette entrée dans la lutte de la jeunesse intellectuelle symbolise d’une façon éclatante l’unité nationale qui se forge ». Ainsi, pour les combattants, eux aussi très jeunes, qui voient arriver ces étudiants, c’est la preuve que la ville, et tout le pays désormais, est avec eux…»(7)
Ces jeunes militants ont engagé leur organisation pour accentuer son action et ses prises de position car, selon le regretté Mohamed-Seddik Benyahia, «l’orientation générale en ces débuts était d’apporter un soutien politique au FLN et de s’afficher officiellement comme étant pro-FLN. A l’époque, c’était très important, ce qui explique certaines prises de position publiques de la part de l’Ugema qui, tactiquement, au niveau de la lutte contre le colonialisme français, pouvaient apparaître comme étant des erreurs, mais qui, en fait, ont été des décisions voulues. Parce que le plus important, à l’époque, était de montrer que le FLN représentait la masse des Algériens. Et ce qui est encore plus important, c’est de montrer aussi que les intellectuels étaient pour le FLN…»
Les étudiants n’étaient pas seuls pour honorer la jeunesse, dans ce combat libérateur. Il y avait les lycéens, la majorité des lycéens qui, conscients à cet âge-là, sont entrés, sans hésitation, dans le combat juste que menaient leurs aînés. Mériem Belmihoub n’était que lycéenne lorsqu’elle a rejoint les rangs de l’ALN. Elle devait retrouver d’autres, Saléha Djeffal(8), Safia Bazi, Fadhéla Mesli et consorts…
Maâbout, Ahmed Ghebalou, Saci Boulefaâ et tant d’autres des médersas d’Alger, de Constantine et de Tlemcen, et bien sûr les élèves des autres établissements d’Algérie, n’étaient que des lycéens lorsqu’ils ont déserté les bancs, avec dans le cœur cette farouche volonté de participer à la lutte et vaincre un ennemi qui avait longtemps opprimé notre peuple. En effet, ils étaient nombreux, à l’image des Abdelmadjid Cherif, Abderrezak Bouhara(9), Rachid Bouabdallah, Abdelkdaer Saâdna et tant d’autres qui n’ont pas hésité un seul instant pour choisir le maquis, plutôt que cette vie de «potache» où ils ne pouvaient plus entendre dire que nos ancêtres étaient les Gaulois et que les Arabes ont été vaincus à Poitiers. Tous ceux-là n’ont pas hésité pour crier leur réprobation devant un système qui n’avait rien d’humain, parce que trop humiliant et sans aucune morale. Ils ont rejoint l’ALN où s’exprimait la volonté du peuple.
On ne peut s’aventurer à dresser une liste exhaustive de ces jeunes qui ont répondu à l’appel du FLN, comme on ne peut énumérer tous les martyrs qui sont tombés les armes à la main, face à l’ennemi. Notre mémoire défaillante et leur nombre éloquent risquent de nous faire commettre des impairs. Cela est d’autant plus vrai puisque le lycée Amara-Rachid, qui porte le nom d’un jeune chahid, étudiant en médecine, ancien élève de cet établissement, ne peut, jusqu’à l’heure actuelle, recenser tous ses disparus qui ont rejoint le maquis, tellement ils étaient nombreux.
D’autres établissements également ont éprouvé du mal pour le faire. C’est dire que la jeunesse algérienne était consciente à 17 ans, à cet âge-là où Benyamina Abdelwahab, le lycéen gréviste, a pris la clé des champs, pour rejoindre ses frères combattants, quelque part dans le maquis constantinois. Et le mouvement de l’Ugema ne s’arrêtait pas là, c’est-à-dire au niveau des étudiants et des lycéens.
Le 1er octobre 1956, les écoliers algériens n’ont pas rejoint les classes. Eux aussi, conscients du problème et poussés par leurs parents, ont déserté les écoles pour ne laisser que les fils de colons et les rares enfants de «collaborateurs» et d’inféodés.
Parallèlement à ce regain de militantisme et à cette mobilisation permanente, face aux manœuvres de propagandes utilisées par les colonialistes, comme le 13 mai 1958, pour une soi-disant émancipation de la femme et les «écoles de Madame Massu pour les jeunes», le patriotisme de la jeunesse algérienne, mûrie dans la révolution, a déjoué les calculs psychologiques les plus subtils. Ces jeunes devenus si vite adultes, confrontés tôt à des choix politiques, à des choix d’hommes, sont partis grossir les rangs de l’ALN, car les adolescents comme les enfants savaient quelle était leur armée, quel était leur pays. Aucune action psychologique ne les a empêchés de réussir la grève scolaire et de «lancer tous les jours des chansons satiriques sur les talons des patrouilles françaises, de faire le guet pour les moudjahidine et les fidayine, autour des camps, en jouant innocemment aux billes, et enfin de servir d’agents de liaison».
Cette idée de dissoudre l’âme du peuple algérien, en frappant sa jeunesse, n’était pas nouvelle. Du temps du Cardinal Lavigerie jusqu’au régime de Vichy, plusieurs tentatives de jésuites et d’officiers français ont été opérées pour, d’une part, «franciser» ces jeunes et, d’autre part, créer des sections musulmanes dans ce groupement paramilitaire qu’on appelait les «Compagnons de France». Aucun résultat. Tout cela n’a pu réussir à dépersonnaliser la jeunesse algérienne, pas plus que toutes ces écoles où on enseignait une langue, une Histoire et une géographie étrangères.
Commissaires politiques, agents de liaisons, soldats, infirmiers, médecins, agents des transmissions, professeurs dans les écoles de l’ALN ou représentants de la révolution à l’étranger, les jeunes se sont engagés dans la vie militante avec toute leur ardeur, avec toute leur intelligence et toute leur fidélité.
La grève générale a été bénéfique à plus d’un titre. Elle n’a pas seulement anéanti la conception colonialiste de «l’intellectuel francisé et coupé du peuple», elle a permis aussi à un grand nombre de jeunes et d’étudiants de devenir des militants éprouvés et des cadres valeureux sur lesquels la révolution pouvait compter.
L’exemple admirable de ces premiers combattants a ouvert la voie à toute la jeunesse algérienne qui a brisé les barrières de la peur et du doute. Malgré les martyrs à l’image des Si Kacem ou Belkacem Zeddour, l’un des premiers martyrs parmi les étudiants, Benbaâtouche Allaoua, les disparus, comme Abdelkader Belarbi, et les condamnés à mort, l’exemple de Abderrahmane Benhamida(10), les jeunes Algériens n’en étaient que plus ardents dans le combat qu’ils menaient.
Le bilan de leur action, comme celui de la lutte du peuple algérien tout entier, a été extrêmement positif. Ils ont montré qu’on pouvait affronter victorieusement, dans une lutte à mort, la formidable puissance d’un régime colonial, installé de force en notre pays depuis de longues, de sombres et douloureuses années.
K. B. 
(À suivre)

NOTES :
1) Anatole France : La vie en fleur
Dans ce livre, l’auteur fait parler deux de ses personnages. Mr. Dubois qui demandait à Mme Nozière quel a été le jour le plus funeste de l’Histoire.
2) Blasco Ibanez, de son ouvrage À l’ombre de la cathédrale.
3) Ibid.
4) Commandant Claude Antoine Roset, Voyage dans la Régence d’Alger.
5) Colonel de Montagnac : Lettre d’un soldat, cité par la Guerre d’Algérie – Henri Alleg
6) Commandant Azzeddine : On nous appelait Fellaghaa.
7) Henri Alleg, Op-cit.
8) Saléha Djeffal fut, après l’indépendance, la 1re secrétaire nationale, responsable de la commission nationale de la jeune fille au sein de la JFLN. Elle fut en même temps proviseur de lycée. Quant à Mériem Blemihoub, avocate de profession, elle fut ministre dans le gouvernement de Sid Ahmed Ghozali en 1992.
9) Abdelmadjid Cherif et Abderrezak Bouhara ont pris le maquis à l’âge de 16 ans. Tous deux ont des carrières de grands dirigeants après l’indépendance…
10) Abderrahmane Benhamida n’a pas été exécuté. Il devint le premier ministre de l’Éducation nationale dans le gouvernement d’après-l’indépendance.

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