
Dix-sept ans après sa tragique disparition dans un attentat qui l'a ciblé sur une route de campagne, au détour d'un virage, entreTizi-Ouzou et Ath Douala, Matoub Lounès est célébré avec la même ferveur par ses fans jeunes et moins jeunes. Dans les villes et les villages et sur les réseaux sociaux.Sa notoriété, le sens de ses engagements ne sont ni démentis ni atteints par l'usure dutemps ; ils font toujours l'objet d'un culte sans cesse renouvelé qui renseigne l'attachement de la Kabylie à son poète. Non, il n'est pas mort le poète, pour paraphraser une de ses chansons. C'est, sans doute, le sens à retenir des nombreux hommages qui ont été rendus à Lounès Matoub dans des villes et villages de Kabylie, sur la toile et les réseaux sociaux. A Taourirt Moussa, la demeure et la tombe du poète ont vu affluer des centaines de visiteurs venant de plusieurs contrées de Kabylie. Une affluence qui a donné, comme à chaque pareille date, aux activités commémoratives organisées par la fondation qui porte son nom, l'allure d'un véritable pèlerinage. On vient se recueillir sur sa tombe, partager un moment d'émotion en faisant le tour du hall d'accueil du siège de la fondation devenu un véritable musée des souvenirs du poète disparu dont la vie et le parcours ont été retracés dans une exposition d'objets et de documents divers.Une stèle à l'effigie de l'auteur de Kenza sera inaugurée à cette occasion. Le pèlerinage intergénérationnel et transgenre, puisque des visiteurs des deux sexes et d'âges différents se retrouvent ensemble, est aussi un moment pour les jeunes et les moins jeunes de s'immerger dans tout ce qui a fondé le vécu, les inspirations et les engagements du «barde flingué», dixit le titre d'un ouvrage consacré à Lounès Matoub. Initiative d'une association de la commune de Béni Douala, un autre hommage lui a été rendu, dans la soirée de la même journée du jeudi 25 juin, à travers un gala qui sera animé par beaucoup de chanteurs du cru avec la participation du célèbre Zedek Mouloud.A Larbaâ-Nath-Irathène, l'association Igawawen a mis en place un programme d'activités culturelles en souvenir du poète disparu.Projection d'un film sur la vie et l'œuvre de ce dernier, réalisation d'un portrait géant à son effigie par un artiste-peintre de la ville, exposition de documents divers sur sa vie et son travail artistique constituent le programme commémoratif que l'association Igawawen a choisi de clore dans la soirée par l'allumage de bougies sur l'esplanade Abane-Ramdane au centre-ville, lieu choisi pour le déroulement de l'hommage au poète-chanteur disparu célébré aussi à travers la toile et le réseau social Facebook. En poésie, en prose ou en photos, la variété des messages partagés est un clin d'œil au talent de l'artiste et à la parole flamboyante du poète. C'est aussi un témoignage de reconnaissance au courage, aux engagements multiples de l'artiste dont la présence serait à? combien utile et précieuse en ces temps d'incertitude.S'il était présent aujourd'hui, Lounès Matoub aurait, certainement, pris la tête des indignés. «Se battre, ouvrir sa gueule» était le credo du barde dont la voix et la parole étaient un arc tendu contre l'injustice, toutes les injustices.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S A M
Source : www.lesoirdalgerie.com