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13e FESTIVAL DU FILM AMAZIGH Des acteurs de la sphère culturelle s'expriment



Il y avait du beau monde à la cérémonie d'ouverture du Festival du film amazigh à Tizi-Ouzou. Parmi les présents, figurent Nacer Ketan (président de Beur FM, Beur FM TV et Beur TV) et Yann Seweryn, le petit- fils de Taos Amrouche qui prépare un film sur son illustre grand-mère.
NACER KETAN
Entre regrets et espoirs
Le Soir d'Algérie : Vos impressions...
Nacer Ketan : Je ne suis pas ici en tant qu'invité du festival, je vais donc m'exprimer en tant qu'acteur de la sphère culturelle. L'existence de ce festival est une bonne chose en soi, mais compte tenu de la place de tamazight en Afrique du Nord et, en particulier, en Algérie, je trouve que son envergure n'est pas à la hauteur des enjeux. D'abord du point de vue du budget, 15 milliards de centimes, c'est peu, c'est l'équivalent de 2 millions d'euros. C'est peu pour un festival dédié à l'expression d'une dimension identitaire et culturelle essentielle du pays. C'est un budget qui n'est même pas l'équivalent d'une cagnotte qui est mise, en France, par exemple, pour la production d'un téléfilm. Sur la problématique de sa dimension, je m'explique mal pourquoi on limite la participation aux seuls participants algériens, je ne vois pas pourquoi on n'a pas invité des réalisateurs et des producteurs de films du Maroc, de Tunisie, du Mali ou du Niger… Un festival est international, par définition ; c'est un non-sens que de dire à un artiste peintre, à un sculpteur, à un chanteur, à un cinéaste ou à un tout autre artiste que sa création ou son art n'est pas international. Par ailleurs, je trouve dommage que la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, ne soit pas présente pour ouvrir ce festival. Je ne vois pas d'intérêt à ce que ce soit le wali qui le fasse à sa place. Il y a des choses qui ne tournent pas rond dans ce pays. Il faut doter ce festival d'un budget conséquent et faire appel à des annonceurs et des opérateurs économiques privés pour soutenir et sponsoriser ce festival qui a le mérite d'exister. Par conséquent, il faut mettre tous les moyens pour son développement et encourager les initiateurs et l'ensemble des acteurs de ce festival qui sont dynamiques et qui sont dévoués pour la culture. Amon avis, il faut passer à autre chose, dès la prochaine édition.
Parlez-nous un peu de vos projets...
La radio Beur FM est un réseau national qui va en se développant grâce à la technologie numérique et nous pensons étoffer notre réseau. L'objectif est de passer, dans deux ans, d'une cinquantaine à une centaine de radios. La télévision marche très bien ; Beur FM TV que je contrôle à 100% et dont je suis président fonctionne, bien qu'elle ne soit pas encore sur le satellite. Nous avons une surface importante de studios sur Paris. Nous sommes en train de réfléchir pour relancer Beur TV. N'oublions pas que c'est grâce à Beur TV que l'Algérie découvert les chaînes privées algériennes bien avant celles qui sont captées actuellement, et sans Beur TV qui monté des studios au boulevard Mohamed V à Alger et lancé des émissions ici en Algérie en 2005, ces chaînes n'auraient pas d'existence. Nous avions prouvé que des Algériens pouvaient faire des chaînes en Algérie. Nous avons été les pionniers et les premiers à avoir lancé une chaîne privée en Algérie. Un fait qui mérite, à mon sens, d'être rappelé et qui ne l'est pas suffisamment dans la presse algérienne. Les trois chaînes TV de notre réseau fonctionnent en France, et bientôt, l'une d'elle sera visible pour les Algériens sur NIL SAT.
Et qu'en est-il du partenaire algérien qui est rentré dans le capital de Beur TV '
Oui, j'ai fait rentrer un opérateur algérien dans le capital de Beur TV mais celui-ci a disparu depuis quelques mois. Nous sommes en train de voir comment relancer ce partenariat. Mais dans le cas contraire, on le fera sans lui.
Propos recueillis par S. A. M.
YANN SEWERYN, REALISATEUR
«Très ému par l'accueil»
Le Soir d'Algérie: Vous êtes pour la première fois en Algérie, la terre natale de votre grand-mère Taos Amrouche, quel sentiment cela vous inspire-t-il '
Yann Seweryn : Je suis en Algérie pour la troisième fois. Me retrouver sur la terre et dans le pays de ma grand-mère Taos est quelque chose de très fort. J'éprouve énormément d'émotion.
Vous êtes Polonais par votre père, qu'est-ce que cela vous fait-il d'être un descendant des Amrouche, de façon symbolique, qu'est-ce que vous portez en vous de votre grand-mère Taos et de votre oncle Jean Amrouche '
Je ne sais pas si c'est moi qui peux le dire, je pense plutôt qu'il appartient aux autres, aux personnes qui me connaissent de le dire à ma place. Mais ce quelque chose qui doit exister en moi des Amrouche, je le cherche encore. En tous cas, je me sens très proche de la culture kabyle, encore plus de l'idée extrêmement importante qui consiste à transmettre cette culture des ancêtres. Et je me sens très proche de leur force et de la force qui les a animés toute leur vie.
Pensez-vous que l'Algérie fait assez pour honorer la mémoire de Jean et Taos Amrouche, compte tenu de ce qu'ils ont apporté à la littérature et à la culture algériennes '
Je ne sais pas (hésitation…) Ce n'est pas de la retenue, je ne suis pas renseigné sur le sujet.
Sur votre présence dans un festival sur le cinéma amazigh...
Je suis extrêmement honoré, c'est pour moi une manière de rendre hommage à mon ami Abderrahmane Bouguermouh. Je suis aussi ici dans le cadre d'un travail de recherche pour la réalisation d'un documentaire que j'ai commencé, il y a quelque temps sur ma grand-mère. J'ai recueilli quelques témoignages et j'ai pris des images du présent aussi. Je suis très ému par l'accueil que j'ai reçu et j'ai très envie de revenir.
Vous avez parlé avec beaucoup d'émotion de Bouguermouh, il vous a très marqué, visiblement...
Oui, je connaissais bien Abderrahmane depuis des années. C'était un ami très proche de la famille et de moi-même. Sa disparition m'a beaucoup affecté mais son œuvre et son héritage sont toujours présents parmi nous.
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