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137 décisions de fermeture de cabinets dentaires à Alger en 2018



De nombreux cabinets dentaires privés à Alger ont fait l'objet de décisions de fermeture à titre conservatoire et d'autres des mises en demeure à la fin 2018. La vétusté des moyens de stérilisation, le manque d'hygiène et la non-acquisition des autoclaves sont autant de dépassements qui leur sont reprochés.Malgré l'obligation des cabinets dentaires d'acquérir les équipements de stérilisation, certaines cliniques dentaires privées continuent à négliger les protocoles de stérilisation du matériel et les conditions d'hygiène. Résultat : de nombreux cas de contamination d'hépatite B (transmissible par les liquides biologiques : sang, salive...) et l'hépatite C (transmissible uniquement par le sang) sont à déplorer. C'est ce qu'a révélé une enquête menée fin 2018, suite à des rapports établis par des laboratoires et des spécialistes en hématologie faisant état de cas d'hépatite virale de type «C» imputés à des cabinets dentaires qui ne respectent pas les normes de stérilisation et d'hygiène.
Plusieurs «dépassements» favorisant la transmission de l'infection ont été ainsi découverts par les commissions d'inspection relevant de la Direction de la santé et de la population d'Alger (DSP) dans de nombreux cabinets dentaires de la capitale. Il s'agit, entre autres, précise le Dr Choukri Bouziani Ahmed, médecin au service d'inspection à la DSP d'Alger, cité par l'APS, de vétusté des moyens de stérilisation, manque d'hygiène, non-acquisition des autoclaves, ainsi que l'exercice sans autorisation d'activités en dehors de la spécialité, telles l'implantologie et l'imagerie médicale.
C'est ainsi que des décisions de fermeture à titre conservatoire ont été adressées à 137 cabinets dentaires privés. Des mises en demeure ont été également adressées à 136 autres cabinets auxquels les commissions d'inspection ont exigé «l'accélération de la levée des réserves relevées en termes de conditions et moyens d'hygiène, avec la nécessité de se conformer aux cadres juridiques qui régissent le domaine».
Rappelant qu'Alger compte plus de 1 300 cabinets dentaires privés, ce même responsable assure que des campagnes d'inspection de ces cabinets sont organisées périodiquement.
Selon lui, il est question de s'enquérir du respect des normes et de prendre connaissance de leur application et des conditions adoptées en matière de stérilisation et d'hygiène.
Le président de l'association SOS hépatite, Abdelhamid Bouallag, affirme, de son côté, que la propagation de l'hépatite, notamment C, s'est accélérée à cause du manque d'hygiène et l'utilisation de matériel non stérilisé dans les cliniques dentaires privées, dont certaines ne disposent même pas d'autoclave (équipement de stérilisation).
«En Algérie, comme dans tous les pays du monde, les cliniques dentaires viennent en tête des foyers de transmission de ce virus», précise-t-il.
C'est ce que confirme le président de l'Ordre national des médecins dentistes d'Alger (Comda), Aït Benomar Hassane, qui cite quelques «défaillances» enregistrées dans certaines cliniques dentaires à Alger, relatives notamment à l'absence d'hygiène. Il déplore, à cet effet, le non-respect des normes exigées en stérilisation et hygiène par certains cabinets dentaires privés où «la stérilisation est soumise à des évaluations et efforts personnels par des chirurgiens-dentistes et non à des normes médicales convenues».
Il note, toutefois, que le virus de l'hépatite est également transmissible dans les cliniques obstétriques, chirurgicales, d'hémodialyse, d'incisiothérapie (communément appelée cupping thérapie ou hidjama) et de tatouage.
Synthèse Ry. N.
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