«Les jeunes arbitres promettent»
Nous avons rencontré M. Tagri Saïd, ancien arbitre fédéral lequel a bien voulu nous accorder cet entretien.
- M. Tagri, présentez-vous aux lecteurs.
- Natif d’Aïn Témouchent, je suis co-fondateur du CRT. Ma carrière d’arbitre a commencé avant l’Indépendance. Lors de la saison 1953/54, le club témouchentois, l’USMT m’avait désigné car à l’époque, chaque club engagé devait proposer un arbitre pour le championnat. Puis, j’ai réussi progressivement, en passant du grade d’arbitre de district à arbitre fédéral. J’ai pris ma retraite en 1977, tout juste avant la réforme.
- Quelle différence y a-t-il entre votre génération et celle d’aujourd’hui ?
- Autrefois, on allait vers l’arbitrage par passion, animés du désir de bien faire. Nous ne connaissions pas la pression environnante même si les moyens et la prise en charge faisaient défaut. Je vous citerai, à titre d’exemple, des arbitres qui étaient des personnalités du sifflet tels que MM. Benzellat, Kaïd, Aouissi, Khelifi et Benghezal. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’intérêts et d’enjeux qui exercent des pressions sur ces jeunes arbitres. Il y a une régression du niveau au même titre que les championnats.- Comment expliquez-vous qu’aucun arbitre n’a été retenu pour la coupe du Monde 2006, contrairement à 1982, par exemple ?
- Un jeune plant prend du temps pour se développer. Je pense que la politique de rajeunissement, préconisée par la Fédération est prometteuse pour le futur. Je suis optimiste pour nos jeunes arbitres.
- Selon vous, quels sont les critères pour améliorer le niveau de l’arbitrage ?
- Des formateurs de qualité pour former et encadrer les jeunes. Multiplier les rencontres et les stages, exiger un niveau d’instruction convenable pour tout candidat, doter la commission d’arbitrage de moyens nécessaires. La protection et la prise en charge totale des arbitres doivent être améliorées. En parallèle, instaurer une commission de discipline compétente.
- Vous avez constaté que l’arbitrage de la coupe du Monde 2006 a fait couler beaucoup d’encre, quelles sont vos impressions ?
- Je partage, avec les techniciens, ce constat. Seulement, il faut comprendre réellement l’état psychologique de l’arbitre sur le terrain où des milliards d’yeux sont braqués sur lui. La peur de mal faire met tout arbitre sous pression. Et puisque l’erreur involontaire est acceptable, les acteurs doivent faciliter la tâche à cet arbitre qui n’a pas d’avocat pour prendre une décision en un laps de temps très court. Au départ, il y a eu beaucoup d’erreurs.
- Vous gardez, certainement, un souvenir de votre carrière, lequel ?
- C’était en 1970, à l’occasion de mon examen d’arbitre fédéral lors de la rencontre WAB - ESS.
- En votre qualité de membre fondateur du CRT, que pensez-vous du comité ?
- Franchement, tous les fans du CRT déplorent cette situation mais l’origine du malaise est plus profonde. En premier lieu, le manque de moyens financiers et les dettes qui sont derrière les résultats mitigés et nullement la remise en cause de la compétence des dirigeants.
Ce mal ronge presque tous les clubs du pays à l’exception de trois ou quatre équipes. A voir comment un joueur modeste exige au départ une prime de signature, peut-être, supérieure à sa valeur. Il faut que tout le monde s’implique et s’entraide pour l’intérêt du CRT.
Sadj
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com