Les waâdate avec fantasia et festivités champêtres vont se succéder.La moisson-battage terminée, les vendanges le seront au cours de la semaine prochaine. Le moment de la pause annuelle commencera alors à travers le Témouchentois pour les gens qui ont gardé des attaches avec le travail de la terre. Sous peu donc, les waâdate avec fantasia et festivités champêtres vont se succéder jusqu'en automne, d'agglomérations en hameaux. Il y en aura des géantes qui durent plus d'un jour et qui, en raison de leur notoriété et du faste qui les caractérisent, attirent le plus de monde venant de toute la région Ouest du pays.
La première d'entre elles a déjà eu lieu ce jeudi, mais c'est la plus modeste de toutes. Elle a tout de même pour elle d'être la plus originale car elle est le fait de gens n'ayant plus de contact avec l'agriculture depuis plus d'un siècle. Ce sont des travailleurs de la mer. Leur saint-patron s'appelle d'ailleurs Sidi Mohamed'Moullebhar. Sa koubba trône au-dessus des flots, face au port de pêche.
C'est de Bou-Zadjar qu'il s'agit, une localité qui doit tout à la mer. Car plus que toute autre agglomération dédiée l'activité de pêche, elle est la seule du pays dont la majorité des familles compte au minimum un à deux marins pêcheurs, sinon des ramendeurs et autres métiers liés à la pêche. C'est simple, vous n'y trouvez ni maçons ni plombiers ! Mais encore, leur waâda n'est pas obligatoirement annuelle. A cet égard, cela fait quelques années que l'on n'a pas fêté Sidi Mohamed Moullebhar car on ne lui rend hommage que les années où la pêche a fait vivre les familles hors de la gêne. C'est qu'ici on ne vit pas du salariat. On est payé à la part, une part sur la pêche réalisée, et plus celle-ci est abondante, mieux on gagne sa vie. Cela signifie qu'en 2013, la baraka du saint-patron n'a pas été chiche. Aussi, ce jeudi, dès 10 h du matin, les estivants parmi ceux qui ont loué chez l'habitant ont été surpris de voir des gens du village leur rapporter des couscous fumants.
animation
Puis, vers midi, les passants ainsi que les automobilistes, dont ceux empruntant la route littorale traversant la localité, se sont fait arrêter en chemin. Des cuillères leur ont été mises d'autorité à la main et ont été dirigés vers une meïda ou une autre à même le trottoir. Ceux qui savent qu'une «sadaka» ça se consomme s'arrêtaient spontanément. Pour les gamins qu'on voit si peu au village parce que toujours à la plage durant l'été, l'animation étant si inaccoutumée qu'ils couraient de tous côtés.
Ils s'agglutinaient autour de quatre à cinq forains qui proposaient des friandises. Leur ruée a été encore plus grande quand quelques cavaliers se sont alignés pour des cavalcades. C'est qu'ici, on ne voit des chevaux que sur l'écran de télévision comme les citadins même si l'on est de tradition rurale. Quant aux curieux qui voulaient savoir qui étaient ce Sidi Moullebhar, ils sont restés sur leur faim malgré le couscous.
Les thuriféraires du saint homme étaient incapables de leur dire qui il fut exactement. On vous renvoie alors aux anciens mais en cherchant, ceux-là ne sont plus de ce monde. Kouider Kaddèche, un septuagénaire qui connaît Bou-Zadjar où il se rendait à vélo depuis l'âge de 17 ans, à partir de 1954, et qui y possède un pied sur terre, est bien en peine de répondre. Pour lui, c'est une énigme. Il sait cependant que Moullebhar accolé à Sidi Mohamed n'est pas un nom de famille. Il n'a aucune espèce de relation avec le patronyme Moulebhar que portent des familles des Hauts-Plateaux : «Moullebhar renvoie plutôt à un état, pas à une identité, cela, j'en suis certain». Et fait troublant, il existe à une quinzaine de kilomètres de là, un autre Sidi Mohamed Moullebhar qui veille d'une koubba sur la grande bleue au-dessus de la plage de Sassel.
Fait plus étonnant encore, c'est si celui de Bou-Zadjar est dans un vieux cimetière sur un isthme, celui de Sassel est tout seul sur un sommet. Mais encore Sassel est un village balnéaire où personne n'habite depuis toujours. Y a-t-il alors vraiment quelqu'un enterré dans l'un ou l'autre mausolée '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kali
Source : www.elwatan.com