Ain-Temouchent - A la une

Béni-Safs'enlise dans la déchéance Aïn Témouchent



Béni-Safs'enlise dans la déchéance Aïn Témouchent
Béni-Saf a du mal à se hisser de la clochardisation qui l'a happée depuis un certain nombre d'années.Pour se convaincre de l'état de déchéance, deux exemples suffisent. D'abord, le fait que la plage de Sidi Boucif, bien qu'interdite à la baignade, soit bondée par les estivants. Ensuite, malgré des opérations de nettoyage supplémentaires, outre celle quotidienne de l'enlèvement des ordures, la ville croule sous les immondices. Sur ce dernier exemple, il y a de quoi s'étonner alors que tous les samedis depuis décembre 2012, hormis durant le mois du ramadan, sous la houlette du maire en personne, un volontariat cible un à un tous les quartiers pour les débarrasser des détritus qui les jonchent en certains endroits depuis des années. Quelques élus, des agents du nettoiement de la commune, des équipes du dispositif Blanche Algérie sont mobilisés en jour férié.
La cimenterie de Béni-Saf ainsi que l'entreprise Ferphos contribuent à l'opération en mettant gracieusement leurs engins à la disposition des volontaires. Mais, malgré l'exemplarité de cet «éco-geste», le lendemain et les jours suivants, les dépôts anarchiques d'immondices reprennent de la part des habitants du quartier. Ainsi, les escarpées falaises de Sagla ont retrouvé la hideuse et honteuse figure de Béni-Saf qu'elles présentent aux visiteurs de la ville. Passage obligée par le front de mer et situées face du port, ces falaises difficiles d'accès ont été nettoyées et chaulées.
Mais, voilà que les sachets bleus bourrés d'ordures ont recommencé à les étoiler abominablement. «Que voulez-vous y faire '», se plaint Berrezak Ahmed, le maire. Du côté de Sidi Boucif, sa place qui jouxte le port a été interdite à la baignade cette année parce qu'elle reçoit ses rejets d'huile ainsi qu'une part des égouts de la ville qui se jettent à proximité. Malgré le panneau d'interdiction placé bien en évidence pour signaler le danger, c'est l'afflux de baigneurs comme jamais : «Par trois fois, le panneau a été arraché. Nous l'avons même installé sur le toit du poste de la Protection civile. Rien à faire, on est allé encore l'arracher ! Non, il s'agit bien d'un acte de délinquance et de la part de Béni-Safiens, la plage de Sidi Boucif étant traditionnellement fréquentée par eux ! Pis, ils savent ce à quoi ils s'exposent».
Pour d'aucuns, plusieurs questions se posent. D'abord, celle de savoir qui devrait imposer le respect de l'interdit de baignade et pourquoi il ne l'a pas fait. D'autre part, est-ce que les baigneurs croient réellement au danger ' Ou alors, est-ce que les institutions qui ont prononcé l'interdit n'ont aucune crédibilité pour qu'on ne les croie pas ' Par rapport à l'incivisme en matière d'atteinte à l'environnement urbain, jeudi, des associations ont plaidé pour la nécessité de passer à des mesures répressives, avouant que les opérations de sensibilisation ont été vouées à l'échec.
La secrétaire d'Etat qui était en visite à Témouchent n'a pas abondé dans ce sens, préférant l'option consistant à favoriser la récupération et le recyclage des déchets : «Le jour où les ordures deviendront une matière première et qu'elles auront une seconde vie, alors la question sera résolue.» Ainsi, a-t-elle la conclusion d'une convention avec le ministère de la Solidarité nationale pour encourager des initiatives en ce sens.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)