La première place créée à Témouchent, 40 ans après l'indépendance, la place Emir Abdelkader en l'occurrence, est proprement «sous mandat de dépôt» depuis qu'elle est devenue le lieu de manifestation de tous les mécontentements contre les pouvoirs publics.Ainsi, les protestataires venant de tous les coins de la wilaya l'avaient érigée en place Tahrir, selon ce que la vox populi l'avait rebaptisée. Il y affluait, selon les jours, les demandeurs de logements insatisfaits, les candidats au pré-emploi, les gardes communaux et toutes sortes de contestataires. C'est qu'elle était idéalement située face au siège de la wilaya, le dernier recours pour se faire entendre.
Cependant, il y a quelques mois, alors que la place du 9 Décembre 1960, au sud de la ville, était en réaménagement, on entreprit également des travaux sur la place Emir Abdelkader. Personne n'y prit garde d'autant que le barreaudage qu'on plaçait était de la belle ouvrage, ce qui rehaussait l'aspect des alentours. Mais, on s'arrêta là une fois que tous ses accès avaient été fermés pour empêcher toute intrusion sur son espace. On avait malignement expliqué aux curieux que c'était pour empêcher que des pochards ne viennent profiter de l'abri que leur offrent les recoins de la place et que des travaux de réaménagement allaient sécurisé l'endroit du fait que la place était encaissée et qu'à la tombée du jour, les passants n'osaient pas la traverser.
L'argument avait marché. Mais depuis rien. Même le verdoyant espace situé juste à côté, face à la direction de la réglementation, un lieu qui faisait le bonheur des grands et des petits qui venaient y batifoler, n'est plus. On a depuis des mois abandonné à son sort le gazon qui couvrait les plates-bandes sur lesquelles batifolaient les tout petits qu'accompagnaient leurs parents, la fraîcheur en fin de journée revenue. On ne les entend plus piailler comme on n'entend plus les trompettistes qui se mettaient dans un coin de la place Emir Abdelkader tirer de déchirantes complaintes de leurs instruments.
La statue équestre du fondateur de l'Etat moderne en Algérie est désormais livrée à sa solitude, auprès de laquelle les visiteurs de la ville aimaient à se prendre en photo. Rien depuis que les abords de la wilaya ont été livrés à la clochardisation faute d'entretien.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kali
Source : www.elwatan.com