Sur le terrain, il ressort que 7 552 logements ruraux sont achevés, 4 767 sont en cours de réalisation et 1 281 sont non encore lancés.
Qu'en est-il de l'impact des programmes en matière d'aide à la construction de l'habitat rural, la wilaya de Témouchent ayant bénéficié depuis 1999, et sur trois quinquennaux, d'un quota de 13 700 unités ' Telle est la question que s'est posée la commission l'urbanisme et de l'habitat de l'APW. Sur le terrain, il ressort que 7 552 logements sont achevés, 4 767 sont en cours de réalisation et 1 281 sont non encore lancés. Outre cet état physique, la commission a rapporté les commentaires des élus municipaux. Ils ont imputé les retards de livraison des logements comme dans le lancement des projets à la durée excessive dans l'étude des dossiers des postulants tant par la Direction du Logement et des Equipements Publics (DLEP), la Caisse Nationale du Logement (CNL) que par la commission ad hoc de wilaya.
Ils se sont en outre plaints du désintérêt des promoteurs comme parfois de l'absence de terrains d'assiette devant accueillir les projets affectés à leurs communes. De l'autre côté, la DLEP nie toute responsabilité en incriminant les élus qui lui soumettent des dossiers bâclés et de ne mettre aucune célérité dans le remplacement des postulants écartés des listes de bénéficiaires. Enfin, le constat fait ressortir qu'il arrive, après le passage des dossiers par l'APC, la DLEP puis la CNL, que la commission «ad hoc» de wilaya élimine des indus postulants, ce qui impose de reprendre le processus à zéro. Mais dépassant ce stérile constat, la commission de l'APW a eu l'heureuse idée de mettre en lumière une tout autre réalité sur la base d'un échantillon de cas.
Ainsi, deux successifs projets de 105 et 210 logements accordés à la commune de Chentouf, qui ont été bâtis sur un même site, ont formé un nouveau quartier sans les équipements nécessaires d'accompagnement (école, terrain de jeu, etc.). Non seulement le plan d'occupation du sol (POS) n'a pas été respecté mais encore les deux projets ont consommé exagérément du terrain. Pis, la municipalité n'a pas interdit aux bénéficiaires de commettre des extensions illicites qui défigurent et enlaidissent l'architecture d'ensemble et qui engendrent des dangers divers. A Hassasna, les VRD n'ayant pas été réalisés au préalable et le terrain étant en «dénivelé», on s'est retrouvé avec des niveaux différents entre la voie, les trottoirs et les entrées des maisons, ce qui a conduit les habitants à accaparer la voie publique pour réaliser des accès à leurs demeures.
«habitation au rabais»
En la commune d'Oued Berkèche, le programme de logements ayant été projeté sur un terrain encore plus chahuté, des surcoûts considérables s'en sont suivis au point que les promoteurs s'en sont désintéressés, les bénéficiaires rechignant à débourser un supplément pour l'achèvement des travaux. A Emir Abdelkader, un chantier de 153 logements ruraux lancés en 2010 est en retard pour de futiles motifs. Son site étant par ailleurs exposé aux inondations, aucun responsable ne s'est soucié de faire édifier un équipement de protection.
Par contre, dans la localité voisine de Beni-Ghanem, la municipalité a facilité la réalisation de 20 logements en prenant sur elle les travaux de terrassement. Mais à Béni-Saf, 50 logements ruraux qui lui ont été octroyés, l'ont été sans tenir compte du fait que le terrain d'assiette disponible ne peut accueillir la construction que de 17 unités. Enfin, motif de satisfaction tout de même, le programme d'habitat rural a connu une réelle réussite en la daïra d'Oulhaça. Cela est d'autant plus remarquable qu'il ne lui a été affecté aucun logement lors du premier quinquennal (1999/2005), les autorités ayant alors privilégié uniquement la réalisation de logements groupés par des promoteurs.
A l'époque, les autorités s'étaient aperçues à travers les zones sinistrées par le séisme que certains bénéficiaires de l'aide étatique l'avaient soit détournée, soit réalisé de l'habitat précaire. De la sorte, Oulhaça a été exclu de tout programme parce qu'il ne pouvait être réalisé que des logements en isolé, ce qui n'intéressait pas les promoteurs. Mais depuis 2005, un changement de cap a permis que les postulants puissent eux-mêmes réaliser leurs habitations. Et à Oulhaça, ceux-ci ont été d'autant plus nombreux que cette daïra n'a pratiquement jamais bénéficié de logements sociaux. De la sorte, elle a capté le double du quota moyen accordé à chacune des huit daïras de la wilaya, réalisant des performances en termes de taux de réalisation et de qualité de l'habitat.
Au terme de son constat, la commission de l'APW a recommandé que soit reconsidéré le montant de l'aide arrêté à 700 000DA pour tenir compte des surcoûts que peuvent générer les sites d'implantation des projets. Elle a également insisté sur le fait que l'on doive cesser de considérer le logement rural comme une habitation au rabais. Enfin, elle a mis l'accent sur la nécessité de régulariser la situation juridique des habitations réalisées au titre des programmes de logements ruraux par la délivrance d'actes de propriété. Cependant, il est un reproche à faire à la commission de l'APW : celui d'avoir occulté le fait que des centaines de logements construits théoriquement au profit des ruraux de la région pour les y fixer, ont été rétrocédés et parfois même réalisés en connaissance de cause des autorités au profit de particuliers d'autres wilayas comme résidences secondaires pour leur villégiature en bord de mer.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kali
Source : www.elwatan.com