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Aïn Témouchent : les agriculteurs en colère Actu Ouest : les autres articles



Aïn Témouchent : les agriculteurs en colère Actu Ouest : les autres articles
L'ensemble des agriculteurs se plaignent du pénalisant retard dans la délivrance des titres de concession des terres qu'ils occupent.
Ce week-end, les agriculteurs se sont réunis au siège de l'UNPA pour faire entendre leurs revendications, celles qui, depuis quelque temps, fondent leur mécontentement. Au premier de leurs soucis, ils placent la question du pénalisant retard dans la délivrance des titres de concession des terres qu'ils occupent. Ils se plaignent d'être évincés du bénéfice du crédit Ettahadi accordé pour tout ce qui est investissement. A cet égard, si pour le crédit Rfig qui concerne l'acquisition des intrants, la banque se contente d'une simple attestation délivrée par l'Office national des terres agricoles (ONTA) avec laquelle l'agriculteur aura signé un cahier des charges, pour ce qui est d'Ettahadi, elle exige un acte de concession, la seule garantie qui vaille pour elle. Il se trouve que cet acte doit être délivré par les services des Domaines sur la base dudit cahier des charges.
Et c'est à ce niveau qu'il existe un goulet d'étranglement, l'ONTA se targue d'avoir finalisé et remis aux Domaines 99% des dossiers concernant les terres publiques mais que seulement 15% d'entre eux ont donné lieu à la délivrance d'actes de concession : «Le délai de remise de ces actes fixé à 24 mois est largement dépassé», fulminent les agriculteurs qui voient ainsi leurs projets d'investissement bloqués. Concernant le deuxième point de contrariété, il est relatif au prix d'achat des céréales par la CCLS, sachant que Témouchent est devenue principalement céréalière suite à la politique ayant mené à la disparition de la vitiviniculture.
Ils rappellent que les prix au quintal n'ont pas varié depuis 2008 alors qu'ils sont censés évoluer tous les cinq ans, que la main-d''uvre est devenue rare et coûteuse, que les prix des intrants (semences, engrais et produits phytosanitaires) ont doublé ainsi que ceux des moyens de production à la moisson, aux travaux du sol et à la récolte. Ils citent à titre d'exemple que le labour profond qui revenait à 2500 DA/ha en 2008 est tarifé actuellement à 8000 DA.
Inquiétude
Aussi, sur la base d'une fiche technique de référence valorisée, établie de concert avec les services techniques de la DSA, les céréaliculteurs estiment la hausse du prix du quintal de céréales au double de ce qu'il est présentement, soit 5 000 DA/q pour l'orge, 7 000 DA pour le blé tendre et 9 000 DA pour le blé dur. Enfin dernier, mais non moins obsédant sujet d'inquiétude, il a trait à la question de la retraite. A ce propos, les agriculteurs contestent que l'âge de départ à la retraite soit arrêté à 65 ans identiquement à tous les non-salariés, cela sans tenir compte de la pénibilité de leur métier : «Notre travail use. Cela n'a rien à voir avec celui d'un commerçant».
Par ailleurs, ayant cotisé en tant que salariés des domaines agricoles, ils ont changé de statut avec l'érection des EAI/EAC en devenant des non-salariés. Ainsi, depuis 1995, ils devaient contribuer auprès de la CASNOS. Si certains s'y sont pliés, d'autres pas. Ainsi pour avoir cotisé en tant que salariés, ils peuvent à 60 ans prétendre à une pension équivalente au montant du SMIG auprès de la CNR et à 65 ans déposer un dossier de retraite auprès de la CASNOS. Mais au bout compte, ils ne vont pas toucher plus, la CNR et la CASNOS se partageant le versement de l'équivalent du SMIG : «Pourquoi alors cotiser à la CASNOS si on se retrouve avec des clopinettes '»
L'ennui dans l'affaire, c'est le fait que la CASNOS ne l'entend pas de cette oreille ; elle fait la chasse aux récalcitrants par le biais de poursuites. Pis, elle les engage même contre des retraités. L'un deux, âgé de 72 ans, est mis en demeure de continuer à payer ses cotisations à moins de se désister de la terre au profit d'un de ses enfants.
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